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Les leçons du 2ème tour : quand le peuple choisit d’exercer librement son droit souverain

Les leçons du 2ème tour : quand le peuple choisit d’exercer librement son droit souverain

Quand le peuple choisit d’exercer librement son droit souverain, on appelle cela la démocratie (à la française). La toute-puissance des maires et des présidents des intercommunalités ne dépend, en vérité, que du bon vouloir des populations qu’ils administrent. Un mandat accordé n’est nullement un blanc-seing, car le suffrage des électeurs n’est ni à monnayer ni à céder. Il ne dépend que du bon vouloir du citoyen, appelé à exercer son libre choix à travers les urnes. Dans les rues, au lendemain du second tour, le peuple donne libre cours à son expression et livre son opinion sur les municipales.

« L’essentiel, c’était de participer », diront les plus démocrates de nos concitoyens, les plus fair-play aussi. Le second tour des élections municipales est désormais à reléguer au rang des souvenirs. Place, à présent, à l’installation des conseils municipaux, aux désignations des élus communautaires qui siègeront dans les cinq communautés de communes et éliront les présidents des intercommunalités.

« C’est une autre paire de manches et probablement une autre foire d’empoigne qui ne manquera pas de nous réserver de nouvelles surprises », disait un conducteur de taxi-ville à Mamoudzou, dans la matinée du lundi 23 mars 2026.

Si l’attente des résultats a été longue et stressante, la soirée électorale, interminable, a empli de joie les uns et de déception les autres. La passion pour la politique de proximité, elle, subsistait encore le lendemain, caractérisé par d’innombrables commentaires dans les lieux publics autant que dans les espaces restreints. Il n’est question que de l’essence de ce scrutin et des leçons que les électeurs de tous bords en ont tirées, en fonction des communes qui les concernent.

Justement, à ce propos, il fallait parfois être fortiche pour comprendre le message contenu dans le vote de ces électeurs à certains endroits, ainsi que le sens de la posture adoptée par certains candidats lors de ce deuxième tour. Tout est à prendre au cas par cas, tant ces élections n’ont jamais auparavant revêtu un caractère aussi localisé. D’une commune à l’autre, les enjeux ont divergé et seront parmi les plus difficiles à conjuguer dans de futures actions coordonnées au sein des intercommunalités.

« Parfois, il n’est pas besoin d’aller chercher très loin. Il faut prendre les choses au premier degré et en faire une lecture très simple, car le peuple, lui, n’a nullement besoin de jouer au savant », explique Moinécha Chadouli, abritée de la pluie par un parapluie noir à large bord, à la gare maritime de Mamoudzou.

« Certains élus ont eu droit à un sursis, mais ce n’est qu’un simple sursis électoral, en guise d’avertissement avant un dégagisme qui ne saurait tarder au prochain mandat. Pour qu’ils puissent méditer sur leurs erreurs de gouvernance, ils ont désormais comme référence la défaite de certains de leurs anciens collègues, remerciés sans égards malgré les efforts déployés pendant six ans. L’électorat peut parfois s’avérer ingrat dans la manifestation de sa colère, sanctionnant toute l’œuvre d’une mandature pour un seul fait, une seule erreur », relève à côté d’elle Madi Mihidjaï, en attente d’acquérir un ticket de barge pour la traversée vers Petite-Terre.

Il explique le caractère disparate de ce deuxième tour des municipales du dimanche 22 mars 2026 par « un sentiment d’obstination à ne pas voir la détresse réellement vécue par leurs administrés après le cyclone Chido, et parfois bien avant ». Et d’ajouter : « Au sein de la population, il existe véritablement des personnes démunies qui n’ont devant elles aucune lisibilité quant à l’avenir. Leur devoir de maires imposait qu’ils s’en préoccupent. Au lieu de cela, ils ont vaqué à des futilités, uniquement préoccupés par leur réélection et la défense de leurs intérêts propres ».

Chemin faisant dans la discussion, il reconnaît toutefois qu’ils n’ont pas démérité pour autant, allant jusqu’à leur prédire un possible retour en grâce au terme d’une traversée du désert de six ans, comme ce fut le cas pour cinq anciens maires qui ont eu la chance de renouer avec l’exercice du pouvoir à l’occasion de ce second tour.

« Il n’y a pas que dans les écoles ou au sein du corps enseignant que l’on peut distiller une pédagogie. Les électeurs ont démontré, dans la moitié des communes de cette île, que le peuple sait donner une leçon de choc à ses premiers magistrats. Nous les avons élus pour qu’ils nous servent, et en aucun cas le contraire ».

En conséquence, il invite les élus reconduits dans leur fonction à méditer suffisamment longtemps sur les résultats globaux de ces élections afin d’éviter de reproduire les erreurs reprochées à leurs collègues sortants.

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Disparition de Lionnel Jospin : un défenseur de Mayotte tire sa révérence

Disparition de Lionnel Jospin : un défenseur de Mayotte tire sa révérence

La disparition de Lionel Jospin à 88 ans referme une page majeure de la vie politique française. Mais au-delà de son passage à Matignon, de ses réformes emblématiques et de son retrait brutal en 2002, un épisode moins commenté éclaire autrement son héritage : son engagement décisif pour Mayotte, territoire alors en quête de reconnaissance et de stabilité institutionnelle.

