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L’ex-attaquant de l’OM Toifilou Maoulida hospitalisé après un incident en plein match

L’ex-attaquant de l’OM Toifilou Maoulida hospitalisé après un incident en plein match

L’ancien attaquant de l’Olympique de Marseille, Toifilou Maoulida, a été victime d’un malaise ce dimanche lors d’une rencontre opposant les U17 du FC Metz à l’US Torcy. L’incident s’est produit sur la pelouse du club francilien et a provoqué l’interruption immédiate du match.

Selon des informations rapportées par L’Équipe, l’ancien international, aujourd’hui entraîneur de l’équipe U17 du FC Metz, s’est soudainement effondré peu avant la mi-temps de la rencontre. L’incident a rapidement mobilisé les encadrants et les secours présents autour du terrain, alors que la situation suscitait une vive inquiétude parmi les joueurs et le staff.

La rencontre a été suspendue le temps de prendre en charge l’entraîneur. Après l’intervention des secours, l’ancien footballeur professionnel a été évacué vers un établissement hospitalier afin d’y subir des examens médicaux et d’évaluer précisément son état de santé. Les premiers éléments disponibles indiquent que le malaise ne serait pas lié à un problème cardiaque, mais des vérifications médicales ont été jugées nécessaires.

Âgé de 46 ans, Toifilou Maoulida s’est reconverti dans l’encadrement sportif après avoir mis un terme à sa carrière professionnelle en 2018. Né le 8 juin 1979 à Kani-Kéli, il a grandi à Marseille où sa famille s’était installée pour des raisons professionnelles. Attaquant combatif et reconnu pour son parcours dans plusieurs clubs français, il a notamment évolué sous les couleurs de l’AS Monaco, de l’Olympique de Marseille et du RC Lens au cours de sa carrière.

Depuis sa retraite sportive, il s’est engagé dans la formation des jeunes joueurs, intégrant les rangs du FC Metz pour transmettre son expérience aux nouvelles générations. L’incident survenu ce week-end a donc suscité une vive émotion dans le monde du football et parmi les clubs concernés.

Au moment de son évacuation vers l’hôpital, l’ancien attaquant était conscient, et aucune information supplémentaire n’a été communiquée dans l’immédiat sur l’évolution de son état de santé.

Des jeunes de Mayotte mettent en lumière les femmes de l’île

Des jeunes de Mayotte mettent en lumière les femmes de l’île

La Maison Des Adolescents de Mayotte (M.D.A) organise le 25 mars 2026 à Cavani, Mamoudzou, une matinée dédiée aux droits des femmes, avec la diffusion d’un reportage suivie d’un temps d’échanges.

Depuis plusieurs semaines, un groupe de jeunes accompagné par la M.D.A travaille sur un projet visant à valoriser les parcours de femmes mahoraises. Ces jeunes ont réalisé eux-mêmes des interviews filmées pour donner la parole à ces femmes et mettre en lumière leurs engagements, leurs expériences et les défis qu’elles ont relevés.

Cette rencontre sera l’occasion de découvrir le travail des jeunes et de participer à un débat autour des droits des femmes, une thématique importante pour la société mahoraise. Les organisateurs insistent sur le fait que la présence du public constituera une véritable reconnaissance pour ces jeunes fortement investis dans le projet.

La matinée se déroulera au 8 rue Soweto, Cavani – Mamoudzou le mercredi 25 mars 2026. Plus d’informations sont disponibles sur l’affiche de l’événement.

Le Bagad de Lann-Bihoué donnera des concerts à Mayotte pendant le passage du Dixmude

Le Bagad de Lann-Bihoué donnera des concerts à Mayotte pendant le passage du Dixmude

À l’occasion de l’escale du navire Dixmude à Mayotte, le Bagad de Lann-Bihoué, célèbre groupe de musique bretonne, donnera plusieurs concerts ouverts à tous. Les habitants pourront écouter leurs musiques traditionnelles à différents endroits et même pendant les traversées entre les îles.

Le premier concert aura lieu à Mamoudzou, sur la Place du Comité du Tourisme, de 9h45 à 10h20, puis à Dzaoudzi, Place de France, de 10h45 à 11h20.

Le Bagad se produira également à bord de la barge du Dixmude lors des traversées entre Grande-Terre et Petite-Terre : de 9h30 à 9h45 dans le sens Petite-Terre vers Grande-Terre, et de 10h30 à 10h45 dans le sens inverse.

C’est une occasion rare de découvrir la musique bretonne en direct et de profiter d’un moment musical unique pendant le passage du Dixmude à Mayotte.

Un premier tour riche d’enseignements avant les grandes tractations

Un premier tour riche d’enseignements avant les grandes tractations

Les heureux rescapés du premier tour ont à peine 48 heures (depuis hier matin, lundi) pour négocier des alliances profitables en vue du deuxième tour dans quinze jours ou renforcer leurs postures défensives face à leurs challengers. Les jours à venir ne seront guère de tout repos pour les candidats restés en lice. Les situations qui se présentent dans certaines localités pourraient basculer au détriment de quelques-uns ayant pourtant engrangé un nombre élevé de voix.

Il en ressort quantité d’enseignements à retenir, à analyser et à observer dans la perspective du second tour qui s’annonce très chaud.

L’honneur est sauf pour la démocratie. Après une grosse frayeur à la mi-journée (17,6 %), le taux de fréquentation des bureaux de vote a connu, dimanche 15 mars 2026, un extraordinaire sursaut : un engouement de dernière minute en fin d’après-midi qui a été salutaire pour Mayotte, reconnue dans la nation pour sa participation significative à chaque scrutin.

Après la fermeture des bureaux de vote en début de soirée, un taux de participation honorable de 58,20 % a été enregistré, sous réserve de sa validation définitive par le ministère de l’Intérieur à Paris. Quelques localités ont surpris par les chiffres obtenus dans ce domaine, avec des taux allant de 60 à 80 % à la clôture des opérations de vote.

Ce premier tour des municipales est empreint de nombreuses observations et d’enseignements sur les désirs et les attentes des électeurs mahorais — qui ont très sensiblement rajeuni — ainsi que sur la nouvelle trajectoire à donner aux politiques publiques dans les 17 communes de l’île.

Le sentiment, très présent en début d’année, d’une volonté de  » dégagisme  » chez une majorité d’électeurs s’est finalement exprimé de manière disparate selon les endroits, et non sur l’ensemble du territoire. Il en va de même pour un grand nombre de maires sortants qui ont réussi à très bien se positionner pour le deuxième tour de ces élections dans quinze jours.

C’est indéniablement l’une des grosses surprises de cette journée du dimanche 15 mars 2026. En effet, un premier baromètre ne laissait penser à un tel scénario que pour les communes de Bandrélé, Chiconi, Mamoudzou et Sada. Au final, il en a été de même dans d’autres localités : M’tsangamouji, Dzaoudzi-Labattoir et d’autres encore.

Autre élément remarquable : le retour en force d’anciens maires, momentanément renvoyés à une retraite politique anticipée lors du scrutin de 2020. Ce fut le cas à Acoua avec Darouèche, à Koungou avec Saïd Ahamadi (Raos) et à Chirongui avec Ibrahima Hanima (dite Roukia Lahadji). Cette recette n’a hélas pas réussi à tous les  » dinosaures « .

La semaine qui démarre nous permettra d’aborder, au cas par cas, la situation de chacune de ces communes afin de comprendre les raisons ayant conduit à ces percées plus ou moins inattendues pour le public.

Une configuration propice à de nouvelles majorités macédoines, sans doute de courte durée

Une chose est sûre : les maires sortants qui ont pu se prévaloir d’une action concrète durant leur mandature ne sont pas à plaindre des résultats qu’ils ont obtenus à l’issue de ce premier tour.

Reste à savoir s’ils survivront tous aux diverses tractations de ces deux derniers jours (la date limite ayant été fixée à ce mardi 17 mars 2026) en vue de ralliements en faveur des uns ou des autres de leurs challengers.

Les incertitudes restent nombreuses au regard du nombre de communes hyperconvoitées par des candidats estampillés LR, MDM ou affiliés. En effet, dans ce cas de figure, Mayotte n’a rien à envier à la métropole : le deuxième tour des municipales risque de se dérouler à couteaux tirés, en particulier à Acoua, Bouéni, Sada, Dembéni, Dzaoudzi-Labattoir, Pamandzi, etc.

