Assises de la sécurité à Mayotte : le chemin est encore long

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Ce mardi 15 décembre, le maire de Mamoudzou a convié les différentes autorités de l’île et les présidents des ateliers des Assises de la sécurité et de la citoyenneté pour valider le document de synthèse qui en a découlé. Cependant, quelques remarques de certains ont entraîné des modifications. Le document devra donc être retravaillé afin d’être à nouveau soumis à la délégation.

73 propositions réparties en 11 thématiques découlent des Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte. Il ne s’agit là que le début d’un long travail laborieux et minutieux à la charge de l’État, du Département, des maires, du grand cadi ou encore du rectorat, pour ne citer qu’eux. Ce travail consiste en premier lieu à valider les propositions écrites qui reprennent les solutions évoquées par les participants lors des différents ateliers tenus pendant deux jours. Soumis aux institutions présentes lors de la réunion à l’hôtel de ville de Mamoudzou, ce document n’a pas été validé à cause des nombreuses modifications suggérées. “Il y a des raccourcis qui risquent d’être mal interprétés s’ils ne sont pas contextualisés”, rappelle l’un des présidents des ateliers des Assises de la sécurité. D’autres, à l’image du président de l’association des maires, ont insisté sur l’importance de mener à bien la mission jusqu’au bout. “C’est bien beau de faire des Assises, mais à chaque fois nous les multiplions et les Mahorais ne voient rien arriver. Ils finiront par ne plus y croire. Les élus doivent prendre leurs responsabilités, et l’État doit mettre les moyens pour que nous puissions sortir de cette insécurité”, déclare-t-il.

La sous-préfete et directrice de cabinet du préfet confirme l’investissement de la préfecture dans les solutions proposées, mais indique que même l’État a ses limites et qu’il ne pourra tout faire. “Il y a un certain nombre de propositions sur lesquelles la préfecture n’a pas la main. Que ce soit l’ouverture des frontières de l’espace Schengen, ou la réponse judiciaire”, souligne Laurence Carval. Les Mahorais attendent de voir les effets des Assises de la sécurité sur leur vie quotidienne, mais ils devront prendre leur mal en patience. “Il ne faut pas se tromper en se disant que les 73 propositions vont être validées et seront mises en oeuvre demain. Certes, certaines sont quasiment immédiatement applicables, mais beaucoup d’entre elles sont plus longues à réaliser ou ne seront pas accessibles”, prévient d’emblée la directrice de cabinet du préfet.

Des thématiques imprécises et floues

Si la majorité des participants s’accordent à dire que le document de synthèse reflète, dans l’ensemble, l’esprit des Assises de la sécurité, nombreux sont ceux qui évoquent des points à revoir. De son côté, le recteur souhaite l’intégration des langues régionales dans les propositions. “Lors des différents ateliers, nous avions évoqué le fait de faire de ces langues régionales un point fort dans l’apprentissage du français et dans une meilleure reconnaissance des cultures des uns et des autres.” Mais cela semble avoir été oublié lors de l’écriture du document de synthèse.

L’un des présidents des ateliers, Bacar Achiraf, pointe lui du doigt le chapitre intitulé “Au-delà de la pauvreté”, qui fait un amalgame. “Ce thème fait clairement le lien entre la délinquance et la pauvreté. Nous pourrions penser qu’on est délinquant parce qu’on est pauvre. C’est une façon réducteur de dire les choses, alors il faut contextualiser et formuler à nouveau le texte”, insiste-t-il.

Le grand cadi et son conseil cadial ont également pris part à la réunion. Ils militent pour que l’Islam ait une place plus importante parmi les 73 propositions. “À Mayotte, très peu d’enfants peuvent faire la distinction entre la culture et la religion, parce que toutes nos activités quotidiennes sont liées à la religion musulmane. Mais cela ne ressort pas dans le document. Il faut l’expliquer pour que les gens à Paris comprennent que nous ne pouvons pas dissocier la culture et la religion à Mayotte”, déclare l’un des conseillers.

Toutes ces suggestions n’ont pas permis la validation du document de synthèse des Assises de la sécurité et de la citoyenneté de Mayotte. Un calendrier sera mis en place par un groupe de travail pour suivre l’avancée des travaux et élaborer un plan d’action.

 

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