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Un groupe de randonneurs dépouillé au Mont Choungui

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Sécurité Deux gendarmes du GIGN blessés en intervention

Deux gendarmes du GIGN ont été victimes d’une violente agression en embuscade dimanche, par un groupe d’individus « sortis d’un fourré ».

Une nouvelle agression s’est produite le vendredi 23 juillet à l’occasion de l’ascension du Mont Choungui. Si aucun blessé n’est à déplorer, l’organisateur de randonnées en charge du groupe dépouillé dénonce l’immobilisme des autorités compétentes et quémande une sécurisation des sites touristiques du territoire.

Vendredi 23 juillet, 8h10. Onze personnes, dont quatre femmes et trois mineurs, s’élancent pour l’ascension du Mont Choungui. Quelques secondes après une pause fraîcheur au niveau du deuxième faré, la troupe du jour attaque la montée. Mais au bout de seulement cinquante mètres, elle tombe nez à nez avec sept individus, armés de coupe-coupe. « Ils nous ont encerclés et nous ont demandé nos téléphones et notre matériel qui sert à filmer les excursions », relate l’organisateur officiel de randonnées, sous couvert d’anonymat. « Ils étaient à la fois très excités et nerveux. »

Immédiatement, la peur gagne les esprits de ces amoureux de la nature, qui ne cherchent pas à se défendre. « Nous ne pouvions rien faire à part coopérer », confie le trentenaire, encore sous le choc de cette première agression depuis le lancement de sa société il y a de cela près de trois ans. Alors que l’un des marcheurs se fait la malle pour revenir au point de départ dans le but de prévenir les autres promeneurs et d’alerter les forces de l’ordre, Ismaël* et un autre membre du groupe tentent de poursuivre leurs agresseurs, évaporés sur le GR (un itinéraire balisé de randonnée pédestre, ndlr.) en direction de Dapani. « Je salue l’intervention des gendarmes qui se sont déplacés en nombre et qui ont même sorti l’hélicoptère pour scruter les alentours. » Mais la chasse à l’homme s’avère rapidement infructueuse, en raison d’une végétation dense.

Après les paroles, place aux actes

Deux semaines plus tard, l’entrepreneur ne décolère toujours pas. « Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas davantage de patrouilles autour de ce site, qui est l’un des plus visités de Mayotte, surtout durant cette période de vacances scolaires. C’est inadmissible alors que ce genre d’événements est récurrent ! » Dans son viseur : les élus du conseil départemental, dont l’absence de réaction le fait sortir de ses gonds. « Pendant les élections, les candidats promettent monts et merveilles. Mais derrière ces belles paroles, il n’y a aucun acte. C’est à eux de réagir et de prendre leur responsabilité par rapport à la sécurité des touristes. Ils ont laissé leur île à l’abandon. »

Face à ce constat, Ismaël s’interroge sur le devenir de son secteur d’activité, durement touché par la crise sanitaire. « Nous sommes dans un État de droit. Je ne peux pas demander aux clients de se déplacer les poches vides, par peur de se faire dépouiller, et systématiquement prévenir les autorités à chaque sortie… » Conséquence, « les professionnels du tourisme mahorais prennent très cher ». Malgré sept dépôts de plainte à la brigade de M’Zouazia le matin-même, les conséquences de cette mésaventure risquent de laisser des traces indélébiles. « Une jeune dame du groupe vivait sa première expérience à Mayotte. Je ne sais pas si elle y remettra les pieds », lâche-t-il d’un ton désespéré, à quelques heures de repartir, le moral en berne, à l’assaut des sentiers du Sud.

* le prénom a été modifié

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