Autant peut-il préfigurer de probables alliances de circonstance — quitte à ce qu’elles éclatent avant la fin de la mandature, comme cela s’est vu lors des mandatures qui s’achèvent — autant peut-il voir se concrétiser un jusqu’au-boutisme de la part de certains candidats dans des triangulaires inefficaces pour les occupants des troisièmes positions.

Que dire alors des luttes fratricides qui caractérisent les formations traditionnelles de l’île (à l’exception des LR qui ont su très rapidement éteindre le feu en faisant taire, cette fois-ci, les divisions internes avant qu’elles n’atteignent un point de non-retour) et des groupements politiques hétéroclites et opportunistes qui avaient donné assise, dans le passé, à des majorités macédoines ?

Derniers éléments — et non des moindres — à retenir de ce premier tour des municipales cette année : les ententes de raison entre membres de mêmes majorités sortantes arrivés au coude à coude, ainsi que la prise en compte du vote des jeunes par les futures municipalités.

Il faut également rappeler que l’argent, nerf de la guerre dans toute mise en place d’un programme, manque cruellement à Mayotte (comme en France métropolitaine) en cette fin de l’ère Emmanuel Macron.

Les LR voient leur position sur l’échiquier politique local renforcée à l’issue de ce premier tour

Le risque d’une gouvernance difficile n’est pas à exclure dans les communes concernées et dans les intercommunalités. On se souvient notamment du cas de la communauté de communes de Petite-Terre, à travers le duel entre Madi Madi Souf et Saïd Omar Oili, avant que la situation ne soit un temps transférée à Archadi Abassi.

Une telle situation peut s’avérer très préjudiciable à toutes les parties concernées et, par extension, aux communes membres et à leurs administrés.

Du côté des jeunes, ils ont cherché à peser autant qu’ils le pouvaient sur les résultats de ce premier tour, et il en sera probablement de même dans quinze jours lors du second tour, car ils veulent se faire entendre dans les différents rouages du pouvoir dans l’île.

Ils exigent des politiques publiques qui les prennent en compte et commencent à réaliser le poids que pourrait représenter leur vote dans les scrutins à venir. Ils veulent que leurs élus tiennent les promesses faites avant les élections et ils seront sans état d’âme pour sanctionner, le moment venu, tous ceux qui les auront bernés.
Avis donc à tous les concernés.

Enfin, pour être tout à fait complet sur les prévisions des observateurs concernant ce premier tour, il convient de retenir la qualification des LR comme formation politique dominante à Mayotte. Ils sortent très renforcés de ce scrutin avec un grand nombre de communes où leurs candidats sont mieux placés que leurs adversaires.

Une prouesse à mettre sur le compte d’une bonne préparation, mais également d’un leadership qui fait défaut au MDM, au MODEM et à NEMA, englués dans des luttes intestines où chacun veut devenir calife à la place du chef actuel.

Pas sûr que Mayotte sorte gagnante de ce fracas qui ne laisse plus de place aux projets collectifs de société et de cités à construire ou à remettre sur les rails afin d’effacer les stigmates du cyclone Chido.

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Les sortants, rois du premier tour à Mayotte

Les sortants, rois du premier tour à Mayotte
À Mayotte, le corps électoral compte un peu plus de 98 000 électeurs inscrits pour une population estimée à près de 329 000 habitants. Un écart qui s’explique notamment par la jeunesse de la population et la proportion d’étrangers ne disposant pas du droit de vote.

Le premier tour des élections municipales s’est tenu dimanche sur l’île de Mayotte. Plusieurs maires sortants arrivent en tête, tandis que trois candidats LR sont élus dès ce premier scrutin. Le second tour se tiendra le 22 mars dans les bureaux de vote pour départager les candidats encore en lice.

Ce week-end s’est tenu le premier tour des élections municipales à Mayotte. Un scrutin particulier puisque les mandats municipaux qui en découleront dureront exceptionnellement sept ans. Cette prolongation vise à éviter un chevauchement avec l’élection présidentielle prévue en 2032.

Parmi les treize maires sortants qui se sont représentés devant les électeurs, une large majorité arrive en tête à l’issue de ce premier tour. À Tsingoni, Hamada Issilamou obtient 31,36 % des voix. À Dzaoudzi-Labattoir, Mikidache Houmadi recueille 36,48 % des suffrages exprimés. À Mtsamboro, Laïthidine Ben Saïd arrive en tête avec 26,39 %.

Même situation à Sada, où Houssamoudine Abdallah totalise 41,32 % des voix, ainsi qu’à Dembéni, où M’Moudjibou Saïdi obtient 32,29 %. À Bandrélé, Ali Moussa Moussa Ben arrive en tête avec 41,45 %, tandis qu’à Ouangani, Youssouf Ambi recueille 40,47 % des suffrages.

Ces résultats traduisent cependant des réalités contrastées selon les communes, plusieurs candidats restant en situation de ballottage dans des configurations parfois serrées.

Dès ce premier tour, trois candidats ont toutefois réussi à obtenir la majorité absolue, évitant ainsi un second tour. Tous sont issus de la formation politique Les Républicains : Saïd Maanrifa Ibrahima à Mtsangamouji, Madi Ousseni Mohamadi à Chiconi et Ambdilwahedou Soumaïla à Mamoudzou, chef-lieu du département.

Leur victoire dès le premier tour leur confère un avantage important au sein de leurs conseils municipaux respectifs. Avec une majorité claire, ils pourront plus facilement constituer leur équipe municipale et engager rapidement leurs premières décisions.

Dans certaines communes, d’anciens maires pourraient également faire leur retour. À Acoua et à Koungou, Ahmed Daroueche et « Raos » arrivent en tête avec une majorité relative, laissant entrevoir une possible alternance lors du second tour.

Pour les autres communes, rien n’est encore joué. Si certains candidats disposent d’une avance confortable, plusieurs villes se dirigent vers des seconds tours serrés, parfois dans des configurations de triangulaire, voire avec davantage de listes encore en lice. Les Mahorais seront donc de nouveau appelés aux urnes le 22 mars prochain pour élire leurs futurs maires.

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À Mayotte, des situations dramatiques que l’on aurait pu anticiper

À Mayotte, des situations dramatiques que l’on aurait pu anticiper
Des tonnes d’eau et des torrents de boue ont inondé les rues de Kawéni durant le week-end de la première semaine de mars, ravivant chez certaines personnes le traumatisme du cyclone Chido en décembre 2024.

Des désastres à répétition causés par les eaux de pluie auraient pourtant pu être évités, selon des bureaux d’études mahorais. Malgré une actualité fortement marquée par les élections municipales en cours, les dégâts provoqués par les pluies diluviennes de ces derniers jours ne manquent pas de préoccuper certains acteurs locaux et les usagers. Les torrents de boue qui se sont déversés sur les routes de Kawéni, de Koungou et d’autres localités ont une cause commune : ils sont liés aux actions humaines et non pas seulement à des phénomènes naturels incontrôlables.

Outre le cas exceptionnel du cyclone Chido en décembre 2024, les pluies de mousson, redevenues régulières et durables ces dernières années, rebattent les cartes de l’aménagement du territoire à Mayotte. Cette situation n’est pas sans risques pour la population, notamment celle installée dans des zones à risque, mais aussi pour les élus locaux au regard de leurs responsabilités civiles et juridiques.

Pas plus tard que la fin de la semaine précédente — il y a une dizaine de jours —, les images d’eaux de pluie dévalant les pentes des collines entourant la zone industrielle de Kawéni, ainsi que dans d’autres localités du département, diffusées sur les réseaux sociaux, ont provoqué une grande inquiétude au sein de la diaspora mahoraise en métropole et dans les Outre-mer. Nombreux sont ceux qui ont craint pour la vie de leurs proches restés sur le territoire, se remémorant les heures les plus sombres du cyclone Chido.

« Mais qu’est-ce qui se passe là-bas, au pays ? Est-ce à nouveau un cyclone qui a sévi ? Donnez-nous des informations, s’il vous plaît. Y a-t-il des morts ? » Ces interrogations ont été récurrentes tout au long de la semaine dernière, surprenant certains de nos concitoyens qui ignoraient encore l’ampleur des dégâts causés par les eaux de pluie et les tonnes de boue ayant envahi les routes nationales, départementales ou communales de Grande-Terre.