Car si l’ancien Premier ministre incarne la rigueur, la cohérence et une certaine idée exigeante de l’État, son action outre-mer, et en particulier dans l’océan Indien, révèle une facette plus stratégique de son parcours : celle d’un bâtisseur silencieux, attentif aux équilibres territoriaux et à l’intégration progressive des marges de la République.

En janvier 2001, Lionel Jospin se rend à Mayotte dans un contexte politique et social délicat. L’île, encore éloignée du statut de département, se trouve à la croisée des chemins entre aspirations locales et prudence institutionnelle. Ce déplacement ne relève pas d’une simple visite officielle : il s’inscrit dans une vision à long terme, celle d’une évolution progressive vers une intégration renforcée au sein de la République française.

Plutôt que d’imposer une transformation brutale, le chef du gouvernement opte pour une voie intermédiaire. Il soutient la création d’une « collectivité départementale », étape charnière pensée comme un sas politique et administratif vers la départementalisation. Ce choix traduit une méthode caractéristique du jospinisme : avancer sans rompre, réformer sans précipiter.

Cette approche prudente, parfois perçue comme technocratique, s’explique par la complexité du territoire. Mayotte doit alors concilier ses spécificités sociales, culturelles et juridiques avec les exigences du droit commun. En renforçant les dispositifs d’aide financière et de protection sociale, le gouvernement cherche à réduire les écarts tout en préparant les conditions d’une transformation durable.

Ce moment mahorais éclaire d’un jour particulier l’ensemble de l’action de Lionel Jospin. Derrière les grandes réformes nationales — réduction du temps de travail, avancées sociétales, modernisation des institutions — se dessine une même logique : celle d’un État qui structure, accompagne et planifie.

À Matignon, entre 1997 et 2002, Lionel Jospin dirige une coalition plurielle, parfois fragile, mais capable de produire des changements profonds. Son style tranche avec celui de nombreux responsables politiques : peu enclin aux effets de tribune, il privilégie la méthode, la concertation et le travail de fond. Cette posture, qui lui vaut le respect de ses pairs, nourrit aussi une distance avec une partie de l’opinion.

C’est peut-être là que réside le paradoxe Jospin. L’homme qui a contribué à transformer durablement la société française n’a jamais pleinement incarné une figure de rassemblement populaire. Sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, dans un contexte de dispersion de la gauche et de campagne mal calibrée, marque un tournant brutal.

Son retrait immédiat de la vie politique, rare dans sa radicalité, prolonge cette cohérence personnelle : refuser de s’accrocher au pouvoir lorsque la légitimité fait défaut. Mais ce choix laisse aussi un vide, notamment dans un camp politique en quête de repères.

Avec le recul, son passage à Mayotte apparaît comme l’un des symboles les plus aboutis de sa manière de gouverner. Loin des projecteurs parisiens, cette décision a contribué à poser les bases d’une évolution institutionnelle majeure pour l’île, qui deviendra département le 31 mars 2011. Une transformation inscrite dans le temps long, fidèle à sa vision d’une action publique structurée et progressive.

Après son départ de Matignon, Lionel Jospin ne disparaît pas totalement de la sphère publique. Il continue d’intervenir sur les grandes questions institutionnelles et démocratiques, tout en gardant une distance avec le tumulte partisan. Jusqu’à ses dernières années, il observe les mutations du monde et alerte sur les défis contemporains, du dérèglement climatique aux tensions géopolitiques.

Que reste-t-il aujourd’hui de son héritage ? Une certaine idée de la politique, fondée sur la rigueur, la constance et le sens de l’État. Mais aussi des décisions concrètes, parfois discrètes, dont les effets se mesurent sur le long terme.

À Mayotte, cette empreinte est tangible. Elle rappelle que certaines des transformations les plus profondes ne se jouent pas toujours sous les projecteurs, mais dans ces moments où la décision politique épouse le temps, les réalités locales et la complexité du réel.

En cela, Lionel Jospin laisse derrière lui bien plus qu’un bilan : une méthode, et peut-être une leçon. Celle d’une politique qui construit sans bruit, mais qui, des années plus tard, continue de produire ses effets.

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Communication politique : dans les coulisses d’une stratégie gagnante

Communication politique : dans les coulisses d’une stratégie gagnante

Flash Info a rencontré Mayotte Presta Events après les élections du 22 mars. L’agence revient sur son rôle dans les campagnes politiques et sur son travail en communication auprès de plusieurs candidats à Mayotte.

« Depuis plus de six ans, nous travaillons sur cet aspect de la communication », indique Yazar Alidina, directeur de Mayotte Presta Events. L’entreprise se présente comme une agence de production de communication intégrée, réunissant designers, vidéastes et chargés de communication. « Tout est géré en interne », précise-t-il, ce qui permet de suivre plusieurs candidats en même temps.

Lors des deux derniers scrutins municipaux, l’agence a accompagné quatre candidats durant leur campagne. « Tous nos candidats accèdent au moins au second tour, sans compter Marib Man Rife, élu dès le premier tour. »

Depuis plusieurs années, l’équipe s’attache à structurer une offre complète autour de la communication. « Nous travaillons sur cet aspect depuis longtemps », explique la direction, qui revendique aujourd’hui une organisation entièrement intégrée. Designers, vidéastes et chargés de communication sont réunis en interne, permettant de gérer simultanément plusieurs campagnes. L’agence a notamment travaillé sur la campagne d’Anchya Bamana.

