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« Le développement du kick-boxing est en constante progression »

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Dans le contexte d’insécurité, le kick-boxing est de plus en plus populaire à Mayotte. Ichirac Mahafidou, secrétaire général de la Ligue mahoraise de kick-boxing, muaythaï et disciplines associées (LMKMDA) et dirigeant du club Chirongui muaythaï kick-boxing (CMTKB), revient sur le succès de ce sport et sur le potentiel des Mahorais, qui ne demande qu’à bénéficier de meilleurs infrastructures.

Mayotte Hebdo : Depuis la création de la Ligue mahoraise de kick-boxing, muaythaï et disciplines associées (LMKMDA), comment a évolué la pratique du kick-boxing sur l’île ?

Ichirac Mahafidou : Au sein de la Fédération française de kick-boxing, la ligue de Mayotte est la plus récente. Elle a été créée en 2016. Depuis, ça n’arrête pas d’évoluer dans le bon sens, c’est-à-dire que chaque année, le nombre de licenciés augmente. Là on est au mois de février et on a quasiment atteint le nombre de licenciés qu’on avait au mois d’août l’année dernière, à la fin de la saison. On a 420 nouveaux licenciés actuellement contre 435 à la fin de la saison dernière. Cela veut dire qu’on va encore dépasser ce chiffre cette saison. On a davantage de clubs aussi, dix au total, alors qu’au moment de la création de la ligue mahoraise, il n’y en avait que deux ou trois. Deux autres clubs devraient s’engager d’ici la fin du mois de septembre. Le développement du kick-boxing est donc en constante progression depuis la création de la ligue.

M. H. : Comment expliquez-vous cet engouement pour ce sport ?

I. M. : L’une des explications qui revient le plus, c’est le contexte. La plupart des parents dans mon club, le Chirongui muaythaï kick-boxing (CMTKB), la moitié me disent que c’est pour que leurs enfants gagnent en confiance et en assurance au cas où il y aurait des soucis à l’école, pour qu’ils puissent se défendre dans la rue. Qu’ils puissent être autonomes en termes de « sécurité », même si on est jamais vraiment sécurisé. La raison qui revient souvent c’est ça, y compris chez les adultes, même si la majorité de ceux qui pratiquent ce sport sont des enfants. Puis il y a aussi le côté défouloir des sports de combat de manière générale, parce qu’on tape sur quelque chose. Après, c’est adapté pour les enfants : on a le kick-boxing light, où la puissance dans les coups est proscrite. Et il y a besoin de se défouler, encore une fois, en raison du contexte général de l’île.

M. H. : Le kick-boxing est-il également populaire chez les filles à Mayotte ?

I. M. : Ne serait-ce que dans mon club : là on est partis récemment à La Réunion à onze, dont sept filles et quatre garçons. Dans mon club, le nombre de filles est en train d’exploser, on est presque à la parité, avec 45% de licenciées filles. Alors que c’est compliqué à obtenir dans le sport en général, en termes de nombres de licenciés. Et ça commence à se voir aussi au niveau des autres clubs de la ligue. Cela pour les mêmes raisons que j’ai évoquées précédemment, qui s’appliquent encore plus au public féminin. La parents veulent que leurs filles soient fortes et aient confiance en elles. Il y a une sorte de surprotection qui fait que les parents pensent peut-être, à tort aussi, qu’elles sont plus faibles que les garçons. Mais cela fait qu’il y a un besoin encore plus important de trouver des solutions pour qu’elles se sentent en confiance face à certaines situations de la vie. Le kick-boxing féminin est donc en pleine progression à Mayotte.

M. H. : Est-il facile d’absorber le succès général du kick-boxing sur l’île ?

I. M. : Il faut savoir que cette popularisation se voit aussi au niveau des compétitions, car plus de licenciés revient à plus de combattants. On fait en sorte de créer de la compétition, pour que nos jeunes puissent progresser et s’évaluer. Nous avons créé des challenges de club, durant lesquels un club reçoit tous les autres sur une journée. Mais là, depuis la fin de l’année dernière, ces challenges de club sont devenus compliqués pour nous parce qu’on est victime de notre succès. Comme on manque d’infrastructures sportives à Mayotte, on utilise des petites infrastructures. Il n’y a rien qui est adapté pour les sports de combat. Et le problème, c’est qu’avec plus de combattants et de combats, ça nous pousse à commencer une journée à 7 heures et la finir à 20 heures. Sauf qu’avec le contexte d’insécurité c’est un peu compliqué. Par exemple, lors d’un challenge, on a été obligés de dire à certains clubs de ne pas venir pour ne pas finir trop tard. On en est là.

M. H. : Combien de lieux peuvent accueillir des compétitions de kick-boxing à Mayotte ?

I. M. : Ce sont les trois gymnases de Mayotte, à Cavani, M’gombani et en Petite-Terre, mais ils sont saturés par les sports collectifs comme le volley, le handball, le basketball. Sachant qu’en kick-boxing, il y a plein de catégories différentes qui doivent occuper les lieux. Donc ça ne fait pas beaucoup de place. Ajouté à cela le sport scolaire, qui occupe également les gymnases. Donc trois pour tous ces sports-là, ce n’est pas suffisant. De plus, ce sont des gymnases polyvalents, qui ne sont pas adaptés aux sports de combat. Il faudrait un lieu où on peut poser des tapis, des sacs de frappe, des rings modulables, les laisser, ne pas tout le temps devoir les ranger à la fin de la séance. Il nous faut un vrai dojo dédié aux sports de combat. Mais ça n’existe pas à Mayotte. On aimerait obtenir davantage de la part des décideurs, car actuellement les subventions qu’on nous accorde ne suffisent pas. On aimerait que des infrastructures adaptées soient mises en place, mais malheureusement, cela n’est pas de notre ressort. On aimerait développer les métiers du sport notamment dans l’encadrement. Avoir des jeunes qui puissent être payés et gagner leur vie en encadrant eux-mêmes des jeunes. Ça ce sont des choses sur lesquelles on peut travailler.

M. H. : Les jeunes Mahorais ont remporté un bon nombre de médailles ces derniers temps dans la discipline (voir par ailleurs). Y’a-t-il un potentiel sur l’île ?

I. M. : On le dit de manière générale, ce n’est pas valable que pour le kick-boxing ou les sports de combat : les Mahorais, notamment les jeunes, ont des prédispositions pour le sport. Ils marchent tous les jours, ils sautent tout le temps. Du coup, quand ils rentrent dans le sport et qu’ils sont bien encadrés, les performances viennent presque naturellement. Il y a aussi les compétences qui entrent en ligne de compte, mais c’est presque logique qu’on en vienne à ces résultats-là. Dans les sports de combat, les petits on les voit : ils sont hyper habiles, hyper souples, hyper explosifs aussi. Et bien quand ils sont bien encadrés, ils font de très belles performances. Il faut savoir qu’ils ne s’entrainent pas dans les meilleures conditions, quand on compare avec le reste de la France où il y a des gymnases partout, le matériel, des professionnels payés pour encadrer les jeunes tous les jours. Nous, on est bénévoles, on les encadre quand on peut et comme je le disais, on manque d’infrastructures. Malgré ça, on arrive à obtenir des résultats incroyables. Donc imaginez si on avait les moyens adaptés.

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