Passé le premier choc provoqué par ces images spectaculaires et apocalyptiques, beaucoup ont pu constater la situation par eux-mêmes en se rendant sur place. Kawéni, haut lieu du commerce dans la commune chef-lieu, a été particulièrement fréquenté, notamment en cette période de fin de Ramadan, de foires commerciales et de soldes précédant l’Aïd el-Fitr.

En ces lieux comme ailleurs, des questions se posent avec insistance : à quel niveau le système a-t-il failli ? Comment n’a-t-on pas été en mesure d’anticiper une telle situation ? Les bureaux d’études sont aujourd’hui dans la ligne de mire de certaines populations locales, car ils sont censés éclairer les responsables politiques et administratifs à l’origine de la commande de certains ouvrages hydrauliques.

« Ce qu’on appelle communément des caniveaux à Mayotte sont avant tout des ouvrages maçonnés. Par conséquent, l’eau ne peut y entrer que s’il n’y a que de l’eau. Pour que cela fonctionne correctement, des ouvrages de tête doivent être construits en amont afin de filtrer cette eau. Or ces dispositifs sont presque inexistants sur le territoire aujourd’hui », explique un responsable d’un bureau d’études installé sur place depuis plusieurs décennies.

Il souligne également une autre problématique : la demande récurrente des élus locaux, souvent justifiée par des raisons de sécurité des usagers, d’installer des caniveaux fermés.

Un service minimum dans les études techniques

Dans une telle configuration, on construit normalement des avaloirs pour permettre à l’eau de pénétrer dans ces caniveaux. Or, selon lui, ces dispositifs sont inexistants ou très peu nombreux, et lorsqu’ils existent, ils sont souvent sous-dimensionnés.

Le dimensionnement des ouvrages hydrauliques détermine pourtant la vitesse d’écoulement des eaux en amont. Celle-ci peut être régulée, notamment grâce à la plantation d’arbres. Mais à Kawéni, ces derniers ont souvent été remplacés par des « bangas » sauvages en tôle ondulée, ce qui accélère les eaux de ruissellement et favorise les inondations dans les zones environnantes.

Un phénomène qui tend à s’aggraver d’année en année sur l’île, en raison d’une priorisation des coûts les plus faibles par les commanditaires des ouvrages.

« Les bureaux d’études locaux, qui connaissent bien le terrain, ont pratiquement tous fermé. On leur préfère désormais des établissements installés hors du territoire, qui méconnaissent les réalités locales. Depuis environ huit ans, ils sont privilégiés au motif qu’ils produisent des rapports bien rédigés et facilement compréhensibles pour les élus. Mais, dans les faits, ils s’avèrent souvent défaillants dans les calculs. Ils se contentent parfois d’utiliser Google au lieu de se rendre régulièrement sur place, et livrent des calculs erronés faute de connaître la qualité des sols », poursuit-il.

Selon ce professionnel, la pratique consistant à livrer des pré-études et des avant-projets sommaires (APS) reposant sur des données approximatives serait désormais courante chez plusieurs bureaux d’études intervenant à Mayotte depuis l’extérieur, y compris parmi les plus connus.

« Pour réaliser des économies, ils effectuent le strict minimum et demandent ensuite aux grandes entreprises locales, qui disposent d’ingénieurs en leur sein, de compléter ces études. Mais celles-ci sous-estiment souvent les ouvrages nécessaires. Dès lors, il n’est pas étonnant que certaines entreprises voient leur chiffre d’affaires doubler, alors même que nous traversons une période de crise », ajoute-t-il.

Autre circonstance aggravante pour Mayotte : la tendance des collectivités locales à multiplier les études, parfois en en commandant de nouvelles alors que des études similaires existent déjà dans leurs archives.

Dans le cas précis de la zone industrielle de Kawéni, il dénonce un changement de configuration tous les dix ans à l’initiative des administrations.

« Il y a une trentaine d’années, d’excellents ingénieurs de la DEAL avaient déterminé, après des études approfondies, que cette zone devait rester agricole. Ils avaient installé des barrières permettant aux eaux de s’infiltrer dans les sols afin d’alimenter les nappes phréatiques. Mais lorsque ces barrières cèdent, l’écoulement des eaux de pluie n’est plus maîtrisé : elles prennent rapidement de la force et se déversent sur les routes », conclut-il.

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Une journée pour valoriser le doctorat à Mayotte

Une journée pour valoriser le doctorat à Mayotte
la Journée européenne du doctorat est prévue le 13 mai 2026 au Technopole de Dembéni, elle vise à valoriser les doctorants du territoire.

À l’occasion de la Journée européenne du doctorat, qui se tiendra le 13 mai 2026, l’académie de Mayotte organise une journée consacrée à la valorisation du doctorat et à la présentation des travaux menés par les doctorants du territoire. L’événement se déroulera au Technopole de Dembéni et rassemblera doctorantes, doctorants, enseignants-chercheurs, étudiants et partenaires institutionnels autour de la recherche scientifique.

Alors que le doctorat représente le plus haut niveau de diplôme universitaire, il reste encore largement méconnu du grand public. À travers cette initiative, l’académie de Mayotte souhaite mettre en lumière les parcours doctoraux et révéler la richesse des travaux de recherche menés sur le territoire. « En France, le diplôme de doctorat est encore trop peu reconnu. C’est un titre honorifique qui reste parfois peu valorisé alors qu’il représente un niveau d’expertise très élevé », explique Fahoullia Mohamadi, du rectorat de Mayotte.

Si cette reconnaissance reste parfois limitée au niveau national, la situation est encore plus marquée à Mayotte. Dans l’imaginaire collectif, le titre de docteur est souvent associé uniquement à la médecine, ce qui rend invisibles de nombreuses disciplines scientifiques.

À travers cette journée, le rectorat souhaite justement montrer que la recherche académique joue un rôle important dans le développement du territoire. « On a souhaité valoriser la participation pour montrer la recherche académique et son rôle dans le développement des sociétés », poursuit-elle.

Mettre en lumière la diversité des disciplines

L’événement permettra également de mettre en avant la diversité des domaines de recherche présents sur le territoire. Des doctorants travaillent aujourd’hui dans des disciplines variées comme la biologie, le droit, la chimie ou encore les sciences humaines.

« Ces disciplines existent à Mayotte mais elles sont rarement regroupées. Le but de cette journée est justement de réunir les doctorants, les docteurs et les chercheurs afin de créer une dynamique commune », précise Fahoullia Mohamadi.

Les doctorants auront la possibilité de présenter leurs travaux sous différentes formes, comme des présentations de recherche, des posters scientifiques, des articles de vulgarisation ou encore des témoignages sur leur parcours doctoral. « L’idée est de créer un moment de rencontre et d’échange, mais aussi de favoriser des synergies entre chercheurs afin de pouvoir répondre à des appels à projets et développer la recherche et l’innovation sur le territoire », explique-t-elle.

Lavie Maturafi, ambassadrice du doctorat pour Mayotte

Cette première édition s’inscrit également dans une dynamique plus large de promotion du doctorat à Mayotte. Dans ce cadre, la rectrice de Mayotte, Valérie Debuchy, a choisi de nommer Lavie Maturafi comme ambassadrice du doctorat pour le territoire.

« Son profil coche plusieurs cases. C’est une chercheuse, une docteure mahoraise, engagée dans les sciences humaines et qui représente très bien Mayotte », souligne Fahoullia Mohamadi.

Docteure en sciences du langage et actuellement postdoctorante à l’Université de Mayotte, Lavie Maturafi est spécialiste du plurilinguisme et des langues mahoraises. Ses travaux portent notamment sur les questions de communication et d’échanges entre les langues parlées sur le territoire.

Pendant trois ans, elle accompagnera les actions de valorisation du doctorat au niveau local et national. Elle participera notamment à des événements scientifiques et contribuera à renforcer les liens entre l’enseignement supérieur, la recherche et les acteurs socio-économiques.