Mayotte Presta Events (MPE) est une société par actions simplifiée dirigée par Moinecha Assane, directrice générale, Djenade Thestina, président, et Yazar Alidina, directeur général.

Une communication politique en mutation

Lors des campagnes électorales, l’agence met en place des stratégies basées sur un calendrier de publication et différents modules de communication. « Chaque publication a un objectif », explique Yazar Alidina, évoquant notamment la volonté de toucher les jeunes et de susciter leur engagement.

Selon lui, les réseaux sociaux jouent un rôle important, mais non déterminant : « Ce n’est pas forcément un levier pour gagner, mais cela contribue à la crédibilité, notamment lorsque les candidats rencontrent les électeurs dans la vie réelle. »

Cette approche repose sur une planification précise : calendrier éditorial, ciblage des publics et contenus adaptés à chaque objectif.

« À Mayotte, nous savons faire ce travail », affirme la direction, convaincue que ces nouvelles méthodes contribuent à moderniser la vie politique locale.

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Dzaoudzi-Labattoir : Freddy Novou précise sa méthode de gouvernance

Dzaoudzi-Labattoir : Freddy Novou précise sa méthode de gouvernance
Freddy Novou (nouvellement élu maire de Dzaoudzi-Labattoir) ambitionne de créer une maison des initiatives pour favoriser et encadrer les porteurs de projets.

Son élection spectaculaire dimanche soir continue de faire parler, notamment au sein de sa propre formation politique. Un contexte qui pousse Freddy Novou à ironiser sur les critiques acerbes d’anciens élus du Mouvement pour le Développement de Mayotte (MDM) de la commune et à y répondre.

« Ces personnes se disent faire partie des nôtres alors qu’elles ont été absentes durant toute la campagne et ont rejoint nos adversaires. Pour légitimer cette situation, elles s’autorisent à critiquer l’alliance que j’ai négociée avec Saïd Omar Oili dans l’intérêt de notre formation. Elles oublient qu’elles ont été les premières à se rapprocher du Président du NEMA, y compris en 2018, lorsqu’elles ont cherché à briguer la place de conseiller général. Je constate simplement qu’elles nous considèrent aujourd’hui comme un concurrent », explique-t-il.

Sans attendre son investiture prochaine en tant que nouveau maire de Dzaoudzi-Labattoir, Freddy Novou détaille la méthode qu’il entend appliquer dans la gouvernance de cette ville de 20 000 habitants (selon le dernier recensement de la population réalisé en 2025 par l’INSEE), qu’il va désormais administrer. Vainqueur de Mikidache Houmadi au terme du deuxième tour des élections municipales d’avant-hier, dimanche 22 mars 2026, il n’a pas caché son intention d’insuffler une dynamique nouvelle pour relancer Dzaoudzi-Labattoir.

« Je souhaite une gouvernance participative, qui tiendra compte de l’opinion des habitants, notamment pour les grands projets à mettre en place. C’est une méthode que j’ai pu tester durant la campagne électorale, en sillonnant les différents quartiers de la ville et en rencontrant les habitants pour recueillir leurs doléances », explique le maire nouvellement élu.

Autant que possible, il souhaite transformer radicalement le fonctionnement des services municipaux pour mieux servir la population. En premier lieu, il entend faire d’une mairie un service ouvert à tous. Les associations subventionnées par la commune se verront proposer des contrats d’objectifs basés sur des projets présentés et validés par la municipalité. « L’idée est de ne plus accorder de subventions sans contrôler leur usage. Les Labattoiriens ont le droit de savoir à quoi ces financements ont servi et quels résultats ils ont produits », souligne le nouveau premier magistrat, qui projette également de créer une maison des initiatives pour accompagner et encadrer tous les porteurs de projets.

Lucide, il précise que la ville emploie actuellement 300 agents et qu’elle ne pourra pas recruter tous les jeunes sans emploi. Il estime que favoriser l’émergence de nouvelles activités contribuera à réduire le chômage à Dzaoudzi-Labattoir, lutter contre l’oisiveté et diminuer la délinquance juvénile. « Lorsque des jeunes se retrouvent sans occupation, ils sont enclins à faire des bêtises et tôt ou tard cela dérape. C’est ce qu’il faut absolument éviter », affirme Freddy Novou, qui souhaite également réconcilier les habitants et instaurer un dialogue constructif pour dépasser les divergences et créer des synergies pour reconstruire Dzaoudzi-Labattoir.

« Pour que nos jeunes ne soient plus livrés à eux-mêmes, il faut canaliser leur énergie en réhabilitant les équipements sportifs détruits par le cyclone Chido, mais aussi ceux laissés à l’abandon depuis longtemps. Pratiquement rien ne fonctionne, et ça fait vraiment mal au cœur », ajoute-t-il. Il s’étonne que ce constat survienne alors qu’un contrat de relance de transition écologique de 250 millions d’euros — soit la moitié du budget annuel du département de Mayotte —, signé entre l’État et la communauté de communes de Petite-Terre (qui représente 4 % de la superficie de l’archipel), court jusqu’en 2027 et n’a encore jamais été utilisé. Ce contrat porte sur des actions déjà définies qu’il reste à mettre en œuvre.

