Nadia Manteau, une entrepreneure au service de l’humain

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Nadia Manteau est une entrepreneure ayant créé son entreprise début 2026. Adhérente de PLAMFE Mayotte, elle souhaite intégrer le programme « Femmes et Résilience » 2027-2028 afin de bénéficier de l’accompagnement proposé par l’association, développer son activité et renforcer ses compétences entrepreneuriales.

Nadia Manteau est une entrepreneure dont l’activité est profondément tournée vers l’humain. Animée par un amour particulier pour les autres, elle accompagne les personnes dans leur recherche de réponses et les aide à avancer dans leur cheminement. Aujourd’hui, elle nous partage son parcours, son expérience et les raisons qui l’ont poussée à se lancer dans l’entrepreneuriat.

Flash info : Qui-êtes vous ?

Nadia Manteau : Alors moi, c’est Nadia Manteau. Je suis arrivée à Mayotte en 2018, j’ai travaillé pour la jeunesse, dans l’insertion plus exactement pendant six années dans un CCAS.

F.I :  Étiez-vous salariée ?

N.M : Oui, j’ai d’abord travaillé en tant que contractuelle dans la fonction publique, avant de devenir fonctionnaire. Puis, j’ai tout simplement fait un burn-out.

F.I : Est-ce que ce burn-out était lié à une charge de travail ?

N.M : Plusieurs choses se sont accumulées… En tant que femme, je pense qu’il faut jongler entre le travail, les enfants et tout le reste. Ce n’est pas que je n’en étais pas capable, c’est simplement que cet équilibre n’est pas toujours évident à trouver. Je me suis surtout sentie seule face à tout ça. Je me suis épuisée moi-même. Ce n’est la faute de personne. C’est simplement que, pendant un temps, je ne me suis pas suffisamment écoutée.

F.I : Est-ce que tous ces éléments vous ont poussée à créer votre propre entreprise ?

N.M : Alors, en fait, après mon burn-out, j’ai décidé de reprendre mes études. Je voulais faire autre chose, tout en restant dans l’accompagnement. En parallèle, j’ai également entrepris un véritable travail sur moi-même, qui m’a permis de mieux me comprendre. J’interviens aussi auprès d’organismes de formation et d’employeurs, autour de la gestion du stress. Mon objectif est d’amener chacun à trouver ses propres réponses et à avancer par lui-même, d’être autonome.

F.I : Est-ce que vous avez créé votre entreprise à la suite de vos études ?

N.M : C’est ça. Je ne trouvais plus vraiment de sens à ce que je faisais et j’avais besoin de donner un nouveau sens à ma vie. J’ai choisi de transformer ce que j’avais moi-même traversé en une force pour accompagner les autres. Cela fait maintenant près de trois ans que je me forme dans l’accompagnement humain, à travers différentes approches. Aujourd’hui, j’accompagne des femmes et des hommes qui sont à la recherche de sens ou qui se sentent bloqués dans une sphère de leur vie, qu’elle soit familiale, conjugale ou professionnelle. Mon objectif est de les accompagner à trouver leurs propres réponses et à avancer par eux-mêmes.

F.I : Donc, votre accompagnement consiste à aider les personnes à retrouver du sens dans leur vie ?

N.M : C’est plutôt les accompagner à trouver les réponses à leurs blocages, parce qu’au fond, ce sont eux qui détiennent leurs propres réponses. Le coaching et l’accompagnement amène la personne a l’autonomie, à comprendre ses propres mécanismes.  Moi, je ne suis pas là pour leur donner des réponses, mais pour les accompagner dans leur réflexion. Ces réponses peuvent parfois être enfouies ou bloquées par les injonctions reçues depuis l’enfance, ou encore la pression sociale. Mon rôle est donc de les aider à se reconnecter à eux-mêmes pour qu’ils puissent trouver leurs propres réponses.

F.I : Et concrètement, comment accompagnez-vous les personnes ? Quels outils utilisez-vous pour les aider à comprendre leurs blocages et à trouver leurs propres réponses ?

N.M : J’ai obtenu ma certification de coach, j’ai fait plusieurs stages en métropole notamment sur la Communication non violente, la PNL, la prise de parole en public. Mon cursus était vraiment complet. Je me forme actuellement sur l’approche somatique, c’est-à-dire apprendre à écouter son corps. C’est une véritable reconnexion à soi et à son corps, parce que nos réponses ne se trouvent pas uniquement dans notre tête. Le corps a aussi beaucoup de choses à nous dire.

F.I : Donc la somatique fait partie des outils que vous proposez dans vos accompagnements ?

N.M : Je vais utiliser différents outils, notamment la visualisation. Je me suis également formée en numérologie stratégique. Je travaille aussi à travers le rire, je suis animatrice en yoga du rire. Mais l’accompagnement demande également un véritable travail personnel. Par exemple, ce matin, j’ai reçu quelqu’un à qui j’ai proposé de faire chaque jour des exercices de gratitude. L’objectif est de l’amener progressivement à porter un autre regard sur elle-même et sur ce qu’elle vit.

F.I : Quel est exactement le nom de votre entreprise ?

N.M : C’est mon nom de famille suivi de « Manteauring », qui est le nom de mon entreprise. Pour moi, le mentoring, c’est l’image d’un mentor qui est dans le coin du ring et qui offre un espace pour souffler, se recentrer et repartir grâce à son expérience et à son expertise.  Tout ce que je propose dans mes accompagnements, les exercices et les outils que j’utilise, ce sont des choses que j’ai moi-même expérimentées et vécues. Je transmets donc ce que j’ai appris à travers mon propre parcours. J’interviens aussi auprès d’organismes de formation et d’employeurs, autour de la gestion du stress. Mon objectif est d’amener chacun à trouver ses propres réponses et à avancer par lui-même, d’être autonome.