Un appel aux doctorants de Mayotte

À travers cette journée, l’académie de Mayotte souhaite aussi mobiliser l’ensemble des doctorants du territoire. Tous sont invités à participer à cet événement et à venir présenter leurs travaux. « Tous les doctorants de Mayotte sont invités à nous contacter pour participer à cette journée et partager leurs recherches », précise Fahoullia Mohamadi. Les doctorants intéressés peuvent prendre contact avec le rectorat afin de proposer une présentation, un poster scientifique ou un témoignage sur leur parcours doctoral. « L’objectif est vraiment de faire connaître les recherches menées à Mayotte et de montrer que le territoire possède de nombreux talents scientifiques », conclut-elle.

Pour toute demande d’informations ou pour participer à l’événement, les doctorants peuvent contacter Fahoullia Mohamadi à l’adresse suivante : fahoullia.mohamadi@ac-mayotte.fr.

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Comores : un entrepreneur chinois attaqué en justice pour usage de mines dans sa carrière

Comores : un entrepreneur chinois attaqué en justice pour usage de mines dans sa carrière

La société de concassage Chine-Comores, dont le patron chinois détient aussi l’entreprise SGO qui fabrique la célèbre cigarette Cœlacanthe, est visée par une plainte pour, entre autres, mise en danger délibérée d’autrui après l’explosion de mines.

Discret patron de l’entreprise qui fabrique les cigarettes Cœlacanthe, l’homme d’affaires chinois Yu Bo fait l’objet d’une plainte déposée la semaine dernière au parquet de la République de Moroni par Mahamoud Ali Mohamed, qui gère la société CBE. Cet entrepreneur connu dans le secteur des BTP accuse M. Yu Bo, qui détient une société de concassage, d’avoir fait exploser illégalement des mines le mercredi 4 mars 2026.

Selon le patron de CBE, la plainte comporte trois chefs d’accusation : mise en danger délibérée d’autrui, détention et usage illégaux de substances explosives, complicité par abstention et abandon de responsabilité sécuritaire.

Il faut savoir que les deux entrepreneurs détiennent des carrières situées dans la même zone, avant l’entrée de l’aéroport international Moroni-Prince Saïd Ibrahim. Ils sont donc des concurrents directs.

« On a frôlé le pire ce jour-là. J’étais au bureau à Moroni quand mes employés m’ont appelé, essoufflés, pour m’annoncer qu’il y avait eu une explosion. J’ai tout de suite appelé un huissier, qui s’est dépêché sur place pour tout constater. Je me suis présenté au parquet pour déposer plainte car un de mes employés aurait pu être blessé », a expliqué la semaine dernière, dans une vidéo, Mahamoud Ali Mohamed.

À l’en croire, les agents de la Société de concassage Chine-Comores (SCCC) auraient fait usage de dynamite pour faire exploser des rochers, provoquant l’envoi de projectiles, notamment un caillou d’environ 1 kg, vers les bureaux de CBE, son voisin.

« Ils le font souvent, certes, mais aujourd’hui je ne pouvais pas rester sans agir. Si un client ou un de mes employés avait été blessé sur place, j’aurais été le premier responsable. L’explosion a fait trembler mes locaux et ceux qui s’y trouvaient ont été terrorisés, au point de croire être assis sous une bombe », a poursuivi Mahamoud Ali Mohamed, qui estime que les rochers projetés ont parcouru plus de 200 mètres.

Superpower 90

Le gérant de CBE se demande si cet entrepreneur étranger a obtenu ou non les autorisations nécessaires pour utiliser des engins aussi dangereux. Selon des photos récupérées par son huissier, il s’agirait d’une mine portant le nom de Superpower 90.

Il s’agit d’un produit explosif à usage industriel utilisé pour le minage. Classé comme explosif à danger d’explosion en masse, ce type de mine est fabriqué par Solar Nitrochemicals Limited, une entreprise basée en Tanzanie.

« De tels explosifs doivent être gardés par l’armée et, en cas d’usage, la Défense est censée y veiller. Imaginez si une personne, un politicien comme moi, avait en sa possession des mines : j’aurais certainement été arrêté. C’est pour cela que l’enquête doit révéler qui a accordé les autorisations à cet entrepreneur, s’il en a reçu », plaide Mahamoud Ali Mohamed.

Il affirme qu’au niveau de la Grande Comore, seule la SCCC disposerait de ce type d’engins. C’est d’ailleurs pour cette raison que les responsables de l’entreprise ont réagi hier, lundi, depuis leurs locaux, en présence de l’avocat Mohamed Abderemane Hilali.

Ce dernier a d’abord assuré que son client détient les autorisations nécessaires pour utiliser des mines dans sa carrière.

« J’accompagne mon client depuis 2023 et il a toujours respecté les lois du pays. Pour les explosifs, il prend toujours les mesures de sécurité. Il informe également ses voisins avant de procéder aux dynamitages », assure l’avocat Mohamed Abderemane Hilali, aux côtés du directeur exécutif de la Société de concassage Chine-Comores.

État-major

D’après le conseil de l’homme d’affaires Yu Bo, l’entreprise ne conserve pas les mines. Celles-ci sont mises à la disposition de l’État-major, qui a son mot à dire.

« En cas de besoin, une demande leur est adressée. Le stockage se fait là-bas et toutes les conditions de sécurité sont appliquées. Côté impact environnemental, le Bureau géologique des Comores est toujours sollicité », indique la SCCC.

Ses techniciens, à propos de l’incident du 4 mars, affirment que les locaux de CBE n’auraient pas pu être touchés par des projectiles.

« Nous procédons d’abord au forage du rocher. Le centre de dynamitage se trouve à 387 mètres de la maison la plus proche de l’usine de sable et de gravier CBE. Le rayon de dynamitage est de 100 mètres. La distance de sécurité est donc de 287 mètres. Cela signifie que l’endroit où les petites pierres issues du dynamitage sont tombées se situe à 287 mètres de la maison de CBE », a expliqué un des techniciens.

Reprise depuis 2023, la carrière de Handuli a bénéficié d’un investissement de près de 2 milliards de francs comoriens, soit environ 4 millions d’euros.

L’entreprise de Yu Bo emploie aujourd’hui 110 agents, dont 50 nouvellement recrutés, selon une déclaration transmise aux médias lors de la conférence de presse d’hier.

Homme d’affaires discret mais puissant, le Chinois Yu Bo n’est pas inconnu du public. Avant de se lancer dans le concassage, il s’est fait connaître grâce à sa société SGO, qui fabrique les cigarettes de marque Cœlacanthe, très consommées aux Comores en raison notamment de leur prix accessible.

Présent aux Comores depuis plus de 20 ans, M. Yu Bo s’est ensuite lancé dans la construction. Il a été engagé par le gouvernement pour construire un hôtel cinq étoiles du groupe Sofitel, au sud de Moroni, près de l’Alliance française.

Ce projet fait partie des infrastructures prévues pour les Jeux des îles de l’océan Indien de 2027.

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Pont de Tsoundzou : un homme armé d’une machette blessé par le tir d’un policier après une tentative d’agression

Pont de Tsoundzou : un homme armé d’une machette blessé par le tir d’un policier après une tentative d’agression

Une intervention policière tendue s’est déroulée aux premières heures de la matinée vendredi 13 mars au niveau du pont de Tsoundzou. Un homme d’une vingtaine d’années, armé d’une machette et soupçonné d’avoir tenté d’agresser un automobiliste, a été blessé par un tir de policier. Touché à la jambe, il a rapidement été pris en charge par les secours et transporté à l’hôpital. Les autorités judiciaires ont annoncé l’ouverture de deux enquêtes distinctes afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cet incident.

Selon les premiers éléments recueillis, les faits se sont produits vers 5 heures du matin. Un automobiliste circulant sur cet axe aurait été pris pour cible par un individu muni d’une machette. Face à la menace, les forces de l’ordre sont intervenues. Au cours de l’intervention, un policier a fait usage de son arme de service, atteignant l’homme à la jambe gauche.

Blessé mais conscient, le suspect a été rapidement pris en charge par les équipes du SMUR dépêchées sur place. Après les premiers soins, il a été évacué vers le CHM afin d’y recevoir les traitements nécessaires. Son pronostic vital ne serait pas engagé à ce stade.