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Le gouvernement refuse de subventionner la fibre optique là où Orange est déjà présent

Le gouvernement refuse de subventionner la fibre optique là où Orange est déjà présent

Le gouvernement a tranché dans le long conflit opposant Orange à Mayotte THD, l’entreprise du groupe réunionnais OcéInde chargée du déploiement de la fibre optique sur l’île. Dans les communes où Orange a déjà commencé à installer son réseau, l’État a décidé de ne pas financer le réseau public, estimant que son intervention n’était plus nécessaire.

Cette décision fragilise Mayotte THD, qui avait obtenu en novembre 2024 une délégation de service public pour installer et commercialiser la fibre sur l’ensemble du territoire. Les zones concernées correspondent aux communes les plus densément peuplées et donc les plus rentables : Mamoudzou, Koungou, Tsingoni, Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi. Or la présence simultanée d’Orange et de Mayotte THD menace la viabilité financière du projet public, d’un montant de 183 millions d’euros cofinancé par OcéInde.

Depuis le passage du cyclone Chido en décembre 2024, Orange a choisi de ne pas restaurer le réseau cuivre ADSL endommagé et de concentrer ses efforts sur la fibre et la 5G dans les zones les plus denses. Si la délégation de service public de Mayotte THD risque d’être renégociée ou résiliée, la loi pour la refondation de Mayotte impose que l’intégralité du territoire soit fibrée d’ici 2027, laissant planer des incertitudes sur l’achèvement du réseau public.

Un gendarme blessé et un homme abattu près de la cascade de Soulou

Fait divers : un gendarme blessé et un homme abattu près de la cascade de Soulou

Un vendredi matin déjà marqué par la violence à Tsingoni, la tranquillité de la commune a été bouleversée près de la cascade de Soulou. Selon les pompiers, l’intervention a débuté aux alentours de 8h48, lorsqu’un gendarme a été grièvement blessé par arme blanche. Il a été transporté en urgence à l’hôpital de Mamoudzou.

Sur les lieux, les secours ont également constaté le décès d’un homme, abattu par arme à feu. Selon des informations encore provisoires, l’incident aurait éclaté lors d’un contrôle de gendarmerie : l’individu aurait saisi une machette et agressé un militaire, provoquant la réaction armée de son collègue.

Un important dispositif de gendarmerie et de secours a été déployé pour sécuriser la zone et recueillir des témoignages. Une magistrate et les forces de l’ordre restent sur place pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, alors que l’enquête ne fait que commencer.

Le quartier reste sous tension, et cette affaire met en lumière la dangerosité des interventions dans la région, où la vigilance des forces de l’ordre est plus que jamais essentielle.

Un policier au cœur d’une affaire de procurations frauduleuses

Un policier au cœur d’une affaire de procurations frauduleuses
* image d'illustration générée par ia

Une enquête a été ouverte concernant de possibles irrégularités lors du premier tour des élections municipales dans la commune de Bouéni. Cette procédure fait suite à un signalement transmis par la préfecture au parquet le 13 mars, portant sur des procurations potentiellement frauduleuses. Selon les premiers éléments, les faits impliqueraient un fonctionnaire de police soupçonné d’avoir établi un nombre important de procurations, à la fois sous format papier et électronique. Au total, 18 procurations manuscrites et 127 procurations dématérialisées seraient concernées. L’individu en question figure également comme colistier sur une liste candidate, ce qui renforce la sensibilité de l’affaire dans le contexte électoral. Le parquet a indiqué que ces agissements, s’ils sont confirmés, pourraient avoir influencé le résultat du scrutin.

En effet, la liste “Bouéni de demain”, menée par Mirhane Ousséni, était arrivée en tête à l’issue du premier tour avec une avance de 112 voix. Les investigations sont toujours en cours afin d’établir précisément les faits et les responsabilités. Si la fraude est avérée, les procurations incriminées pourraient être annulées par la préfecture, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la validité des résultats du scrutin.

2ème tour des élections municipales 2026 : le retour inattendu des formations politiques

2ème tour des élections municipales 2026 : le retour inattendu des formations politiques

Les résultats du second tour des élections municipales à Mayotte, qui se sont tenues hier, dimanche 22 mars 2026, confirment une fois de plus le caractère contrasté et imprévisible de la vie politique locale. Sur l’ensemble du territoire, on observe une mosaïque de situations : des maires sortants confortés dans leurs mandats, des basculements inattendus dans certaines communes grâce à des fusions de listes souvent surprenantes pour le public, ainsi que quelques rares cas d’anciens élus qui retrouvent le chemin de la mairie après une longue période d’absence. Ces dynamiques témoignent de la vitalité démocratique de l’île et de l’importance cruciale que revêt ce scrutin de proximité pour la population.

Une participation robuste malgré des conditions météorologiques difficiles

Le taux de participation, qui a atteint 60 %, est légèrement supérieur à celui du premier tour. Ce chiffre témoigne de l’engagement des Mahorais pour la gestion de leurs affaires locales, même face aux aléas climatiques : la matinée d’hier a été marquée par une pluie diluvienne qui aurait pu décourager les électeurs. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont bravé les intempéries pour se rendre aux urnes, démontrant une fois encore l’attachement profond des habitants à la démocratie locale. Cette persistance dans la mobilisation électorale souligne la dimension quasi-coutumière de ce rendez-vous civique, où chaque voix compte pour l’avenir de la commune.

