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À la mairie de Chirongui, « j’ai trouvé quatre millions d’euros de factures impayées »

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Discorde à la mairie de Mamoudzou

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Devenu maire de Chirongui, le 17 mai dernier, suite à la condamnation d’Andhounani Saïd, par le tribunal correctionnel de Mamoudzou (voir Flash Infos du 4 mai 2022), Bihaki Daouda a repris une municipalité désorganisée. Ce cadre stratégique de 44 ans, qui savait « que la situation était compliquée », s’est donc mis à la tâche entre les arriérés à payer et les jeux politiques.  

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Élu maire le 17 mai, Bihaki Daouda jongle entre son poste de cadre stratégique et la municipalité.

Flash Infos : Vous êtes devenu maire dans un contexte particulier. Qu’est-ce qui a changé depuis cinq mois à Chirongui ?

Bihaki Daouda : Ah, beaucoup de choses. Ou sinon elles sont en passe de l’être.

FI : Vous parliez lors de votre élection de faire un état des lieux de la commune. Où en êtes-vous ?

B.D. : C’est vrai, j’ai demandé rapidement un audit. Je savais que la situation était compliquée. Au niveau de la trésorerie, on avait quatre millions d’euros de factures impayées. Toutes sont datées de l’année 2020 à 2022 (N.D.L.R. les années de mandat d’Andhounani Saïd). Elles concernaient les dépenses de fonctionnement et des investissements comme le marché couvert, le plateau polyvalent et la Maison des familles et de l’artisanat (MFA) de Malamani.

FI : En quoi cela a laissé des traces ?

B.D. : J’ai dû rassurer les investisseurs, gérer les mises en demeure. Même les factures d’eau ou d’électricité n’étaient pas payées. Aujourd’hui, on a réussi à solder les deux tiers de l’ensemble.

FI : Si la commune percevait les fonds et qu’il y avait des impayés, où allait l’argent ?

B.D. : Je sais qu’une partie des crédits n’allaient pas vers là où ils étaient fléchés, mais pour d’autres choses. Je ne sais pas lesquelles.

FI : Comment avez-vous trouvez les financements pour régler vos dettes ?

B.D : Je suis allé voir nos partenaires et j’ai été transparent. J’ai informé l’État, le rectorat, les Finances publiques pour qu’ils nous accompagnent. J’ai demandé un accompagnement exceptionnel, notamment pour les ressources humaines. J’ai fait une ligne de trésorerie. Et il n’est pas exclu que la commune fasse un emprunt.

FI : Quels projets sont prioritaires à vos yeux ?

B.D. : Les projets sont bloqués depuis deux ans, les chantiers n’ont pas avancé. J’ai dit dès le départ qu’il nous restait quatre ans. Ma priorité est donc de mener à terme. Je pense au plateau polyvalent de Tsimkoura. Je viens de signer pour finaliser le marché couvert. Pareil pour la MFA, c’est une question de semaines. On a également le stade de Miréréni ou des lotissements à réaliser. Dans ceux de Malamani, commencés en 2016, il y a la végétation qui pousse. Pour le sentier de la mangrove, on aura un dossier de consultation des entreprises (DCE) d’ici la fin de la semaine.

FI : Et les projets à long terme comme la clinique à Miréréni ?

B.D. : La commune a des atouts pour les investisseurs. À nous d’accompagner tout ça. Avec Clinifutur, on continue de se parler régulièrement. Il y a quelques difficultés, mais elles seront compensées. Il y a bien sûr des contraintes réglementaires, mais également des réseaux à faire, comme la voirie et l’assainissement. Au même endroit, on aura l’Alefpa. Avec la future base militaire, il va nous falloir une cuisine centrale en appui. Il y a déjà 10.000 repas par jour à prévoir.

FI : Vous avez promis une réorganisation des services. Où en êtes-vous ?

B.D. : C’était l’objectif de l’audit. Pour l’instant, c’est un peu long. On va recruter un ou une directeur(rice) en charge de l’urbanisme et du foncier. Le directeur général des services a également démissionné (N.D.L.R. condamné le même jour que l’ex-maire, il a fait appel). J’en aurai donc un nouveau à qui je demanderai un remaniement. On fera alors des fiches de postes et de missions.

FI : Politiquement, votre élection est due aux voix d’une partie de l’ancienne majorité et de l’opposition. Est-ce que l’équilibre est compliqué à trouver ?

B.D. : Je sais que c’est atypique. J’ai une majorité macédoine. Il y a mon groupe, Maesha, Les Républicains, des membres de l’ancienne opposition. À tout moment, je savais que ça allait être compliqué.

FI : On dit que l’ambiance n’est pas au beau fixe dans l’équipe municipale.

B.D. : Vous le savez peut-être, mais j’ai dû retirer des délégations à deux de mes adjoints (N.D.L.R. le premier adjoint, Dhoifir Mkadara, et la sixième, Nouanti Dini). Ils ont fait partie de ceux qui demandaient l’annulation de mon élection (voir Flash Infos de lundi). Aujourd’hui, la requête a été rejetée, mais je pense qu’ils ont été dupés.

FI : Vous avez également battu Youssouf Madi, votre ancienne tête de liste. Est-ce que ça complique vos relations au conseil ?

B.D. : Vous l’avez dit, c’est un ami. C’est dommage qu’il se soit présenté contre moi. Mais nous continuons de discuter, je lui ai même proposé de nous rejoindre. J’ai des amis dans tous les partis, Chirongui a besoin de tout le monde.

FI : Ce week-end, il y a une élection départementale partielle à Chirongui et Sada. À quoi vous attendez-vous ?

B.D. : Je ne sais pas. Je soutiens publiquement le binôme composé de Mariam Saïd Kalame et Soula Saïd-Souffou, vu qu’elle fait partie de ma majorité. Alors que Tahamida Ibrahim (la candidate sortante) s’oppose à ce que nous proposons.

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