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Semaine de l’environnement : « On doit se poser la question du stockage de l’eau dans le sol »

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Ce lundi 20 novembre, a marqué le top départ de la semaine de l’environnement, organisée par la Somapresse (société éditrice de Mayotte Hebdo et Flash Infos). La matinée était consacrée au défi de la gestion de l’eau et a réuni différents acteurs autour d’une table ronde, dans les locaux de la Communauté d’agglomération Dembéni-Mamoudzou (Cadema), à Mamoudzou.

La semaine de l’environnement ne pouvait pas commencer sans aborder un sujet majeur et au cœur de l’actualité de l’île, la crise de l’eau. Michel Charpentier, président de l’association Les Naturalistes, était présent pour cette première table ronde du cycle de conférences prévu cette semaine. « Nous sommes face à un paradoxe. C’est que de l’eau, à Mayotte, il y en a grâce à la pluie, nous avons accès à cette ressource. Seulement, elle ne tombe que six mois dans l’année. L’objectif doit donc être de faire en sorte que les eaux de pluie ne partent pas inutilisées dans le lagon », pose comme base le président d’association au début de son intervention.

Il regrette de voir que l’eau potable est encore utilisée pour des usages qui n’en nécessitent pas, comme l’arrosage des jardins, le lavage des voitures, les machines à laver, l’agriculture… « Il faudrait donner la priorité aux usages nécessaires. Dans les maisons, il faudrait avoir des systèmes de récupération d’eau de pluie. Bien qu’il ne pleuve pas toute l’année, ce sera déjà ça de moins pris dans les retenues collinaires », avance-t-il, préconisant également d’utiliser certaines eaux complètement perdues, comme celles sortant des stations d’épuration qui sont directement rejetées dans le lagon. « Elles pourraient être utilisées pour l’agriculture », propose-t-il.

Stocker l’eau en surface

Celui qui travaille sur les questions environnementales à Mayotte depuis plus de vingt ans a également abordé la question du stockage de l’eau de pluie. En effet, le stockage en surface permis par le système des retenues collinaires a ses limites. Il faut d’abord pouvoir occuper du foncier, au moins cinquante hectares de terres, qui pourraient servir à l’agriculture sur un territoire où les terrains disponibles sont compliqués à trouver. De plus, stocker l’eau à l’air libre engendre des pertes : ce sont 1.000 m3 d’eau qui s’évaporent par jour, soit à peu près la moitié d’une piscine olympique. Il y a de plus un gros travail de potabilisation à faire pour que cette eau stagnante soit consommable.

« On doit se poser la question du stockage dans le sol », insiste Michel Charpentier. En effet, les arbres permettent à l’eau de s’infiltrer dans la terre, en l’empêchant de ruisseler jusqu’au lagon. Cette eau va ensuite pouvoir alimenter les rivières. L’état des forêts joue donc un rôle primordial dans la gestion de la ressource en eau. Les préserver et planter des arbres se révèlent être une stratégie à mener pour constituer les stocks d’eau de Mayotte. « Seulement, actuellement, nous avons 150 hectares déforestés par an, et seulement 50 hectares de reforestation », regrette le président des Naturalistes.

« Mais avec la problématique du foncier, on doit abattre des arbres pour construire », fait remarquer Josiane Ropauld, directrice de cabinet à la Cadema. « Il va falloir faire des compromis, trouver un équilibre », répond Michel Charpentier. La mise en place de noues, des creux dans le sol qui permettent à l’eau de ne pas s’écouler directement et donc, de s’infiltrer dans le sol, pourrait également permettre de stocker la ressource.

L’air, une autre source d’eau

Et l’eau stockée dans l’air ? Grégory Tavitian, commercial chez Geobuilder, était là pour en parler. « Jusque-là, j’ai l’impression qu’il y a eu beaucoup d’argent dépensé, mais pas de réelle solution trouvée », avance-t-il. Geobuilder propose à la vente les générateurs d’eau atmosphérique de la marque Osoley, qui, pour faire simple, captent et filtrent l’humidité de l’air pour en faire de l’eau pure. Selon le modèle, un générateur peut produire entre dix litres et 5.000 litres d’eau par jour. Pour donner un ordre d’idée, le générateur qui produit 30 litres d’eau par jour coûte 2.900 euros.

Si l’entreprise mahoraise vend ces dispositifs à des particuliers, elle cible aussi les institutions. Ainsi, elle a pu vendre plusieurs générateurs à la gendarmerie. Seulement, l’Agence régionale de Santé (ARS), n’a pas encore validé la conformité de l’eau produite par ces machines, bien que d’autre tests, effectués par exemple par le rectorat, ont conclu à la potabilité de cette eau.

« Individuellement, cela ne pose pas de soucis. Mais pour les infrastructures, tant qu’il n’y a pas d’autorisation, c’est dangereux pour tout le monde. Les gens doivent être sereins », fait remarquer Bacar Ali Boto, chargé de mission à la Cadema. Si la question du contrôle de la conformité de cette eau s’avère complexe à résoudre, le système de filtrage des générateurs semble néanmoins promettre une alternative au puisage de l’eau sur terre et a fait ses preuves dans d’autres pays.

La sobriété, une solution accessible à tous

Lors de la table ronde, Michel Charpentier a souhaité insister sur la nécessité de travailler sur la sobriété au niveau de la consommation. « Il faut habituer les gens à changer leurs habitudes. Au lieu de laisser le robinet ouvert pendant qu’on se brosse les dents et gaspiller quatre à cinq litres d’eau, on ne l’ouvre que quand c’est nécessaire », donne-t-il comme exemple. « Même si on pense que c’est un comportement minuscule, c’est l’addition de ces petits gestes qui peut mener à des résultats conséquents. »

Enfin, Michel Charpentier a fini son intervention en regrettant que les associations environnementales n’aient pas été consultées sur la crise de l’eau : « Une fois que la crise sera passée, il faudra organiser des Assises de l’eau pour que tous les acteurs puissent échanger. »

La mobilité douce était aussi à l’honneur

Ce lundi après-midi, la table ronde était consacrée à la mobilité douce à Mayotte. La Cadema et l’entreprise de location de vélos, Mob’hélios, ont présenté leurs projets et ont exposé toutes les solutions alternatives permettant de circuler tout en réduisant l’impact carbone. Caribus est le projet phare de la Cadema. Les travaux ont commencé il y a deux ans et une mise en service totale des lignes de bus est prévue en 2027. Mais l’intercommunalité se penche également sur d’autres alternatives, notamment les navettes maritimes qui joindront Iloni à Kaweni. L’objectif étant de limiter le nombre de véhicules qui entrent à Mamoudzou. Des parkings relais sont également prévus sur les lieux de ramassage.

Enfin, la Cadema prévoit aussi des pistes cyclables. Pour l’instant celle qui part de Passamainty jusqu’aux Hauts Vallons est la plus avancée, mais d’autres sont en cours de réflexion, notamment trois à Dembeni. Ce dernier point retient particulièrement l’attention de Mob’hélios, société spécialisée dans la location de bicyclettes. Les clients peuvent les louer à long terme ou seulement quelques jours. L’entreprise veut aller plus loin et va proposer des scooters électriques l’année prochaine.

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