Le parquet a confirmé dans la matinée l’ouverture de deux enquêtes. La première vise à déterminer précisément les circonstances dans lesquelles l’homme armé aurait tenté d’agresser l’automobiliste. La seconde enquête porte sur les conditions dans lesquelles le policier a fait usage de son arme de service, une procédure systématique dans ce type de situation impliquant un tir policier. Par ailleurs, plusieurs personnes ont signalé avoir entendu une forte détonation aux alentours de 5 heures du matin dans le secteur du pont de Tsoundzou.

Les enquêteurs cherchent désormais à recueillir un maximum d’éléments pour établir avec précision le déroulement des faits. Le parquet indique qu’un appel à témoins pourrait être lancé prochainement afin d’identifier d’éventuelles personnes ayant assisté à la scène ou circulé dans la zone au moment de l’incident.

La police appelle également toutes les personnes qui auraient été victimes d’agressions ou de tentatives d’agression impliquant cet individu à se manifester et à déposer plainte auprès du commissariat afin d’aider les enquêteurs dans leurs investigations.

Logement : l’État ajuste les aides pour rénover l’habitat dans les outre-mer

Logement : l’État ajuste les aides pour rénover l’habitat dans les outre-mer

Le gouvernement a adopté, le 24 février 2026, un arrêté modifiant les règles d’attribution des aides de l’État destinées à l’amélioration et à l’acquisition-amélioration de l’habitat à vocation sociale dans plusieurs territoires ultramarins, dont Mayotte. Ces aides concernent principalement les propriétaires occupants modestes souhaitant rénover leur logement ou acquérir un bien à réhabiliter.

Le texte révise l’arrêté du 27 avril 2023 afin d’harmoniser certains paramètres des aides publiques et de rapprocher ces dispositifs de ceux appliqués en métropole par l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Cette évolution vise à renforcer la lutte contre l’habitat dégradé. À Mayotte, où les besoins en logements décents restent importants, ces ajustements pourraient faciliter la rénovation du parc existant et améliorer les conditions de logement des ménages modestes.

Les tractations ont déjà commencé pour le deuxième tour des municipales à Mayotte

Les tractations ont déjà commencé pour le deuxième tour des municipales à Mayotte

Malgré un taux de participation qui tranche avec le scrutin de 2020, le premier tour des municipales de 2026 a vu des milliers de Mahoraises et de Mahorais se déplacer dans les bureaux de vote hier, dimanche 15 mars 2026. Près de 109 000 électeurs étaient attendus dans l’ensemble des 17 communes de l’île. La multiplication des candidatures dans plusieurs communes aura été déterminante pour la réussite de certaines listes et la défaite immédiate d’autres. Les tractations pour le second tour ont d’ores et déjà débuté avant même la proclamation officielle des résultats.

 » Nous sommes là maintenant. Il faut nous faire de la place et nous permettre de rendre à Mayotte ce qu’elle nous a offert dans le passé : des études en métropole et à La Réunion. Dieu merci, nous sommes revenus avec du bagage intellectuel, du savoir-faire et de l’expérience à mettre au profit de toute la population. Inchallah, j’espère que de nombreuses listes constituées par des jeunes réussiront à passer ce soir le cap du second tour « , annonce avec une certaine assurance Dahalane Idaroussi Abdillah, qui soutient activement l’une des 11 listes qui se disputent la succession de Madi Madi Souf à la mairie de Pamandzi.

Le jour est en effet arrivé. Le premier tour des élections municipales 2026 s’est déroulé hier, dimanche 15 mars, dans un calme général sur l’ensemble du territoire. Hormis quelques petites imperfections techniques ici et là, dans deux ou trois communes, le scrutin a démarré à l’heure.

Le taux d’affluence des électeurs dans les bureaux de vote est la première leçon à retenir de ce scrutin. Il constitue un indicateur important de l’attrait du public pour ce rendez-vous citoyen, qui représente l’expression première de la démocratie participative. Il se mesure à deux moments : à la mi-journée, qui donne les premières tendances, et en fin de journée, au-delà de 17 heures, juste avant la fermeture officielle des bureaux de vote.

Pour cette année, la préfecture de Mayotte indiquait officiellement un taux de participation de 17,6 % à midi, contre 24,9 % à la même heure il y a six ans lors des élections de 2020. Mais il ne s’agissait alors que d’une tendance appelée à évoluer dans le courant de l’après-midi.

Sur l’ensemble des 17 communes de l’île, près de 109 000 électeurs étaient attendus dans les isoloirs pour choisir un maire à la tête de chacune d’elles.

 » D’habitude, les élections municipales passionnent énormément de gens à Mayotte. Il y a des pays dans notre voisinage proche où exercer son droit de vote est très problématique. Alors nous n’allons pas bouder ce plaisir ici, en territoire français. Nous allons exercer ce privilège que nous accorde la loi « , fait valoir Hassanati Abdoulhamid Kassim, une électrice de la commune de Mamoudzou.

Terre à terre, elle explique que ce scrutin municipal est déterminant pour l’avenir de ses enfants.
«  Selon le choix majoritaire, nous saurons si nous aurons un maire travailleur qui matérialisera nos attentes en actions concrètes ou si nous vivrons une expérience amère que nous pourrions tous regretter.  »

Il ne fait aucun doute à ses yeux que les électeurs vont se ressaisir en milieu d’après-midi et se déplacer en masse dans les bureaux de vote pour accomplir leur devoir civique.
 » Que le meilleur gagne et que vive la démocratie « , enchaîne la jeune femme, qui attend patiemment son tour pour entrer dans l’isoloir, au milieu d’une longue file d’attente devant le bureau de vote.

L’équation n’est malheureusement pas aussi simple qu’elle ne paraît

Du côté de la pléiade de candidats qui se sont manifestés pour ce scrutin, presque tout le monde affiche un optimisme de façade. Chacun surestime ses forces et se voit calife à la place du calife, qu’il s’agisse de jeunes candidats ou de candidats plus expérimentés.

Certains vont même jusqu’à faire preuve d’une grande naïveté dans cette épreuve, se voyant décrocher la première place du podium avant même d’avoir engagé le  » combat « .

Après le drame de Chido en décembre 2024, ces municipales constituent le premier rendez-vous électoral sur l’île. Elles ont par conséquent valeur de test pour le public, qui oscille entre une forte envie de dégagisme généralisé dans de nombreuses localités et, dans quelques rares cas, la volonté affichée de poursuivre le travail déjà entamé par l’équipe sortante.

L’équation n’est malheureusement pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Les défis nés justement du cyclone Chido entraînent une absence gigantesque de lisibilité et de visibilité sur l’action à conduire dans les prochaines années. Une réalité qui se ressent jusque dans les programmes de la plupart des listes qui s’affrontent lors de ce scrutin.

À quelques rares exceptions près, les électeurs ont du mal à s’y retrouver tant les promesses électorales et les ambitions affichées sur le papier sont presque identiques. Tout n’est qu’une question de conjugaison et de tournure de phrases. Le sens, lui, reste quasi identique, et cela vaut pour beaucoup de communes parmi les 17 que compte le territoire.

Y compris chez les nombreux jeunes qui se lancent en politique pour la première fois.

«  Le changement ne viendra pas de l’intérieur mais plutôt de l’extérieur. Il est impossible de faire du neuf avec du matériel déjà usagé. Le pays a besoin de sang neuf pour tout changer et se mettre au niveau des aspirations de la population majoritaire, c’est-à-dire nous, les jeunes « , affirme Othmane Aboubacar, dont le frère aîné est candidat dans l’une des communes du nord de l’île.

«  Notre île a besoin d’un nouveau souffle pour être au rendez-vous de l’Histoire, de la nouvelle page qui doit s’ouvrir dans son développement tous azimuts après le cyclone Chido « , ajoute-t-il dans ses observations.

Mais il reste toutefois sceptique en raison de la persistance de méthodes qu’il juge archaïques, bien que d’une efficacité redoutable lorsqu’il s’agit de faire basculer une élection en faveur des grandes formations politiques rompues à cet exercice : l’utilisation des procurations provenant de Mahoraises et de Mahorais installés hors du territoire mais continuant à influer sur la gestion de leurs communes d’origine.

La période du Ramadan, qui se poursuit, n’aura pas atténué la volonté des électeurs d’exercer leur droit de vote. Dans certaines zones de l’île, le taux de participation est exceptionnellement élevé : c’est le cas à Bouéni, dans le sud de l’île, mais également en Petite-Terre, à Pamandzi et à Dzaoudzi-Labattoir.