Confirmation des tendances du premier tour

Dans la majorité des cas, les intentions de vote observées au premier tour se sont confirmées. Si certains scores ont légèrement évolué sur le plan mathématique, les rapports de force sur le terrain sont restés globalement stables. Les fusions de listes, qui sont apparues comme un outil stratégique pour rassembler les électeurs derrière des candidats en lice, ont porté leurs fruits dans la plupart des communes. À l’exception notable de Kani Kéli, où le candidat Assadillah Abdouroihamane (divers droite) a su résister à la coalition formée par presque toutes les listes concurrentes. Son maintien illustre sa popularité locale et sa capacité à fédérer son électorat malgré les tentatives de coalition contre lui.

Des scrutins serrés et des résultats attendus avec impatience

Le suspense a été palpable jusqu’à la proclamation officielle des résultats par les services de la préfecture. Dans de nombreuses communes, les scores étaient extrêmement serrés, parfois séparés par seulement quelques voix, ce qui démontre l’importance cruciale de ce scrutin pour les habitants. À Dzaoudzi-Labattoir, l’attention de l’île entière s’est portée sur ce duel serré. Le maire sortant, Houmadi Mikidache, a été rapidement confronté aux effets des ralliements de ses opposants. Quoi qu’il en soit, Freddy Novou, soutenu par les partis Les Républicains (LR) et le Néma, devrait officiellement prendre ses fonctions dès ce lundi, succédant ainsi au maire sortant. Ce basculement marque un changement notable dans la gouvernance de la commune et illustre la force du jeu politique des alliances et des stratégies électorales.

À Pamandzi, un autre cas emblématique, le second tour s’est transformé en quadrangulaire symbolisant la lutte intense entre quatre candidats au poids électoral comparable. Issoufi Maandhui, ancien membre de l’opposition lors de la mandature précédente conduite par Madi Madi Souf, devrait selon toute vraisemblance revêtir le rôle de premier magistrat. Sa victoire, si elle est confirmée, sera le début d’un mandat exigeant, avec d’importants défis à relever en matière de développement communal, d’aménagement urbain et de gestion des services publics.

Un panorama politique en mutation

Ces élections illustrent également le retour progressif de formations politiques moins médiatisées mais capables de peser sur les résultats grâce à des stratégies locales efficaces et à des alliances tactiques. Certaines communes ont ainsi vu des listes inattendues renverser la tendance, preuve que l’électorat mahorais n’est jamais totalement prévisible et reste attentif à la dynamique locale plutôt qu’aux seuls partis nationaux.

En somme, ce second tour des élections municipales à Mayotte confirme la vitalité d’une démocratie locale en mouvement, où les alliances, le charisme des candidats et l’engagement des électeurs jouent un rôle déterminant. Les prochains mois seront cruciaux pour observer comment ces nouvelles majorités vont concrétiser leurs promesses et répondre aux attentes de leurs administrés. Les défis ne manqueront pas : gestion de l’urbanisme, sécurité, développement économique et infrastructures sont autant de dossiers sur lesquels ces nouveaux élus seront jugés.

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Ambdilwahédou Soumaïla Installe sa nouvelle équipe municipale à Mamoudzou

Ambdilwahédou Soumaïla Installe sa nouvelle équipe municipale à Mamoudzou

La nouvelle mandature de Mamoudzou a été installée ce dimanche au gymnase de M’Gombani. Le maire réélu Ambdilwahedou Soumaila prend officiellement ses fonctions. Le conseil municipal compte 49 élus, dont 42 de la majorité et 7 de l’opposition, et 14 adjoints ont été désignés pour mener les priorités locales.

Temps fort de la vie publique locale, la cérémonie d’installation de la nouvelle mandature municipale s’est tenue ce dimanche matin au gymnase de M’Gombani, à Mamoudzou. Comme à Chiconi et M’tsangamouji, aucun second tour n’a été nécessaire : les électeurs ayant tranché dès le premier tour, le conseil municipal a pu être installé dans la foulée.

Dans une salle comble, où de nombreux administrés avaient fait le déplacement, l’ambiance était à la fois solennelle et chaleureuse. Tous ont voulu assister à la reconduction d’Ambdilwahedou Soumaila, largement réélu dès le premier tour avec 60,9 % des voix, dans une atmosphère empreinte de ferveur populaire. Les habitants, venus parfois sur leur trente-et-un, ont ponctué la cérémonie d’ovations répétées, scandant le nom d’Ambdilwahedou Soumaila. Dans une scène symbolique, plusieurs soutiens ont enchaîné les colliers de jasmin autour de son cou, traduisant leur attachement et leur enthousiasme.

Sans surprise, le maire sortant, Ambdilwahedou Soumaila, a été officiellement reconduit à la tête de la commune chef-lieu. Fort d’une majorité renforcée, il dispose désormais de 42 sièges sur 49, soit sept de plus que lors de la précédente mandature, offrant ainsi une stabilité politique accrue.

Le conseil municipal, composé de 49 membres, compte également 7 élus issus de l’opposition, tandis que 5 bulletins blancs ont été recensés lors des différents votes.

