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Après une rencontre sans accord avec le maire de Mamoudzou, le collectif TCTF appelle à une nouvelle mobilisation dimanche 18 octobre contre la hausse des impôts locaux. Ambdilwahedou Soumaïla justifie cette décision par les dépenses de reconstruction après le cyclone Chido et promet une baisse des taux à partir de 2029. Une réponse qui ne satisfait pas les contestataires, lesquels mettent également en cause la gestion financière de la commune.
La taxe foncière a quasiment doublé à Mamoudzou en 2026. Voté en avril, le taux appliqué aux propriétés bâties est passé de 9,17 % à 17,93 %, soit une augmentation de 95,5 %. Celui des propriétés non bâties a également fortement progressé, passant de 4,23 % à 8,27 %. Ces hausses doivent rapporter environ six millions d’euros supplémentaires à la commune.
C’est pour obtenir une révision de ces taux que le collectif TCTF avait sollicité une rencontre avec le maire. Mercredi 7 octobre, une délégation a été reçue à l’hôtel de ville par Ambdilwahedou Soumaïla, accompagné de plusieurs élus municipaux, sans parvenir à trouver un terrain d’entente.
La mairie invoque les dépenses de reconstruction après Chido
Dans un communiqué publié dimanche 11 octobre, la Ville rappelle qu’elle n’avait pas augmenté ses taux entre 2020 et 2025, malgré les différentes crises traversées par le territoire. Elle explique avoir été contrainte de les relever cette année pour faire face aux dépenses engendrées par le cyclone Chido.
La municipalité évalue à 91,7 millions d’euros les dégâts occasionnés à son patrimoine, notamment aux écoles, aux bâtiments publics et à la voirie. Or, les indemnisations des assurances sont plafonnées à 12 millions d’euros, dont huit millions déjà perçus. Les aides de l’État, selon la Ville, tardent à être versées et ne couvrent au mieux que 80 % des opérations éligibles.
Pour engager les travaux sans attendre, la commune explique avoir mobilisé ses propres ressources et contracté des emprunts. Elle assure également avoir réduit de 10 % les indemnités de ses élus et engagé des économies de fonctionnement. Les recettes fiscales supplémentaires doivent contribuer à la reconstruction, mais aussi au financement des services municipaux.
« Sans Chido, les taux n’auraient pas augmenté. Je m’engage à les revoir à la baisse à partir de 2029, et je reste à l’écoute de chaque habitant », affirme Ambdilwahedou Soumaïla.
« Aucune négociation possible », dénonce le collectif
Ces explications n’ont pas convaincu le collectif TCTF. Dans une déclaration diffusée après la rencontre, ses membres affirment s’être heurtés à une « fin de non-recevoir », sans possibilité de négocier les nouveaux taux. Ils disent avoir interrogé le maire sur la gestion des finances communales et sur la réalité du gel des embauches. Selon leur récit, celui-ci leur aurait répondu que la gestion de la commune était son problème et non le leur.
Le collectif estime par ailleurs que les difficultés financières de Mamoudzou ne peuvent être imputées uniquement au cyclone. Il évoque un déficit de 53 millions d’euros fin 2025. Ce montant semble toutefois correspondre à l’encours de dette de la commune, qui atteignait 53,86 millions d’euros à cette date. Si ces deux notions ne doivent pas être confondues, les finances de Mamoudzou avaient déjà attiré l’attention de la Chambre régionale des comptes, qui avait notamment relevé un déficit corrigé de 11,87 millions d’euros pour l’exercice 2024.
Pour le collectif, cette hausse des taxes foncières représente un effort supplémentaire difficilement supportable pour des habitants encore confrontés aux conséquences de Chido. Ses membres rappellent que de nombreuses familles n’ont toujours pas pu reconstruire leur logement et vivent encore sous des toitures bâchées.
Faute d’accord avec la municipalité, le collectif entend poursuivre sa mobilisation. Un nouveau rassemblement est annoncé dimanche 18 octobre, à 15 h 30, sur la place Makango, à Mamoudzou, pour continuer à réclamer une révision des taux sans attendre 2029.
Passionnée par la petite et la grande histoire d'hier et d'aujourd'hui j'aime raconter le quotidien des personnes qui fondent un territoire.




