Une forte participation qui augure d’inévitables scrutins triangulaires pour le second tour, tant le vote des différents camps en présence apparaît extrêmement tranché. En pareille situation (sauf exception qui confirme la règle), le second tour conforte plutôt la position de l’équipe sortante, à moins qu’elle n’ait été reconfigurée différemment sous l’effet de dissensions internes.

Autre leçon à retenir de ce premier tour : l’extrême pauvreté des programmes portés par une majorité de candidats. Ils sont nombreux à prétendre vouloir faire la même chose, tout en étant éclatés dans une multitude de candidatures qui ne s’explique que par une seule chose : chacun veut devenir maire, coûte que coûte.

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Mamoudzou : une victoire historique dès le premier tour, une première depuis 1975

Mamoudzou : une victoire historique dès le premier tour, une première depuis 1975

Les 20 090 électeurs de Mamoudzou n’auront finalement pas besoin de retourner aux urnes le dimanche 22 mars. Le maire sortant, Ambdilwahedou Soumaïla, a remporté une victoire nette dès le premier tour de l’élection municipale. Une performance politique d’autant plus remarquable qu’aucun candidat n’avait réussi à être élu au premier tour dans la commune depuis 1975.

Selon les chiffres communiqués par le Ministère de l’Intérieur, et établis sur la base de 96 % des bureaux de vote dépouillés, la liste conduite par le maire sortant recueille 61,6 % des suffrages exprimés. Ce score lui permet de s’imposer largement face à ses concurrents et d’éviter l’organisation d’un second tour.

Au fil de la soirée électorale, les tendances se sont rapidement confirmées en faveur du maire sortant. Réunis dans son quartier général de campagne à Cavani, de nombreux militants et sympathisants ont célébré l’annonce progressive des résultats, qui ont rapidement placé la liste sortante très loin devant ses adversaires.

Cette victoire consacre une campagne menée sous le signe de la continuité et du bilan. Après six années à la tête de la commune, le maire sortant a su convaincre une majorité d’électeurs de renouveler leur confiance dans son action municipale.

La large avance enregistrée dès les premières remontées des résultats a permis d’écarter très tôt l’hypothèse d’un second tour, une situation devenue rare dans la vie politique locale de Mamoudzou.

Une opposition largement distancée

Derrière le vainqueur, la concurrence apparaît très fragmentée. Ahamada Haribou arrive en deuxième position avec 20,74 % des suffrages exprimés selon les résultats provisoires. Malgré une coalition rassemblant plusieurs forces politiques battues lors du scrutin de 2020, l’écart reste très important avec la liste arrivée en tête.

La troisième place revient à Soiyinri Mhoudhoir, représentant du Mouvement pour le développement de Mayotte, qui obtient 6,25 % des voix. Il est suivi par Farianti M’dallah avec 4,93 % des suffrages. Cette dernière est également conseillère de l’Assemblée de Mayotte pour le canton de Mamoudzou 1.

La liste conduite par Munia Dinouraini, adjointe au maire sortante, recueille pour sa part 3,46 % des voix, confirmant la dispersion des candidatures lors de ce scrutin municipal.

En bas du classement, deux autres listes ferment la marche avec des scores très faibles. Celle menée par Christophe Youssouffa, qui comptait pourtant parmi ses candidates la députée Estelle Youssouffa, obtient 1,68 % des suffrages exprimés.

Enfin, la liste conduite par Nassurdine Saïd Ali recueille 1,34 % des voix.

Ces résultats illustrent la domination écrasante de la liste victorieuse et l’incapacité des différentes forces d’opposition à constituer une alternative électorale capable de rivaliser avec le maire sortant.

Un résultat qui entre dans l’histoire politique de Mamoudzou

Au-delà de la victoire personnelle du maire sortant, ce scrutin restera marqué par son caractère historique. Depuis 1975, aucun candidat n’avait réussi à remporter l’élection municipale de Mamoudzou dès le premier tour. Les scrutins précédents avaient systématiquement nécessité un second tour pour départager les candidats.

Cette élection marque donc un tournant dans la vie politique de la principale commune de Mayotte. La victoire nette et immédiate d’Ambdilwahedou Soumaïla témoigne d’un rapport de forces largement en sa faveur et d’un soutien électoral suffisamment massif pour clore la compétition dès la première étape du scrutin.

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Climat : une étude sur la gestion des risques présentée à l’université de Dembéni

Climat : une étude sur la gestion des risques présentée à l’université de Dembéni
À l’université de Dembéni, Morgane Rosier présente les premiers résultats de son étude à Mayotte, révélant que les politiques de gestion des risques échouent souvent à cause d’un manque de coordination, d’un turnover important des acteurs et d’une perception locale du risque différente de l’approche institutionnelle.

À l’université de Dembéni, la chercheuse Morgane Rosier a présenté les premiers résultats d’une étude menée après les cyclones Chido à Mayotte et Garance à La Réunion. Commandée par la Croix-Rouge, cette recherche s’appuie sur 37 entretiens pour analyser l’efficacité et les limites de la gestion des risques.

Pourquoi certaines politiques de gestion des risques échouent-elles face aux catastrophes naturelles ? À l’université de Dembéni, à Mayotte, Morgane Rosier, post-doctorante en économie et gestion, a présenté les premiers résultats de ses recherches devant un public attentif. Son étude, commandée par la Croix-Rouge, explore comment les populations perçoivent les risques et quelles stratégies de prévention et de gestion sont réellement efficaces dans des territoires régulièrement exposés aux aléas climatiques.

Une recherche après les cyclones

Les travaux de Morgane Rosier s’inscrivent dans un contexte marqué par plusieurs événements climatiques récents dans l’océan Indien. En décembre 2024, le cyclone Chido a frappé Mayotte. Quelques mois plus tard, le cyclone Garance a touché La Réunion.

Ces phénomènes s’inscrivent dans une tendance plus large d’intensification des événements climatiques extrêmes. Pourtant, malgré la multiplication des politiques publiques et des dispositifs de prévention, leur efficacité reste parfois limitée.

« Il existe encore de nombreux manquements dans la littérature scientifique sur la gestion des risques dans ces territoires », explique la chercheuse. Son objectif est de poser les premiers jalons d’une réflexion écrite sur la gestion des risques à Mayotte.

Une étude de terrain

Pour mener son enquête, Morgane Rosier a réalisé 37 entretiens à Mayotte, notamment à Dzaoudzi-Pamandzi, Mamoudzou, Kawéni et La Vigie. Ces échanges ont permis de mettre par écrit des réflexions et des expériences vécues par les habitants et les acteurs locaux, souvent présentes dans les discussions mais rarement consignées dans la recherche. L’étude compare également la situation de Mayotte avec celle de La Réunion, deux îles confrontées à des risques naturels similaires mais disposant de contextes sociaux et institutionnels différents. Les travaux de Morgane Rosier constituent pour l’instant une recherche exploratoire, qui pourrait déboucher sur des études de plus grande ampleur. Mais ils mettent déjà en lumière un enjeu central : l’efficacité des politiques de gestion des catastrophes ne dépend pas uniquement des moyens techniques ou financiers. Elle repose aussi sur la manière dont les risques sont perçus, compris et appropriés par les populations. Un facteur souvent sous-estimé, mais essentiel pour préparer les territoires aux catastrophes climatiques à venir.

Des territoires marqués par des contraintes spécifiques

Les résultats mettent en lumière plusieurs facteurs structurels. D’abord, des contraintes naturelles importantes liées à l’insularité : difficultés de transport, d’accès aux services, ou encore d’organisation logistique en cas de crise.

Ensuite, des réalités socio-économiques marquées, notamment un taux de pauvreté élevé à Mayotte. Enfin, un héritage colonial qui nourrit parfois une méfiance vis-à-vis de l’État et des institutions publiques. Malgré leurs différences, les habitants des deux îles s’accordent sur certains constats : l’insularité influence fortement la manière dont les risques sont vécus et gérés.