La liste des adjoints, proposée par la majorité, a été adoptée presque à l’unanimité avec 44 voix et 5 bulletins blancs. Quatorze adjoints ont ainsi été nommés : Hamidani Magoma, Nourainya Loutoufi, Dhoul-Mahamoud Mohamed, Fatima Fayma M’Soili, Nassim Saïd Boana, Rabianti Mvoulana, Toiyifou Ridjali, Esther Fardat Abdou, Oumaïri Chebani, Fazianti Djoumoi Tsimpou, Anassi Ali, Aïchat Saïd, Badrou Radjab et Zaïtouni Abdallah. L’équipe est complétée par dix conseillers délégués.

Au-delà des désignations, cette nouvelle mandature s’inscrit dans une feuille de route ambitieuse. Le maire a annoncé ses priorités, notamment en matière de sécurité, d’aménagement du territoire, de jeunesse, d’accompagnement des publics les plus fragiles et de renforcement de l’attractivité de la commune.

Ambdilwahedou Soumaila, lors de son discours, a insisté sur l’importance d’une gouvernance partagée avec l’État, fondée sur la concertation et la coopération, afin de répondre au mieux aux attentes des citoyens. À l’issue de la cérémonie, une première photo de l’ensemble des conseillers municipaux a été prise.

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Entretien avec Jacqueline Djoumoi-Guez : « Colocs », une série qui rehausse l’image de Mayotte

Entretien avec Jacqueline Djoumoi-Guez : « Colocs », une série qui rehausse l’image de Mayotte

Réalisatrice très engagée dans la cause des femmes mahoraises, Jacqueline Djoumoi-Guez, scénariste, productrice, réalisatrice de la série Colocs et gérante de la société Clap Production, revient en force avec une saison 3 : de nouveaux épisodes, de nouveaux personnages et un scénario plus travaillé et plus dynamique, qui restitue au monde les réalités de notre territoire.

Flash Info : Ce lundi soir, vous lancez la saison 3 de votre série à succès « Colocs ». Quel bilan dressez-vous des deux premières saisons ? Quels sont les épisodes qui vous ont le plus marquée ?

Jacqueline Guez : Je réalise que beaucoup de chemin a été parcouru depuis la première saison d’une série inédite, jamais réalisée à Mayotte, avec uniquement des acteurs non professionnels. Au début, c’était un peu effrayant pour le public, car les gens ne savaient pas à quoi s’attendre. L’accueil a été dithyrambique chez une certaine génération, notamment les plus jeunes, et beaucoup plus mitigé chez l’ancienne génération.

Avec la saison 2, nous avons réussi à faire en sorte que les deux générations se retrouvent dans le programme, et avec cette saison 3, nous allons encore plus loin. Ce que je retiens de cette évolution, c’est l’expérience acquise et la maturité. Nous avons fait mûrir ce projet, et nous avons tous grandi en faisant « Colocs ». Entre la saison 1, sortie en 2021 en pleine période de Covid, et aujourd’hui, le jeu des acteurs est beaucoup plus affirmé, tout comme le scénario, afin de plaire à un public au-delà de notre territoire.

Il faut savoir que « Colocs » est aujourd’hui la deuxième série la plus regardée en Outre-mer. Cette saison 3 vise aussi un public au-delà de nos frontières. C’est essentiel en termes de représentation de notre territoire et de valorisation des talents de Mayotte. Nous tirons aujourd’hui de très belles leçons de cette expérience.

FI : Qu’est-ce qui vous a poussée à traiter ces thématiques liées à la jeunesse, et particulièrement aux femmes mahoraises en devenir ?

J.G : Ce qui m’a poussée à travailler sur ces thématiques, c’est que, étant moi-même une femme, j’ai été confrontée à une société qui est loin d’être matriarcale. Sociologiquement parlant, ce terme est erroné : il serait plus juste de parler d’une société matrilinéaire.

J’ai vécu ces problématiques, tout comme mes amies et les femmes de ma génération. Ce sont souvent des femmes qui quittent Mayotte pour faire des études, reviennent diplômées, avec de l’expérience, mais se retrouvent ramenées à un statut d’enfant une fois de retour sur leur île natale.

La femme n’existe socialement qu’à partir du moment où elle est mariée, et elle ne trouve sa légitimité qu’à travers le mariage et la maternité. Au départ, j’ai voulu aborder le mal-être d’une génération plus éduquée que celle de ses parents, à qui l’on a demandé de faire des études, mais qui, une fois revenue à Mayotte, est renvoyée à un statut d’enfant.

Dans la série, je parle de la femme, mais aussi de tous les enjeux auxquels elle est confrontée au quotidien : les violences sexuelles, les violences conjugales, le harcèlement, l’évolution professionnelle, l’entrepreneuriat, les relations familiales et avec la belle-famille, la question de la fertilité, etc. Tous ces sujets sont abordés depuis la première saison.

Dans cette troisième saison, nous allons encore plus loin, à travers des personnages emblématiques mais aussi de nouveaux personnages que les téléspectateurs pourront découvrir à partir du lundi 23 mars 2026, à 20 h 30, sur Mayotte La 1ère.

FI : À ce sujet, avez-vous eu des retours du public ? Vous ont-ils dit quels sujets ils aimeraient voir abordés ?

J.G : Le retour que j’ai des jeunes femmes, c’est que, pour la première fois, elles se voient représentées à la télévision sur des thématiques qui leur sont propres. Cela a été un véritable bouleversement, tant pour elles que pour la population de Mayotte.

