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24/04/2009 – Edito : 13.614 chômeurs

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Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

Camille Miansoni, procureur de Mayotte : “Mon rôle est de protéger la société avant tout”

L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

 

{xtypo_dropcap}L{/xtypo_dropcap}a situation économique de l'île, et de l'emploi en particulier, ne peut pas être considérée comme brillante, loin de là. La perte de milliers d'heures de travail chaque jour dans les embouteillages, les infrastructures de base en mauvais état ou largement sous-dimensionnées, les projets qui dorment, se réveillent pour mieux se rendormir, manquent de relais et de soutiens parmi les décideurs locaux, participent de ce dramatique constat.

Le président du conseil général s'est félicité lundi du choix d'inscrire l'aménagement de plages dans le cadre du Plan de relance du gouvernement. Il faut que les projets sortent de terre avant la fin de l'année. C'est un plan de relance, rapide, à court terme. Mais ces projets d'aménagement des plages ont été lancés, décidés, il y a 4 ans. Nous avions fait la Une là-dessus, trouvant l'initiative heureuse. Il y avait prévu 7 plages. Puis chaque élu a voulu la sienne… Super, les voilà motivés sur un projet qui leur tient à cœur… Il y a donc eu 10, puis 12 plages retenues, les autres viendraient après. Un bureau d'études se lance là-dessus… Puis plus rien. La crise arrivant, les ambitions se trouvant rognées, il a été décidé, encore, de ne retenir qu'une plage, pilote. Puis plus rien. Ce lundi le projet est ressorti, super ! Avec 4 plages : Moya, Musicale plage, Tanaraki et Bambo. Cette fois l'urgence est de mise ! Mais qu'en sera-t-il ?

Il y a 4 ans, il y avait le projet, la volonté et la décision des élus, le financement. Pourquoi aucun élu n'a suivi le projet jusqu'au bout. Pourquoi le problème minime d'une AOT n'a-t-il pas été réglé d'un coup de fil entre le conseil général et la préfecture ? Pourquoi aurait-il fallu attendre la validation du Padd ? Si c'est des raisons de ne rien faire qu'il fallait trouver, ça a réussi. Et on attend toujours des plages avec un parking en retrait, qui ne morde pas sur la plage et la détruise lentement, des douches, des bancs, des farés, des barbecues, mais aussi des buvettes, des snacks, des vendeurs de glaces qui créeraient… de l'emploi.

C'est pareil avec le marché de Tsararano, toujours installé de manière indigne et dangereuse dans le virage, par terre. Le projet était là, le financement aussi. Mais une personne s'est endormie sur le dossier… et personne ne l'a réveillée. Personne ne s'est énervé, emporté. Les élus étaient peut-être en voyage ou le promettaient-ils pour leur prochain mandat à une population qui n'est plus crédule. La déviation prévue aussi à Tsararano ne se fait pas. La rocade de M'tsapéré qui devait se poursuivre jusqu'à Tsoundzou ne se fait pas. Le marché de Mamoudzou n'ouvre pas… Ce sont des emplois qui dorment. Des chômeurs qui trainent. Des familles qui souffrent, vivent avec très peu.

Il faut arrêter de dormir ou de jouer à la réussite dans les bureaux climatisés. Il faut prendre les dossiers à bras le corps jusqu'à ce qu'ils aboutissent. Ce sont aux responsables, aux élus, aux présidents et autres directeurs de se mettre au boulot, de réveiller leurs équipes, de les motiver, les mobiliser, de taper du poing sur la table si nécessaire, pour se mettre au service de la population qui attend, de plus en plus impatiente. Il doit y avoir des obligations de résultats !

Le rang des chômeurs gonfle chaque jour. Il faut donner aux entreprises locales les moyens de vivre, de se développer pour pouvoir embaucher. Il faut que les administrations externalisent certaines missions qu'elles ne sont pas capables d'assurer aujourd'hui. Il faut faire confiance aux bureaux d'études, aux entreprises qui elles ont des obligations de résultats. Ce sont elles qui pourront peut-être embaucher les dizaines de milliers d'enfants qui sont aujourd'hui sur les bancs des écoles, mais surtout déjà dans les collèges et les lycées et qui ne voudront pas passer leur vie à trainer dans les rues en imaginant les projets qui auraient pu voir le jour.

 

Laurent Canavate

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