Préservation de l’environnement marin : Mayotte, encore en marge du train mondial

L’Afrique de l’Est devient le reflet d’un monde qui se développe à grande vitesse et s’incère dans le mouvement global des nations du monde en cours de développement. Engagé dans un processus mondial de préservation des Océans et de l’environnement marin, la Tanzanie a accueilli ces jours dernier la Cop 12. Un événement de portée international cautionné par les Nations Unies, qui a regroupé tous les pays riverains de la l’océan Indien. Chaque délégation ayant pu rendre public les actions qu’il mène dans cet objectif.  

« Protéger les océans et préserver les moyens de substances », c’est sous ce thème que la Cop 12 s’est ouverte en milieu de semaine dernière à Dar-Es-Salam (capitale de la Tanzanie) où elle s’est tenue 3 jours durant, du 6 au 9 octobre 2026, sous l’égide des Nations Unies, dans le prestigieux centre international de conférence Julius Gnéréré (nom du père de l’indépendance de ce pays). Les différentes délégations qui qui ont participé à cette rencontre ont souligné l’absolue nécessité pour les populations des pays riverains du Canal de Mozambique (et plus généralement de tout l’Océan Indien), de continuer à tirer profit des ressources marines dans le respect des priorités mondiales en matière de conservation des Océans. Chacun des pays participants a pu présenter les différentes actions conduites sur son territoire pour s’inscrire dans les objectifs recherchés par la Convection de Nairobi qui fêtait son 40 ème anniversaire à cette occasion.

Ils ont jugé nécessaires de concilier ces actions de préventions de l’environnement avec les activités économiques afin de ne pas compromettre la durabilité des populations vivants sur les littoraux. Parmi les exemples les initiatives les plus remarquées, l’ensemble des participants aura retenu celui de l’île de Zanzibar, portant sur une fermeture temporaire de certaines zones marines qui sont ensuite réouvertes au bout d’un temps défini (3 à 5 mois). Une mesure visant à limiter la dégradation de l’environnement marin en permettant la régénérescence des ressources. Une précieuse source d’inspiration pour le parc marin de Mayotte au centre d’éternelles polémiques entre le service des Affaires Maritimes et les pêcheurs locaux. Il n’en sera probablement rien, étant donné que Mayotte a brillé par son absence lors de ce rendez-vous important des pays de la zone. En matière d’affichage, les collectivités mahoraises – comme les services de l’Etat d’ailleurs – savent y faire actuellement autant que l’hexagone.

L’essentiel n’est pas au centre des préoccupation des dirigeants mahorais

S’il y a une rencontre à laquelle Mayotte aurait dû prendre toute sa place, c’est bien à cette Cop 12 de Nairobi de 2026, et non la Commission de l’Océan Indien. En dehors de tout parti pris, il convient d’admettre que rien de significatif ne s’y fait depuis une vingtaine d’année, mais la manipulation des masses populaires bat son plein et gare au journaliste qui osera braver l’ordre établi par toute la classe dirigeante (quel que soit le bord politique auquel elle est issue). S’il n’est ni pas irradié de méchanceté et de peste verbale, il est mis est placé au pilori pour y être pestiféré d’avoir osé porter une voix dissonante dans le faux tableau idyllique vendu aux masses populaires démunies et affamées par une désastreuse gestion du cyclone Chido, des différentes crises économiques et sociales qui ont frappé l’île avant le drame climatique du 14 décembre 2024.

Gouvernements nationaux successifs comme pouvoirs locaux divers et variés tout ce beau monde abonde dans une démagogie et une surenchère politicienne, à qui mieux-mieux, chacun plus tonitruant que l’autre, dans l’espoir d’embobiner le plus grand nombre parmi le demi-million d’habitants qui occupe l’archipel de Mayotte. Aucun n’a froid aux yeux, chacun y allant sans vergogne du plus invraisemblable des mensonges politiques au plus fort des mirages en pleine zone tropicale, bien du désert d’Arabie où ce type de phénomène se produit de coutume. Et pendant que cette joyeuse croisière s’amuse sur le rivage Ouest dans le Canal de Mozambique, l’essentiel se produit de l’autre côté sur le littoral Est de ce très large corridor marin, actuellement objet de toutes les attentions de la planète. Le basculement économique de la planète y prend forme depuis une vingtaine d’années, sans qu’il ne concerne Mayotte toute proche.