Deux visions du risque

L’étude met en évidence un décalage entre deux façons de concevoir les catastrophes. D’un côté, une approche technocratique et quantitative du risque, privilégiée par les institutions. Cette vision repose sur des modèles statistiques, des plans d’intervention et des procédures standardisées. De l’autre, des représentations plus nuancées au sein des populations locales, souvent influencées par des croyances culturelles ou religieuses. Dans ce contexte, la gestion des risques peut apparaître abstraite pour les habitants, voire déconnectée de leur réalité quotidienne.

Les limites d’une approche descendante

Selon Morgane Rosier, de nombreuses stratégies de gestion des risques sont conçues selon une logique « top-down », c’est-à-dire imposées depuis les niveaux décisionnels supérieurs vers les territoires.

Or ces approches descendantes peinent parfois à fonctionner localement. Plusieurs facteurs expliquent ces difficultés : un fort attachement des habitants à leur lieu de vie, qui rend les solutions de relocalisation difficiles à accepter ; un niveau d’engagement variable des acteurs locaux ; ainsi qu’un turnover important parmi certains professionnels et experts expatriés. Ces éléments compliquent la continuité des politiques publiques et la mise en œuvre de stratégies durables.

Un problème de coordination

Au-delà de ces défis, l’étude souligne également un problème récurrent de communication et de coordination entre les institutions. D’après les témoignages recueillis lors des entretiens, les responsabilités dans la gestion des crises restent parfois floues. Dans certains cas, les acteurs institutionnels ont tendance à se renvoyer la responsabilité des défaillances.

« La gestion des risques peut se dégrader lorsque les responsables se renvoient la balle », résume la chercheuse. Une situation qui s’est notamment illustrée pendant la crise cyclonique, lorsque de l’eau en bouteille destinée aux municipalités a finalement été refusée par ces dernières et renvoyée vers les services de la préfecture. La culture du risque reste ainsi un enjeu encore véritable pour les prochaines équipes municipales.

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“Violences répétées” à la prison de Majicavo : les surveillants dénoncent une situation de plus en plus dangereuse

“Violences répétées” à la prison de Majicavo : les surveillants dénoncent une situation de plus en plus dangereuse

Les agressions contre les surveillants pénitentiaires se multiplient au centre pénitentiaire de Majicavo. Jeudi 12 mars, une nouvelle attaque visant des agents a eu lieu au sein de l’établissement, ravivant les inquiétudes des syndicats qui dénoncent une situation devenue dangereuse pour les personnels.

Selon la CFDT pénitentiaire, les faits se sont produits vers 15h35. Une violente altercation éclate entre deux détenus. Les surveillants interviennent rapidement pour mettre fin à la bagarre et rétablir le calme. Mais lors de cette intervention, l’un des détenus s’en prend directement aux agents. Il leur porte plusieurs coups de poing. L’un des surveillants est touché à la nuque. Selon Haoussi Boinahedja, secrétaire départemental de la CGT, « Les détenus ont fait une simulation de bagarre pour faire venir les gardiens et les agresser ».

La CFDT condamne « avec la plus grande fermeté cette nouvelle agression contre des personnels qui ne font que leur travail : assurer la sécurité des personnes et le maintien de l’ordre au sein de l’établissement ». Le syndicat  apporte également « son soutien à l’agent blessé et à l’ensemble des agents présents lors de l’intervention. » La CFDT demande que « toutes les suites disciplinaires et judiciaires nécessaires soient engagées à l’encontre de l’auteur de cette agression et que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité des agents. »

Cet incident s’inscrit dans une série de violences. Le 28 novembre 2024, une prise d’otage avait déjà eu lieu au sein du centre pénitentiaire. En septembre 2025, cinq surveillants avaient été agressés par deux détenus. Plus récemment, en février 2026, un agent pénitentiaire avait été attaqué par quatre détenus, au lendemain de la visite du garde des Sceaux Gérald Darmanin dans l’établissement.

Les violences au centre pénitentiaire se sont également invitées devant la justice ces derniers jours. Une altercation survenue en mars 2025 entre un surveillant et un détenu a été jugée ce 10 mars 2026. Les deux hommes ont été condamnés pour des violences réciproques. « Depuis ce procès, les détenus ont eu le sentiment d’avoir gain de cause. Maintenant ce sont les gardiens qui ont peur. Normalement, ça devrait être l’inverse », estime Haoussi, représentant de la CGT.

« La sentence qui a été infligée au gardien n’est pas proportionnée. Je pense que c’est à la CGT qu’on a voulu faire comprendre qu’elle doit se taire. Mais la CGT ne va pas se taire. Nous sommes là pour défendre les salariés et aujourd’hui les conditions de travail sont très dangereuses », affirme-t-il. Tandis qu’une réunion était organisée avec les organisations FO, CFDT et UFAP, la CGT n’y avait pas été conviée pour des questions de représentativité. Ses représentants avaient alors attendu le ministre devant l’établissement avec des draps portant des slogans, dont : « La souffrance des agents n’est pas une variable. »

Le syndicaliste dénonce une situation dans laquelle « les gardiens sont livrés à eux-mêmes ». Selon lui, deux facteurs principaux expliquent la multiplication des incidents. D’abord la surpopulation carcérale. Construit pour accueillir environ 270 détenus, le centre pénitentiaire de Majicavo en compterait aujourd’hui près de 500. Ensuite, le profil de certains détenus incarcérés dans l’établissement. « Un certain nombre de détenus ne devraient pas être là, le centre n’est pas construit pour accueillir ce genre de détenus », affirme-t-il.

Face à ces violences répétées, les syndicats demandent une réaction rapide de l’État pour améliorer la sécurité des personnels et les conditions de détention dans l’établissement. « On a alerté depuis des années sur ces conditions dangereuses », insiste Haoussi. « Le jour où il y aura un drame, ce sera la responsabilité de l’État. »

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Comores : les raisons du refoulement du bateau Maria Galanta

Comores : les raisons du refoulement du bateau Maria Galanta

Le bateau de la compagnie maritime Sgtm, transportant régulièrement des Comoriens expulsés de Mayotte en direction d’Anjouan, n’a pas été autorisé à accoster pour non-respect de l’article 3 de l’arrêté conjoint signé par les ministres des transports et de la santé. 

L’information avait été révélée par Mayotte la première. Dans une brève publiée vendredi 13 mars, vers 6h, nos confrères ont rapporté que le bateau Maria Galata qui transportait des personnes expulsées de Mayotte, n’a pas pu accoster au port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan. Selon la chaine de télévision, Moroni aurait invoqué des mesures prises le 12 janvier, sans donner plus de précisions. La 1ère ajoutait aussi qu’en plus du certificat attestant l’absence de symptômes, les passagers en provenance d’une région touchée par le Mpox n’étaient plus autorisés à rentrer aux Comores. Ce que dément une source ministérielle qui a voulu apporter des éclaircissements suite à ce refoulement du bateau de la compagnie Sgtm.  « Ils n’ont pas respecté l’article 3 de l’arrêté conjoint des ministres des transports et de la santé signé le 10 février « , affirme, notre source.

La disposition en question stipule que  » tout bateau ayant effectué un voyage en provenance d’un pays touché par le Mpox est tenu de respecter une période d’observation sanitaire de vingt-et-un (21) jours avant d’être autorisé à transporter de nouveaux passagers provenant d’un pays touché par le Mpox vers l’Union des Comores« . Or, selon notre interlocuteur, Maria Galanta a voulu desservir les Comores sans respecter ce délai.  » Il faut obligatoirement observer la période des 21 jours à partir de la date où le bateau est arrivé que ça soit au port de Mutsamudu ou celui de Moroni. Le bateau de Maria Galanta n’a même pas été autorisé à rentrer pour avoir voulu outrepasser cet article« , a poursuivi, notre source qui a souligné que les autres bateaux, notamment, Acadie, respectent cet article 3 de l’arrêté consacré à la règlementation de la circulation des bateaux en provenance des pays touchés par la variole du singe.