Même si « Colocs » est une fiction, elle aborde des réalités du quotidien pour de nombreuses femmes et hommes à Mayotte. Le succès et la diffusion de cette troisième saison montrent que la série est désormais bien installée dans le paysage audiovisuel, avec un public fidèle qui attend chaque nouvelle saison.

Nous en sommes extrêmement fiers, et je tiens à remercier les partenaires et financeurs : France Télévisions, la Politique de la ville, la préfecture de Mayotte, la Direction régionale aux droits des femmes, qui soutiennent « Colocs » depuis trois saisons.

Je crois que c’est un signal fort de France Télévisions, qui montre qu’elle croit aux talents des Outre-mer et que nos histoires ont leur place au niveau national. À ce titre, la directrice du pôle Outre-mer, Sylvie Jangoul, a fait un travail remarquable pour valoriser des récits qui sortent des stéréotypes touristiques.

Nos territoires ne se résument pas à des plages de sable blanc et à des lagons turquoise. Nous faisons face à des enjeux universels : la quête du bonheur, la sécurité, l’émancipation, le désir de se réaliser.

À travers « Colocs », nous mettons en lumière ces réalités, sans occulter les problématiques propres à notre territoire. Vous le savez, depuis le cyclone Chido, la vie à Mayotte est devenue particulièrement difficile, et cette thématique est bien sûr abordée dans la série.

Nous voulons rappeler que nous sommes des humains parmi les humains, avec des problématiques similaires à celles du reste du monde, et que nous racontons nos réalités à travers les médias.

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Les Mamoudzois ont revêtu leurs plus beaux atours pour célébrer l’Aïd-el-fitr ce samedi

Les Mamoudzois ont revêtu leurs plus beaux atours pour célébrer l'Aïd-el-fitr ce samedi

Les Mahorais ont célébré ce samedi la fête de l’Aïd-el-fitr. Marquant la fin du ramadan, cette fête essentielle pour les musulmans est également l’occasion de remettre à neuf sa garde-robe et de se promener dans les rues vêtus de costumes dignes des « Mille et une nuits ». A Mamoudzou, les habitants n’ont pas dérogé à cette tradition.

Après la grande prière du matin, célébrant la fin du ramadan et le début de la fête de l’Aïd-el-fitr, les festivités ont commencé comme à l’accoutumée par le partage d’un bon repas au sein de tous les villages de Mayotte. En famille, mais pas uniquement puisque la circulation des plats de maisons en maisons est l’une des grandes traditions de l’Aïd-el-fitr telle qu’elle est célébrée sur l’île au lagon où 95% de la population est musulmane. « Le jour de l’Aïd, tout le monde peut venir manger chez tout le monde, les maisons sont ouvertes à tous », nous explique Taïna, une jeune femme de 20 ans rencontrée dans le quartier de Cavani-Mamoudzou. « La dimension de partage et de rassemblement de tous les musulmans est essentielle pendant l’Aïd », précise-t-elle. Au menu : beaucoup de samoussas et de gâteaux, des denrées simples à transporter et à partager avec les personnes aimées.

Une « remise à neuf » des maisons et de la garde-robe

Si le partage de la nourriture est une dimension essentielle de cette fête, cette dernière est aussi l’occasion de « nettoyer à fond » sa maison et, pour les plus aisés, d’acheter de nouveaux meubles ou de refaire la décoration. Ce « nettoyage matériel » est une manière de refléter symboliquement le « nettoyage spirituel » réalisé par les croyants lors du ramadan. Cette « remise à neuf » se reflète également au travers de l’achat de nouveaux vêtements dont des costumes de fête d’inspiration très orientale avec lesquels les habitants de Mayotte aiment se promener dans les rues après les agapes. Au détour de la rue du Commerce et du quartier de M’Gombani, nous croisons ainsi tour à tour des femmes aux longues robes décorées de broderies et de paillettes scintillantes et des hommes en kandzus et kofia.

La dimension esthétique est donc très présente lors de l’Aïd et vient ajouter une touche de plaisir supplémentaire à celle procurée par le partage et le rassemblement avec la famille, les amis ou les voisins. « Avec le travail, on n’a pas beaucoup l’occasion de voir la famille, donc l’Aïd-el-fitr nous en donne l’occasion », nous confirme un jeune homme en kandzu croisé dans le quartier de M’Gombani, particulièrement animé ce samedi.

Une dimension ludique très présente pour la jeunesse

Le jour de l’Aïd-el-fitr est aussi celui de la finale du tournoi du ramadan, marquant la fin d’un mois de compétition. Au stade de Cavani, plusieurs équipes masculines et féminines, juniores et séniores, se sont affrontées dans un esprit « fair-play » et convivial. La dimension ludique est aussi constitutive de cette fête, au cours de laquelle les enfants et les jeunes ne sont pas oubliés. De grands chateaux gonflables avaient été installés sur le parvis de la MJC de M’Gombani et le chanteur Yako, bien connu de la jeunesse mahoraise, a donné un concert devant le collège pour l’occasion. Une nuée d’enfants s’en est donné à coeur joie, sautant et dansant dans un joyeux chaos et « lâcher-prise » général, heureusement circonscrit à l’espace dédié et surveillé par un agent de sécurité.

Petits et grands ont donc tous bien profité de la fête ce samedi à Mamoudzou. Quelque soit la manière dont les habitants l’ont célébrée, de façon très « spirituelle » pour certains ou plus « terrestre pour d’autres », un objectif commun a rassemblé tous les Musulmans de Mayotte : terminer ce mois de ramadan dans la joie et l’espoir dans l’avenir.

