Concours d’écriture à Mayotte : mesdames à vos plumes !

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Flou artistique autour des arts de la scène

Les artistes et intermittents du spectacle ne peuvent, à Mayotte, prétendre au statut juridique spécifique pourtant de vigueur en métropole, du fait de l’application tardive du droit du travail dans le 101ème département. Une situation qui complique encore un peu plus l’avenir de ces professionnels, souvent écartés des décisions politiques.

 

L’association Lire à Mayotte (ALIM), en collaboration avec la Direction du livre et de la lecture publique et la Direction régionale aux droits des femmes et à l’égalité, lance la deuxième édition du concours d’écriture “Écrire au féminin”. Une compétition entièrement réservée aux femmes mahoraises qui sont très peu représentées dans le monde de la littérature.

Écrire pour exister. Écrire pour être plus visible. Voilà l’enjeu du concours “Écrire au féminin”. Les écrivaines mahoraises peuvent se compter sur les doigts d’une main. Pourtant, un certain nombre de femmes de l’île écrivent à leurs heures perdues, secrètement, sans jamais partager leurs histoires. “Nous voulons développer les ouvrages littéraires des femmes mahoraises parce que dans le monde du livre à Mayotte, les hommes sont surreprésentés”, affirme Kildat Abdou Kalame, présidente de l’association Lire à Mayotte.

Zaïna Djailani, en est le parfait exemple. “Aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai toujours aimé l’écriture. C’est comme une arme. Cela me permet de dire tout ce que je n’ose pas avouer à l’oral.” La femme de 26 ans s’était d’ailleurs inscrite lors de la première édition du concours en 2020, mais elle n’était pas allée jusqu’au bout. Son principal intérêt était les ateliers d’écriture avec un certain Nassur Attoumani qu’on ne présente plus. “Cette année, je suis motivée et déterminée. Je vais rendre un manuscrit”, dit-elle, confiante. Zaïna s’est inscrite dans les catégories recueil de poèmes et conte, mais son amour pour la poésie semble l’emporter. “Pour le recueil, j’ai déjà défini les thèmes et je m’inspire de ce que je vois tous les jours, de ce que j’apprends”, raconte-t-elle.

Et pour être certaine d’écrire, elle a programmé une alarme qui le lui rappellera tous les jours. Il est important pour Zaïna de finaliser son ouvrage, mais ça l’est tout autant pour les organisateurs du concours. “L’année dernière, nous avions 35 femmes inscrites, mais au bout du compte, nous avons reçu moins de 10 manuscrits”, déplore Kildat Abdou Kalame. Alors cette année, l’objectif est d’avoir au moins une candidate par commune, soit 17 manuscrits à lire. Et pour y arriver, l’association Lire à Mayotte a changé de stratégie.

 

La culture mahoraise au centre de tout

 

Si l’année dernière, les femmes pouvaient écrire sur n’importe quel sujet, cette année la principale condition est de parler de Mayotte. Le récit et les personnages doivent se référer à l’île afin de promouvoir sa culture. Celles qui veulent concourir seront également suivies dans leur travail d’écriture. “Nous leur demandons quel type d’accompagnement auront-elles besoin afin de mieux les accompagner”, souligne la présidente d’ALIM. Des ateliers d’écriture seront également mis en place, mais pour l’heure les modalités restent indéfinies en raison de la crise sanitaire.

Toutes les femmes et jeunes filles de tout âge peuvent participer, même les enfants qui sont réputés pour leur imagination débordante. De plus, elles peuvent écrire non seulement en français, mais également en shimaoré et en kibushi. “Nous ne voulons imposer aucune limite. Les femmes qui ne maîtrisent pas la langue française pourront écrire avec l’alphabet arabe parce que nos mères et nos grands-mères écrivent déjà de cette manière”, rappelle Kildat Abdou Kalame. Et cette année, les participantes ont plus de choix puisque quatre catégories ont été rajoutées aux trois déjà existantes, afin de palier au manque de manuscrits de l’année dernière.

 

Écrire pour se faire publier

 

concours-ecriture-mayotte-femmes-2021Tous les premiers prix de chaque catégorie seront automatiquement publiés dans une maison d’édition. Une opportunité unique pour celles qui restent dans l’ombre, ou qui n’osent pas sauter le pas, à l’image de Delayde, 25 ans. Elle a commencé à écrire des histoires pour enfants lorsque son fils est né, et l’exercice lui a plu. Alors elle a décidé d’écrire un livre pour tous les enfants. “Quand j’ai appris l’existence du concours, je me suis lancée. Je veux gagner pour pouvoir publier mon roman”, clame-t-elle. Si elle a commencé par écrire un conte pour enfant, Delayde a rapidement dévié sur le roman pour adulte. “Je me rends compte que je peux écrire un peu plus de choses, et le concours va m’aider à améliorer ma plume, parce que je suis en train d’explorer d’autres types d’écriture.

Delayde n’est sûrement pas la seule à vouloir éditer son livre, les organisateurs du concours le savent et font tout pour que les femmes aient plus de chances. “C’est l’une des raisons pour lesquelles il n’est consacré qu’aux femmes. Elles ont plus de mal à trouver un éditeur qui comprend leur créativité, la richesse de leur histoire. Nous serons plus à même de les comprendre”, assure Kildat Abdou Kalame. Ce concours peut également être une source d’inspiration pour les plus jeunes. C’est du moins ce qu’espère Delayde. “Je veux inspirer les petites-filles et les adolescentes qui écrivent des histoires dans leur coin comme ma petite soeur. Je veux qu’elles sachent qu’elles aussi peuvent être publiées et pourquoi pas en faire leur métier.” Celles qui veulent tenter l’aventure ont encore quelques mois pour s’inscrire. Pour le moment, aucune date limite n’a été fixée pour les inscriptions, mais les organisateurs espèrent décerner les prix lors du salon du livre de Mayotte prévu en octobre 2021, si la situation sanitaire le permet.

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