Sdis 976 : Un mois après la grève, “on va de l’avant”

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

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L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

“Nous, nous ne sommes pas fatigués, s’il y a besoin d’un nouveau conflit social pour que les choses avancent, nous le ferons. Mais pour l’heure, ce n’est pas le sujet. On avance, il y a du positif.” Au pied du bâtiment abritant le quartier général du Sdis 976, Colo Bouchourani affûte son discours avant d’entrer en réunion avec les instances de direction du service départemental d’incendie et de secours. Car pour le porte-parole de l’intersyndicale des pompiers, pas question que ces réunions bimensuelles – comme le prévoit le protocole de fin de conflit – fassent l’impasse sur le ressenti des troupes.

Et ce jour, le porte-parole se devait d’alerter sur une question qui serait sur toutes les lèvres des hommes en bleu. Pourquoi avoir nommé un commandant “métro”, quand un commandant déjà sur place avait toutes les compétences requises pour le poste ? “Alors que nous attendons un directeur, nous avons fait venir au Sdis un commandant de métropole pour superviser et mettre en place le nouveau fonctionnement du service décidé à travers le protocole de fin de conflit. Pourtant, sur place, nous avons déjà un commandant qui est chef de site, chef de groupement, qui connaît le terrain et les hommes. Trois choses que n’a pas le commandant nommé. En plus de ça, on apprend que le Sdis 976 a payé à cette personne, avant qu’elle arrive, une formation que le commandant local a déjà. Forcément, on s’inquiète, on se pose des questions”, détaille Colo Bouchourani.

“Il est de notre devoir de demander des éclaircissements”

“Nous nous sommes rendus compte encore une fois que la direction ne faisait pas d’effort pour éviter ce sujet d’un éventuel conflit entre muzungus et mahorais. Pour nous c’est un sujet qui n’a évidemment pas lieu d’être. Le seul sujet qui compte, c’est celui des compétences et celui de vouloir travailler pour Mayotte. Mais dans ce cadre, on peut se poser des questions sur une éventuelle discrimination. Et là je parle pas forcément de discrimination envers les Mahorais puisque ce commandant local est Guyanais”, poursuit le porte-parole de l’intersyndicale avant d’entrer en réunion… Avec le commandant nommé en question et la présidente du Sdis. “Ce n’est pas clair et quand ce n’est pas clair, il est de notre devoir de demander des éclaircissements”, conclut le pompier.

Car pour lui, c’est une question de confiance qui se joue. “Oui les choses avancent dans le bon sens. Le dialogue a repris, on voit une présidente régulièrement alors qu’auparavant ces rencontres étaient trop rares, on voit que des travaux – même s’ils auraient dû être faits des années auparavants – sont en cours. Mais désormais, pour être en toute confiance, il faut que les choses, notamment les nominations, soient transparentes afin de ne pas alimenter d’éventuels conflits dont on ne veut pas.”

“Travailler pour Mayotte et non la voir comme un tremplin”

Voilà donc le message du jour à faire passer à la direction. Et à la sortie de l’entrevue, “on ne s’est pas empêchés de le souligner à la présidente et au commandant qui était présent”, explique avec une certaine satisfaction le syndicaliste. “Cette personne, à qui nous avons bien entendu précisé n’avoir rien contre elle, nous a entendus, elle s’est expliquée et nous a assuré qu’elle était là pour travailler pour Mayotte”, relate Colo Bouchourani, non sans un brin de scepticisme. Quoi qu’il en soit “le dialogue est là”, rappelle-t-il.

Et quid, dans ce cadre, des nominations à venir à la tête d’un Sdis désormais dépourvu de directeur et de sous-directeur ? “On sait que le poste a été publiée, mais pour l’instant nous n’en savons pas plus.” Les pompiers revendiqueront-ils d’avoir un directeur issu de leurs rangs ? “Pas du tout, ce n’est pas la question. En revanche, on revendique qu’il n’y ait pas de privilèges, juste des compétences. On s’en fiche d’où viendra notre prochain directeur, on veut simplement qu’il réponde au profil demandé, tant par ses compétences que sa volonté de travailler pour Mayotte, avec les Mahorais et non pas pour ses propres intérêts, en voyant le Sdis comme un tremplin comme on pu le faire certains”, développe le porte-parole. Et avec désormais ce même mot d’ordre des deux côtés : “On va de l’avant.” Sans toutefois oublier la devise des pompiers de Mayotte : Ra hachiri.

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