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Attaque au commissariat de Mamoudzou : pas de lien avec une entreprise terroriste à ce stade de l’enquête

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Le mis en cause, un Palestinien isolé et marginalisé a été placé en détention provisoire. Une information judiciaire est ouverte pour tentative de meurtre.

Fausse alarte. L’attaque ce mardi d’un fonctionnaire de police au commissariat de Mamoudzou par un homme qui avait crié “Allah Akbar” n’est pas en lien avec une entreprise terroriste. L’auteur, un Palestinien isolé arrivé sur le territoire depuis la métropole en 2020, n’a pas non plus revendiqué d’appartenance à un groupe terroriste. C’est du moins ce qui ressort de l’enquête judiciaire, menée “en liens étroits” avec le parquet national anti-terroriste “qui n’entend pas se saisir de l’affaire”, a annoncé le procureur de la République Yann Le Bris lors d’une conférence de presse jeudi soir.

Une interrogation persistante demeure sur l’intention au moment du passage à l’acte”, a expliqué le magistrat du parquet. C’est-à-dire si les coups portés constituent une violence aggravée sur personne dépositaire de l’autorité publique avec arme et dans une enceinte administrative, un délit puni de 7 ans de réclusion, ou une tentative de meurtre avec intention de tuer, où la peine maximale est de trente ans de prison. Une information judiciaire a donc été ouverte pour tentative de meurtre et fait l’objet d’une enquête avec un juge d’instruction de Mayotte. En attendant, l’individu a été mis en examen et placé en détention provisoire.

 

Un homme “en voie de clochardisation”

 

L’homme, qui avait demandé l’asile en France métropolitaine en 2014, était arrivé à Mayotte à la demande d’un ami qui lui avait proposé un emploi et lui avait payé le billet d’avion. “Le profil psychologique de cette personne étant incompatible avec le poste, l’employeur avait mis fin au contrat de travail”, a retracé le procureur. L’individu, qui était inconnu de la justice, sauf pour des faits mineurs sans condamnation, s’est alors retrouvé isolé. Avant son passage à l’acte, il vivait seul dans un banga, en totale marginalisation, avec “un environnement amical extrêmement pauvre”, et même “en voie de clochardisation« . “C’est dans ce contexte social que les faits s’inscrivent.” Il vivait de plus comme une persécution son absence de droit à l’allocation chômage.

Le jour des faits, “il a décidé de faire parler de lui”. Il se rend d’abord devant La Poste, et un restaurant où il hésite à commettre des violences, avant de se raviser et d’atterrir au commissariat. Là encore dans une logique d’attirer l’attention sur lui, pour obtenir son droit au chômage, au point même de pouvoir y perdre la vie. L’expertise psychiatrique menée au moment de sa garde à vue n’a pas permis d’identifier de maladie mentale, ni même d’altération du discernement. Et s’il a crié les mots “Allah Akbar”, l’homme n’a aucun moment revendiqué une participation à un djihad.

En ce qui concerne la victime, elle est ressortie du CHM avec quelques blessures liées à sa chute et une incapacité temporaire de travail de 8 jours, en plus du choc psychologique lié à l’attaque.

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