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Sécurisation, nouvelles flottes : les transporteurs scolaires préparent la rentrée

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La compagnie mahoraise détenue à 51% par Air Austral et qui compte aussi la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte parmi ses actionnaires, espère voir bientôt le bout du tunnel. Pour maintenir la flotte pendant le confinement, Ayub Ingar, son directeur général délégué, a tenté d’organiser quelques vols. Ce mardi, c’est ainsi un avion-cargo qu’il devait réceptionner à l’aéroport de Pamandzi. Il revient pour le Flash Infos sur cette opération, et sur l’activité d’Ewa Air depuis le début du confinement.

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Tous les bus scolaires sont à nouveau de service, mais les élèves se font rares. La société qui est en charge, Carla Mayotte Transport Baltus, fait respecter les mesures barrières avec les moyens du bord. Cependant, la gérante s’inquiète particulièrement pour la prochaine rentrée qui arrive à grands pas alors que rien n’est prêt.

Dans un peu plus d’une semaine, les milliers d’élèves mahorais reprendront le chemin de l’école. Certains le feront avec les bus scolaires. Un rendez-vous très attendu par les transporteurs qui travaillent d’arrache-pied pour relever le défi. Sécurisation des véhicules, nouveaux bus, nouveau marché, voici la feuille de route des transporteurs scolaires de cette rentrée.

Sur le parking du groupe de transport Matis, les bus sont alignés, chacun attend son tour. Les agents s’activent sur chacun d’eux pour les habiller avant le 23 août, jour de la rentrée pour les élèves. La société Matis s’est unie avec d’autres transporteurs scolaires pour créer un groupement momentané d’entreprises (GME) appelé « Narendré Mbeli » afin de pouvoir mieux répondre au nouveau marché de transport proposé par le Département pour une durée de six ans. « Nous sommes 24 transporteurs partenaires parce que l’idée est de mutualiser les efforts dans le cadre de ce marché des transports scolaires. Dans le GME, nous avons des plus petites entreprises et Matis est le mandataire pour apporter son expérience au sein du groupement », indique Lanto Thomas, la directrice de Matis et mandataire du GME Narendre Mbeli.

Pour ce nouveau marché, le GME en question a remporté deux secteurs, celui du nord et du sud. « Ce sont les plus gros lots du marché en termes de kilométrage. Cela représente 127 véhicules, soit plus de la moitié des services du réseau et nous devons transporter 14.300 élèves au quotidien », continue la responsable de l’entreprise. Le groupement a également reçu quelques nouveaux bus, mais il n’est pas le seul. Pour cette rentrée, le GIE Ouvoimoja a mis la main à la poche et a acheté 50 véhicules flambants neufs. « Cela représente près de sept million d’euros d’investissement. L’envergure du marché est tel qu’il a fallu acquérir conformément à nos engagements des véhicules. Ils seront en remplacement des anciens pour avoir un parc de véhicules neufs à l’horizon janvier 2022 au plus tard », annonce Anisse Boinaidi, directeur administratif et financier du GIE-Ouvoimoja. Qui dit nouveaux bus, dit nouveaux chauffeurs.

Le GIE-Ouvoimoija va générer 50 créations d’emplois de conducteur. Le conseil départemental et la DIECCTE ont déjà financé 30 formations. Mais il reste encore des postes à pourvoir et Mayotte Formation ainsi que Pôle emploi accompagnent le groupement en ce sens. « Nous sommes tout à fait optimistes sur la formation et le recrutement de conducteurs en nombre suffisant compte tenu de la dynamique exceptionnelle qui nous entoure et des conditions sociales favorables que nous proposons aux candidats », précise Anisse Boinaidi.transport-scolaire-rentree-securisation

Sécurisation des véhicules coûte que coûte

Les transporteurs scolaires entament la rentrée, tout en gardant en tête l’année particulièrement désastreuse qui s’est écoulée en termes d’insécurité. De nombreux bus ont été vandalisés et les conducteurs ont été agressés. Pour cette année, le nouveau marché de transports scolaires a plus d’exigences pour assurer la sécurité des élèves et des chauffeurs. « Nous avons de nouvelles obligations sur ce marché, notamment l’installation de vidéos-protection, de girouettes et de la géolocalisation qui permettra de suivre les véhicules et de les réorienter en cas de problème. Et nous devons aussi installer du papier film anti-caillassage sur les vitres », détaille Charmane Ben Mohamed Houlam, directeur du GIE-Tama ya léo na messo. Et si certains comme Ouvoimoja ou encore Narendré Mbeli ont déjà entamé le processus de sécurisation des vitres, Tama ya léo na messo est encore réticent. « Nous avons besoin d’aide parce que c’est à notre charge et c’est très cher. Cela nous coûte 180.000 euros pour mettre le film sur les vitres », confie Charmane Ben Mohamed Houlam. De plus, le papier film anti-caillassage atténue les dégâts, mais ne les empêche pas. « Il évite l’explosion des vitres pour qu’elles ne blessent pas les personnes, mais elles sont quand même brisées et il faut les réparer. Nous sommes pénalisés parce que nous devons les remplacer et nous ne trouvons pas des vitres sur le territoire », continue le directeur de Tama ya léo na messo.

Les transporteurs scolaires doivent parer leurs véhicules, mais la question de l’insécurité est également longuement discutée entre les différentes parties. « Il y a des rencontres avec le Département et la préfecture pour essayer de sécuriser les axes routiers et impliquer les maires. Ils doivent se sentir concernés par la sécurité », rapporte Charmane Ben Mohamed Houlam. Du côté du GME-Narendré Mbéli, les responsables s’inquiètent du sort de leurs employés. « Nous allons mettre en place une cellule psychologique pour le personnel. Nous serons prêts pour la rentrée, nous serons sur tous les fronts », assure Lanto Thomas pour Matis. L’ambition de tous les transporteurs scolaires est de réussir cette rentrée coûte que coûte. Les bus et les chauffeurs sont parés pour affronter les routes et les élèves mahorais, dans un contexte sécuritaire optimal, du moins on l’espère.

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