F.I : Comment avez-vous connu l’association PLAMFE Mayotte ?

N.M : Je l’ai connue grâce à Chantal. C’est elle qui m’en a parlé pour la première fois. On s’était rencontrées et elle m’a proposé de prendre rendez-vous avec la Présidente pour qu’elle m’explique le fonctionnement de la PLAMFE de Mayotte. Elle m’a alors proposé de venir à l’une de leurs rencontres mensuelles. Avant de m’engager, j’ai quand même voulu me renseigner sur PLAMFE Mayotte, comprendre ce que c’était et ce que l’association proposait. J’ai fait quelques recherches et j’ai trouvé l’idée vraiment intéressante, parce que c’est exactement ce que je recherche aujourd’hui : une sonorité de femmes qui se soutiennent, s’entraide et avance ensemble pour aller plus loin.

F.I : En tant qu’adhérente, quels accompagnements bénéficiez-vous de la part de l’association ?

N.M : Pour l’instant, je n’ai pas encore bénéficié d’accompagnement, parce que mon adhésion est assez récente. J’ai adhéré au mois de mars dernier. Le programme Femmes et Résilience était bouclé quand je suis rentrée dans l’association. J’ai plusieurs projets en tête et j’aimerais justement pouvoir bénéficier de l’accompagnement de PLAMFE Mayotte pour m’aider à les concrétiser et à les faire aboutir.

F.I : Cela signifie que, puisque le programme « Femmes et Résilience » 2026-2027 se termine en juin 2027, vous envisagez de vous inscrire au programme pour l’année 2027-2028 ?

N.M : Oui, c’est ça. Mais j’ai également d’autres projets que j’aimerais mettre en place à Mayotte, et j’aimerais pouvoir bénéficier de l’appui de PLAMFE pour les concrétiser. Je pense aussi que faire partie d’une association comme celle-ci, qui a quand même une dimension internationale et qui est présente dans 17 pays, est très enrichissant. Cela permet d’aller au-delà de Mayotte, de découvrir ce qui se fait ailleurs, de bénéficier des expertises et des expériences des autres pays, et les adapter à Mayotte.

F.I : Et concrètement, comment se déroule cet accompagnement autour de l’harmonie homme-femme ?

N.M : Ces ateliers invitent chacun à mieux comprendre sa manière de vivre la relation et à découvrir celle de l’autre. Nos attentes sont souvent influencées par notre histoire familiale, notre éducation et les représentations transmises par notre entourage. Les réseaux sociaux mettent en scène des couples idéalisés, et nous finissons parfois par comparer notre histoire à une vitrine.

À travers des échanges et des exercices pratiques, nous explorons ces habitudes pour sortir des reproches, exprimer plus clairement nos besoins et écouter ceux de l’autre. L’objectif est de construire des relations plus conscientes, plus apaisées et respectueuses de chacun.

De la même manière, les hommes ne savent pas forcément comment les femmes fonctionnent. Souvent, leur vision de la femme est influencée par ce qu’ils ont entendu de leur père, de leurs oncles ou de leur entourage.

F.I : Depuis que vous avez intégré l’association PLAMFE Mayotte, est-ce que vous vous sentez davantage rassurée et moins stressée ?

N.M : Non, je n’attends pas de PLAMFE qu’elle me rassure par rapport à ça. La gestion du stress, j’ai appris à la travailler à travers les exercices que je pratique. Donc, aujourd’hui, je ne me sens pas particulièrement stressée dans mon parcours d’auto-entrepreneuse. Ce que j’attends de PLAMFE, en revanche, c’est vraiment un soutien. Par exemple, lorsque j’aurai besoin de rechercher des financements, de développer mes projets ou de les mettre concrètement en place, j’aimerais pouvoir compter sur l’association et bénéficier de son accompagnement.

F.I : Donc, si je comprends bien, votre activité est avant tout centrée sur l’humain. Vous avez d’ailleurs parlé d’un « amour très particulier » pour l’humain. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela représente pour vous et nous parler un peu de cette relation que vous avez avec les autres ?

N.M : J’ai toujours été curieuse de comprendre les autres : ce qu’ils pensent, leur manière de vivre, leur façon de voir le monde. Je suis arrivée à Mayotte avec une véritable ouverture du cœur. J’avais entendu parler de cette île dès 1984. C’était un rêve d’adolescente, et finalement, ce rêve est devenu une réalité. Et je dirais que Mayotte m’a beaucoup appris sur l’humain et surtout sur moi-même. En huit années ici, j’ai appris davantage sur les relations humaines que durant toutes les années qui ont précédé. Ce que j’ai découvert et appris à Mayotte, je le considère comme un véritable cadeau qui m’a été offert.

F.I : Donc, est-ce que c’est votre expérience à Mayotte qui a renforcé cet amour que vous avez pour l’humain ?

N.M : Oui, je pense que j’avais déjà cet amour de l’humain avant. Mais Mayotte a, quelque part, appuyé sur le bouton qui a ouvert une porte. J’ai toujours été quelqu’un de très curieux des autres, mais pas dans le sens intrusif.

Journaliste passionnée. Je consacre mon travail à éclairer les réalités locales, nourrissant ma plume d’une veille culturelle constante. Hors des écrans, je retrouve mon équilibre et ma clarté dans le rythme apaisant de la marche.

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