Quand le minimal devient la règle dans un territoire de l’Union Européenne

Des nouvelles silicones vallées aux enjeux techniques et technologiques futuristes, développement des infrastructures de tous ordres, de l’économie au sens large du terme à la protection de l’environnement et la biodiversité, du développement touristique à l’exploitation, la transformation sur place, le conditionnement et la vente des énergies faucilles, ou encore le développement de l’agricultures, rien de tout cela ne bénéficie au pompeux Département-Région de Mayotte. Bien qu’elle ait pignon sur rue dans l’ensemble de ce bassin régional, notre île s’est donnée pour vocation de rater tous les coches de l’avenir en mouvement, dans « une incapacité honteuse » à accompagner sa féconde jeunesse vers ces enjeux du futur, son propre futur ! La vision lilliputienne (qui empêche nos décideurs à se projeter au-delà de la barrière de coraille), qu’ils soient politiques, acteurs économiques, universitaires, enseignants et administratifs ou autres, ne présage rien de bon pour l’avenir.

Elle est carrément annonciatrice d’une sinistrose à venir. Le récent mouvement de colère des lycéens en dit long sur l’inquiétude légitime de notre jeunesse face aux incertitudes multiples qui se profilent pour elle à l’horizon. D’autant plus que sur l’essentiel de ces enjeux d’avenir, l’Université de Mayotte qui devrait en être le fer de lance, fonctionne plutôt à minima lorsqu’il n’est pas tout bonnement hors-jeu. De sorte que le « pompeux Département-Région » n’est pas en mesure de relever les défis qui se présente à lui, malgré le nombre incalculable de conventions partenariales qu’il passe avec nombre de ces pays bordant ce « juteux » Canal de Mozambique actuellement si convoité par les grandes puissances du globe.

Le train du monde ne passera pas par la gare de Mamoudzou

Un confrère journaliste de métropole (jadis en exercice à Mayotte des années durant), a eu l’opportunité de couvrir cette rencontre de Dar-Es-Salam qu’il n’hésite pas à qualifier « d’un événement exceptionnel, si riche en débats, rencontres et perspectives ». Mais, à ses yeux, en se plaçant dans un contexte franco-français qui est celui de Mayotte toute proche de la Tanzanie, il confie, « je dois t’avouer qu’il me laisse aussi un sentiment profond d’inquiétude pour le 101 ème département français. Pour avoir suivi l’ensemble des débats durant ces trois jours, m’être beaucoup intéressé aux initiatives et ambitions portées par les territoires et pays de cette zone du monde, j’ai eu parfois le sentiment que Mayotte a raté le train qui vient de se mettre en marche, un train d’un monde qui se dirige vers des horizons prometteurs qui ne fera hélas pas de halte à la gare de Mamoudzou ».

Se faisant plus explicite, notre confrère, qui a transité par l’archipel (pour écrire sur la non-Refondation post-Chido) avant de rejoindre la Tanzanie via les Comores, constate, « pendant que les autres pays du Canal de Mozambique s’organisent, coopèrent, innovent et construisent leur avenir, nos compatriotes Mahorais restent à l’écart des grandes dynamiques de développement en cours chez leurs grands voisins d’Afrique de l’Est, au risque de se retrouver très rapidement et durablement marginalisés ». En raison des stigmates laissés par le cyclone Chido, il y a presque deux ans, il estime que Mayotte doit sortir de sa léthargie actuelle pour se bouger et, non seulement rattraper ses retards, mais également apprendre à anticiper, à proposer et à participer à la construction de son propre avenir.

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