Afflux de passagers

Selon toujours notre intervenant, le bateau est libre de passer les 21 jours sur le territoire comorien, ou la moitié du délai, sinon, il peut retourner au port de provenance pour y rester avant de transporter de nouveaux passagers. Interrogé, le Docteur Naouirou M’hadji, Coordonnateur national du système de gestion de l’incident Mpox a expliqué, la raison pour laquelle on exige une observation de 21 jours. « Avant, nous gérions 70 à 80 passagers maximum. Mais ces temps-ci, la donne a changé. Voilà pourquoi on a exigé un délai de 21 jours. Car actuellement, nous accueillons plusieurs passagers en provenance des pays touchés par le Mpox. Chaque bateau qui peut venir d’Antananarivo ou Mahajanga, transporte près de 400 personnes. Tout ce monde doit faire l’objet d’un suivi à domicile. A l’heure actuelle, il y a environ 6000 passagers à suivre. La pression est ainsi énorme que le risque devient élevé. Demander le respect du délai de 21 jours était donc la solution pour permettre aux agents d’être en mesure de contrôler les voyageurs« , a-expliqué le Docteur Naouirou. Il faut savoir que l’arrêté conjoint du 10 février dans son article 4, ajoute qu’après la fin de la période de 21 jours, la reprise du transport de passagers vers l’Union des Comores est subordonnée à une autorisation qui doit être délivrée par les services compétents du ministère en charge des transports. Pour tout manquement, il est mentionné dans l’arrêté une série de sanctions, sans préjudice des poursuites pénales prévues par les lois en vigueur. Sur cette liste, figurent l’amende administrative à l’encontre des armateurs, compagnies ou agences fautifs, la suspension temporaire ou retrait d’autorisation d’exploitation pour les compagnies de transport maritime ou l’interdiction d’accostage ou de débarquement pour les navires en infraction. On peut dire que c’est cette dernière mesure qui a été appliquée au bateau Maria Galanta, qui a dû repartir.

Vaccins attendus

A noter que l’Union des Comores a déclaré officiellement son premier cas de Mpox, le 23 janvier, après l’identification de cas importés quelques jours plus tôt. Jusqu’à lors, le pays ne déplore aucun décès lié à la variole du singe. Selon le dernier bulletin sanitaire, du 10 janvier au 10 mars, on a recensé au total 68 cas dont 40 suspects et 28 confirmés (5 importés).  » On note 3 cas pour 1000 habitants de taux d’attaque cumulé aux Comores, avec 6 cas pour 1000 habitants à la Grande Comore et 0.26 pour 1000 habitants à Anjouan« , lit-on dans le bulletin qui rapporte que 94.4% des cas confirmés l’ont été à la Grande Comore. Seule l’île de Moheli est épargnée. Les deux cas suspects identifiés sur place se sont révélés négatifs et les personnes ont pu retrouver leurs familles. « Ce qui est important est de se rendre à l’hôpital ou appeler le 1717 en cas d’apparition des signes. Des investigateurs sont là pour remontrer la chaîne, des dispositions sont mises en place pour limiter la propagation« , a plaidé, le Docteur Naouirou avant d’annoncer que « les vaccins vont arriver et nous aider à casser la chaine de transmission. Les personnes à risque seront les cibles, tout comme les contacts d’un malade. Ça reste un espoir qui va nous permettre de se débarrasser de la maladie« . Certes les cas recensés n’étaient pas sévères, mais les dispositions ayant permis cette prouesse vont-elles tenir trop longtemps à un moment où les agents placés dans les frontières à la Grande Comore sont en grève pour des impayés ?

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Kani-Kéli lance son Appel à Projets communal 2025-2030

Kani-Kéli lance son Appel à Projets communal 2025-2030

La commune de Kani-Kéli ouvre son Appel à Projets dans le cadre de la Politique de la Ville et du contrat “Engagement Quartiers 2030” pour 2025-2030. Destiné aux acteurs locaux, y compris les associations sportives, il soutient des initiatives au bénéfice des habitants dans les domaines de la jeunesse, de l’insertion professionnelle, de la tranquillité publique, du numérique et du cadre de vie.

Les dossiers doivent être déposés au format CERFA n°12156*05, uniquement par voie électronique à appvilles@mairiedekanikeli.fr, avant le vendredi 13 avril à 12h. Les informations et formulaires sont disponibles sur le site et la page Facebook de la mairie.

Réouverture du collège K1 après les fortes pluies

Réouverture du collège K1 après les fortes pluies

À la suite des fortes précipitations survenues mercredi matin à Mamoudzou, Koungou et en Petite-Terre, le collège K1 a rouvert ses portes jeudi. Une cellule de crise, activée par le rectorat en lien avec la préfecture, a évalué la situation pour garantir la sécurité des élèves et du personnel. Les intempéries ont fortement touché plusieurs établissements, dont les collèges K2 et Doujani, où des infiltrations d’eau et de boue ont rendu certaines salles inutilisables. Au collège K2, seuls les élèves de 6e et 3e seront accueillis jeudi, le temps de remettre les locaux en état. Le rectorat suit la situation avec vigilance.

Des déchèteries mobiles sur Petite-Terre cette fin de semaine

Des déchèteries mobiles sur Petite-Terre cette fin de semaine

La communauté de communes de Petite-Terre avait récemment annoncé le déploiement de deux déchèteries sur son territoire dans le courant de ce mois de mars. Dans un communiqué adressé à la presse locale, elle informe ses usagers que la première sera mise en service demain samedi 14 mars 2026 à Pamandzi, place de la Grande Mosquée du vendredi. La seconde elle sera opérationnelle le samedi 28 mars 2026 à Dzaoudzi-Labattoir (derrière le four-à-chaud, au niveau du parking de l’école Labattoir 6).

Des déchèteries mobiles sur Petite-Terre cette fin de semaine

Micro-plastiques : une conférence pour comprendre la pollution invisible du lagon

Micro-plastiques : une conférence pour comprendre la pollution invisible du lagon

Une conférence ouverte au public consacrée à la pollution du lagon de Mayotte par les micro-plastiques se tiendra ce samedi 14 mars à 18h30 à l’Atelier du KALYZ, à Pamandzi. Organisée dans le cadre du projet de recherche PLASMA, en partenariat avec l’association ECOSOMA, cette rencontre permettra au public de mieux comprendre un phénomène encore peu visible mais aux conséquences potentiellement importantes pour l’écosystème marin.

Financé par le Parc naturel marin de Mayotte, le projet interdisciplinaire PLASMA — Pollution aux micro-plastiques du lagon de Mayotte — vise à étudier la présence de ces particules dans l’environnement lagonaire et à mieux comprendre leurs origines et leurs impacts. Lors de cette conférence, plusieurs questions seront abordées : qu’est-ce qu’un micro-plastique ? Le lagon de Mayotte est-il concerné par cette pollution ? En quelle quantité ces particules sont-elles présentes et d’où proviennent-elles ?

Pour apporter des éléments de réponse, plusieurs chercheurs impliqués dans le projet interviendront. Cristèle Chevalier, océanographe à l’IRD, et Mathieu Leborgne, sociologue et porteurs du projet, présenteront le contexte et les objectifs de cette étude. Ils seront accompagnés par d’autres membres de l’équipe scientifique : les chimistes Coraline Mattei et Laura Morel, le bio-géochimiste Sylvain Rigaud et le physicien Hugo Julia.

Les intervenants partageront notamment les premiers résultats issus des mesures réalisées dans le lagon de Mayotte et expliqueront les méthodes utilisées pour détecter et analyser les micro-plastiques présents dans l’eau et les sédiments.

Au-delà de la présentation scientifique, cette conférence se veut également un moment d’échange avec le public autour des enjeux liés à la pollution plastique et à la préservation du lagon. À travers le projet PLASMA, les chercheurs espèrent mieux comprendre l’ampleur de ce phénomène afin de contribuer à la protection de cet écosystème fragile et emblématique de Mayotte.

Le séisme de magnitude 4,4 annoncé était une erreur

Le séisme de magnitude 4,4 annoncé était une erreur

Des informations évoquaient en début de semaine un séisme de magnitude 4,4 enregistré mardi soir à 72 km à l’est de Mayotte, d’après des capteurs de l’Institut et observatoire de géophysique d’Antananarivo (IOGA). Le Réseau de surveillance volcanologique et sismologique de Mayotte (Revosima) a depuis indiqué qu’il s’agissait d’une erreur liée à une localisation automatique du phénomène. Aucun séisme de cette ampleur n’a été détecté par le réseau mahorais, qui enregistre toutefois chaque mois plus d’une centaine de microséismes liés notamment à l’activité volcanique.

Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes