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Le paillage et la baissière, deux nouvelles techniques expérimentées par les agriculteurs

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Tout au long de l’année, le centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) basé à Coconi organise diverses sessions thématiques à Mayotte. Cette semaine, dix-huit inscrits ont participé à la formation jardin vivrier agroécologique, animée par deux salariés de l’association Terre & Humanisme.

Trouver des légumes frais à Mayotte, quel casse-tête ! Le climat tropical et les ravageurs mènent la vie dure aux agriculteurs, qui souvent se résignent à traiter abondamment leurs cultures à l’aide de produits phytosanitaires. Heureusement, des solutions existent et c’est ce que veulent mettre en avant les intervenants au sein du centre de formation professionnelle et de promotion agricole (CFPPA) situé à Coconi.

Formation autour du maraîchage, de l’élevage, de la permaculture ou encore des modalités de conversion et de réglementation en agriculture biologique, les thèmes sont pléthores. Ce mardi 13 juillet, Clément Doche et Olivier Hebrard, salariés au sein de l’association Terre & Humanisme, basée à Lablachère en Ardèche, animent des ateliers autour de la protection des sols et de la lutte contre l’érosion. Réunis chez Toioussi, producteur à Mroalé, les agriculteurs peuvent commencer leur formation.

Première étape : récolter de la matière organique pour réaliser un paillage qui sera disposé au pied des cultures et dans les allées. De vieilles feuilles de bananiers, des écorces de cocotiers ou encore des herbes diverses feront l’affaire. “Nous allons alterner les différents types de paillages et des zones de terre que nous laisserons nues. Ainsi, nous verrons le réel impact de ce paillage sur les plants et la qualité du sol”, détaille Clément Doche. “Protéger le sol avec un paillage permet de ne pas le dévitaliser, d’économiser de l’eau et diviser par trois ou quatre l’évaporation.”

Utilisation des ressources naturelles

Second atelier du jour : la fabrication d’une baissière. Une technique de récupération des eaux de ruissellement mise en avant en permaculture, qui permet une utilisation optimale des ressources naturelles en eau. L’objectif ? Adapter cette technique à un terrain en pente afin d’éviter l’érosion de celui-ci à la saison des pluies. “Pour réaliser une baissière, nous creusons une tranchée de 30 centimètres de profondeur sur 60 centimètres de large, puis nous disposons du bois à l’intérieur. L’idée est de ne pas reboucher le fossé et laisser les sédiments le remplir à la prochaine pluie”, précise Olivier Hebrard. En associant des techniques comme celle de la baissière et des cultures comme l’ananas ou la papaye, même les terrains agricoles les plus pentus peuvent être cultivés sans risquer d’être dégradés.

Expérimentation et transmission du savoir

Les professionnels venus se former cette semaine recherchent tous de nouvelles méthodes pour vivre au mieux de leur activité sans dégrader le patrimoine naturel de leur île. Toioussi qui les accueille a également suivi diverses formations et continue à se documenter pour développer son exploitation. “Pour éviter les attaques de ravageurs, j’utilise des filets que je dispose au-dessus de mes champs. Je pratique également la rotation des cultures sur mes parcelles afin de ne pas appauvrir les sols. Je n’avais jamais disposé de paillage sur mes plants auparavant, mais je croise les doigts pour que l’expérience soit concluante. Quant aux baissières, c’est une technique qui a fait ses preuves ailleurs dans le monde et j’espère qu’elle puisse être adaptée à Mayotte. Je pourrai en faire le constat dès que la saison des pluies débutera”, affirme-t-il. Des idées innovantes apportées par les formateurs venus spécialement de métropole pour l’occasion et qui espèrent que les Mahorais présents pourront, à leur tour, former les nouvelles générations d’agriculteurs de l’île.

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