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Un défilé du 14 juillet très attendu après un an d’absence à Mayotte

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C’est entre excitation et émerveillement qu’a été célébrée la cérémonie du 14 juillet à Mayotte. Mercredi matin, une centaine d’hommes et de femmes en uniforme ont défilé sur le boulevard Mawana-Madi à Mamoudzou, sous les regards émerveillés des spectateurs et des officiels, heureux de partager ce moment après un an d’absence.

6h, le soleil se lève timidement sur le boulevard Mawana-Madi. Assises face à la mer, quelques personnes l’admirent, impatientes de découvrir la suite. Si elles sont sur les lieux à une heure si matinale un jour férié, ce n’est pas pour observer le lever du jour, mais bel et bien le défilé du 14 juillet, organisé dans la commune chef-lieu. Alors les plus déterminés veulent s’assurer d’avoir la meilleure place pour regarder les troupes défilées. Certains viennent de loin et ont dû prendre la route dès l’aube. À l’exemple de Marina, une adolescente de 16 ans, et sa famille qui sont partis de Longoni à 4h30. « Nous voulions arriver très tôt pour bien [le] voir. C’est un évènement très important pour moi parce que je rêve d’être gendarme depuis toute petite », explique la jeune fille. « Depuis lundi, elle ne me parle que de ça. Je ne pouvais pas ne pas l’emmener », ajoute son père partagé entre la fatigue et le plaisir de vivre ce moment avec son enfant.

Le public s’installe petit à petit, autour des barrières placées pour assurer une distance de sécurité. L’an dernier, le défilé n’a pas eu lieu à cause du contexte pandémique inédit, alors cette année, certaines familles n’auraient raté cela pour rien au monde. « Je viens tous les ans avec mes enfants. Alors nous attendons celui d’aujourd’hui avec beaucoup d’impatience », confie Laïla, une maman. Il y a les habitués et puis il y a les novices comme Mohamadi et ses filles. « Je suis déjà venu, mais c’est une première pour mes enfants. Généralement, elles regardent le défilé à la télévision, cette fois-ci j’ai décidé de leur faire vivre en vrai », raconte le père de famille qui vient de Chiconi.

Si beaucoup sont venus simplement pour regarder le défilé, d’autres sont motivés pour des raisons bien particulières. Dans le public se trouve une jeune femme stagiaire volontaire au RSMA. Elle est arrivée plusieurs heures avant le début du défilé, seule, car personne n’a voulu l’accompagner, mais qu’importe, Baraka devait être présente. « Je suis venue pour voir mes camarades du RSMA qui vont défiler. Malheureusement, je n’ai pas été sélectionnée pour faire partie du groupe, mais je tenais à supporter les autres », dit-elle. Le RSMA en a fait venir plus d’un puisqu’à quelques mètres de Baraka se trouve Olivier qui a fait le déplacement pour son fils. « Il est en formation au RSMA depuis un mois. Aujourd’hui, c’est l’occasion de le voir défiler pour la première fois », confie-t-il, très ému. Qu’ils soient arrivés très tôt ou un peu plus tard, les spectateurs ont assisté à un défilé du 14 juillet qui leur a certainement mis du baume au cœur et les a émerveillés.         

« Notre défilé n’a rien à envier à ce qu’il passe ailleurs »

Qu’ils soient gendarmes, sapeurs-pompiers, légionnaires, ou policiers, les femmes et les hommes en uniforme ont séduit le public et le parterre d’élus venus les acclamer. Thierry Suquet, le nouveau préfet de Mayotte, présidait pour l’occasion sa première cérémonie mahoraise. Et il remarque déjà l’implication des Mahorais. « Je me réjouis de voir autant de personnes rassemblées autour de cette fête. En dehors du défilé parisien, cela faisait longtemps que je n’avais pas vu autant de monde sur une manifestation pareille », assure le délégué du gouvernement. Ce dernier n’était pas le seul à vivre une première. Ben Issa Ousseni a également assisté au défilé du 14 juillet sous la casquette de président du Département. Il a traversé le boulevard Mawana-Madi aux côtés du locataire de la Case Rocher, du maire de Mamoudzou ou encore du président de l’association des maires. L’exécutif du conseil départemental a pleinement vécu le moment, sans jamais oublier la signification de sa présence. « C’est important pour moi d’être là en tant que président du conseil départemental afin de représenter notre département au sein de cette République qui nous est chère. Cela permet aussi de faire le constat des troupes, de ceux qui assurent la sécurité des Mahorais tous les jours », indique-t-il.

Les troupes, il y en avait par dizaine. Chaque groupe s’est pavané sous les yeux des spectateurs et tous ont exposé leurs moyens humains mais aussi militaires. Les stagiaires volontaires du RSMA qui ont défilé avec les élèves en classe préparatoire au concours d’entrée à la gendarmerie ont particulièrement étaient applaudis par le public. Est-ce dû à leur tenue militaire ? Ou peut-être à leur chant du régiment qui parle de Mayotte ? Probablement un peu des deux. La troupe du RSMA est d’ailleurs la seule à avoir défilé en chantant. Les sapeurs-pompiers n’ont pas eu de chant, mais ils ont aussi été accompagnés par les applaudissements appuyés du public. Une manière de manifester leur soutien dans un contexte mahorais où les soldats du feu se font souvent agresser.

L’apparition de toutes les forces de l’ordre, des forces armées et des agents civils, qui assurent la sécurité des Mahorais était également un moyen de rappeler les moyens attribués à Mayotte. « Souvent, on ne s’en rend pas compte dans la vie quotidienne, mais on a vu ce matin qu’il y a beaucoup de forces de sécurité pour protéger l’île et sa population », souligne le député Mansour Kamardine. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas sa fierté. « Notre défilé n’a rien à envier à ce qu’il se passe ailleurs, mis à part celui des Champs-Élysées. Le nôtre était très beau », insiste-t-il. Adepte ou pas, la cérémonie du 14 juillet à Mayotte a au moins le mérite de rassembler les élus qui ont oublié leurs divergences pour ne faire qu’un, le temps de quelques heures. Du moins en apparence.

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