Bijouterie de Mayotte : un trésor encore (trop) peu exploité

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Les poissonneries mahoraises ont le bec dans l’eau

À Mayotte, la préfecture a autorisé le maintien des activités de pêche. Une bonne nouvelle pour le secteur, qui se retrouve maintenant confronté à un problème de stockages des produits frais. Les poissonneries et les coopératives sont aujourd’hui les premières à faire les frais du manque de structures adaptées. 

La chambre des métiers et de l’artisanat, en partenariat avec son service de développement économique, a présenté en fin de semaine dernière un panorama du secteur de la bijouterie à Mayotte. Un constat clair en ressort : le secteur a besoin d’accompagnement pour se développer. Et pourrait ainsi devenir un secteur clé de l’île.

Bijoux en forme de fleur d’ylang, pendentifs représentant Mayotte, bagues fleuries, les bijoux dits de Mayotte sont très rapidement identifiés. Et si une grande partie des familles sur l’île en possède, il est difficile d’en trouver dans le commerce. Il existe en effet peu de vitrines où l’on peut retrouver le travail de l’or mahorais. Si le 101ème département compte pas moins de 25 entreprises de fabrication de joaillerie et de bijouterie, la majorité des bijoutiers n’ont pas de locaux. Les artisans travaillent de chez eux et n’ont pour la plupart pas les moyens d’exposer leurs créations. Cette absence de présentation fait que les touristes représentent une faible part des acheteurs de bijoux sur l’île. Seuls 15% des bijoux produits sont achetés par des visiteurs. Le service de développement de la Chambre des métiers aimeraient donc inciter les bijoutiers à s’exporter à l’international.

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Mettre le secteur au goût du jour

 

Maintenant que les bijoutiers et leurs problématiques ont été identifiés, un accompagnement adapté peut être mis en place. Pour se développer, ces professionnels ont besoin de se moderniser. Par exemple, peu d’artisans de l’île se trouvent sur les réseaux alors que ce moyen de communication pourrait leur permettre de les mettre en lumière à Mayotte et ailleurs… D’abord grâce à la diaspora mahoraise en métropole et ensuite pourquoi pas, au quatre coins du monde. Le développement du secteur passe aussi par une mise en commun du travail des bijoutiers de l’île. Une coopérative a déjà été instaurée pour permettre aux artisans de faire venir l’or, l’argent, et les pierres précieuses en gros, pour en réduire le prix. L’idée serait aussi d’investir dans des machines, notamment pour les finitions, pour baisser encore une fois les coûts.

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Un manque criant de formation

 

L’art des métaux précieux est culturel à Mayotte, c’est un métier qui se transmet de père en fils depuis des générations. Les techniques, les outils, les motifs, tout se répète au fil des décennies. Mais la profession est vieillissante : 95% des artisans ont plus de 40 ans et presque 40% ont plus de 60 ans. Pour ne pas perdre cet aspect de la culture mahoraise, la formation de jeunes bijoutiers doit être encadrée aussi bien par l’Éducation nationale que les professionnels du secteur. Ainsi, la CMA aimerait instaurer un CAP bijoutier sur le territoire, dans l’espoir d’éviter de perdre ce savoir-faire. “Si ce métier meurt, il y a une partie de Mayotte qui meurt”, utilise Ismael, chargé de projet à la CMA, pour traduire l’importance de la continuité du métier sur l’île. Le travail des bijoux sur l’île fait partie intégrante du patrimoine. Il est donc primordial de le conserver mais aussi de le consolider pour en faciliter le rayonnement et le développement. Bientôt, les parures d’or ne seront peut-être plus réservées qu’aux mariées et les fleurs d’ylang seront portées partout sur terre… Qui sait ?

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