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Athlétisme : il vise une place sur le podium national

Athlétisme : il vise une place sur le podium national

Il sera bien à Daegu (Corée du Sud) pour défendre les couleurs de la France (et de Mayotte) en athlétisme (lancer et course). Il lui reste simplement à confirmer sa participation auprès des instances organisatrices de cette compétition internationale. Malgré l’assurance d’un soutien du comité départemental d’athlétisme, le champion de France Masters (en salle) est à la recherche de sponsors pour compléter la prise en charge financière de son séjour (billet d’avion, hébergement et déplacements). Deux rendez-vous importants l’attendent cet été dans l’Hexagone.

« Un championnat, ça se prépare avec des compétitions régionales et des meetings sportifs, c’est ce qui permet d’être prêt le jour J… ». La phrase est de Soultoini Ali, qui a remporté le mois dernier le championnat de France Masters en salle de lancer long à Saint-Brieuc. L’athlète mahorais est de retour parmi les siens depuis une dizaine de jours, le temps de se ressourcer et de rechercher des sponsors (en plus du comité départemental qui lui assure un premier soutien) pour financer sa participation au championnat du monde dans sa catégorie, qui se tiendra cet été à Daegu, en Corée du Sud, du 22 août au 23 septembre 2026.

Mais en attendant, le sportif originaire de la commune de Kani Kéli devra participer à deux grands rendez-vous nationaux pour lesquels il s’est déjà qualifié. Il s’est classé 6e dans un classement regroupant 8 des 12 meilleurs athlètes français de la discipline. Au cours de ces compétitions, il devra défendre son titre de champion de France, remporté consécutivement en 2024 et 2025.

Soultoini Ali est attendu à Niort, en juin, pour le championnat de France Open toutes catégories confondues. « La concurrence sera rude », reconnaît l’athlète, qui évolue actuellement dans la catégorie senior. Quoi qu’il en soit, il est déjà qualifié pour une autre épreuve qui se déroulera en juillet 2026 à Épinal (dans les Vosges) : le championnat de France Masters de lancer et course en plein air (l’inverse de ce qu’il a fait à Saint-Brieuc cet hiver).

Cette fois, il vise clairement le podium, ce qui lui permettrait de renforcer sa position pour accéder à une catégorie supérieure, appelée « Élite ». Classé 26e actuellement (sur 70) au niveau national, Soultoini Ali dispose d’une bonne cote dans le bilan national, ce qui lui a ouvert les portes du championnat du monde en Corée du Sud.

Mais en attendant de rejoindre à nouveau l’Hexagone, le champion de France Masters en salle envisage d’enchaîner les meetings et compétitions régionales, afin de se maintenir en forme avant l’été.

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« Servir. L’ambition d’une vie » : Ambdilwahedou SOUMAILA publie son premier ouvrage sur l’engagement et le service

« Servir. L’ambition d’une vie » : Ambdilwahedou SOUMAILA publie son premier ouvrage sur l’engagement et le service
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Le premier livre de Ambdilwahedou SOUMAILA, intitulé « Servir. L’ambition d’une vie », est désormais disponible aux Éditions Project’îles. À travers cet ouvrage, l’auteur propose une réflexion profonde sur le sens de l’action publique, le rôle de chacun dans la société et l’importance de contribuer au bien commun. Entre engagement, responsabilité et valeurs de service, le livre invite chaque lecteur à interroger ses propres motivations et ambitions, tout en soulignant la nécessité de s’impliquer pour le collectif.

La sortie officielle sera célébrée lors de deux événements ouverts au public. Le dimanche 22 mars 2026 à 9h, à M’gombani (Mamoudzou), le livre sera mis en vente avec un point de vente dédié. Une semaine plus tard, le samedi 28 mars 2026 à 9h, à la Médiathèque RAMA MSA de Passamainti, Ambdilwahedou SOUMAILA rencontrera ses lecteurs lors d’une séance de dédicace, offrant un moment privilégié d’échanges autour de son ouvrage.

Destiné à tous ceux qui s’intéressent au leadership, à l’engagement citoyen et à la contribution au bien commun, « Servir. L’ambition d’une vie » se veut un guide et une source d’inspiration pour réfléchir sur son parcours personnel et ses motivations à « servir ».

Voyage des saveurs et des senteurs au lycée de Coconi le 11 avril

Voyage des saveurs et des senteurs au lycée de Coconi le 11 avril

Le samedi 11 avril 2026, le lycée agricole de Coconi accueillera l’événement «Voyage des saveurs et des senteurs au cœur de l’océan Indien », organisé par les étudiants du Brevet de Technicien Supérieur Agricole (BTSA) Développement et Animation des Territoires Ruraux (DATR). Cette formation prépare les étudiants à gérer des projets agricoles et à valoriser les savoir-faire locaux.

Ce marché pédagogique et culturel mettra en valeur les produits locaux et artisanaux de Mayotte ainsi que la richesse culturelle de l’océan Indien. De 9h00 à 16h00, le public pourra découvrir des stands de producteurs et d’artisans, participer à des ateliers pédagogiques, assister à des animations culturelles et déguster des produits du terroir. L’entrée est libre et ouverte à tous, familles, habitants et passionnés de culture de l’océan Indien.

Une randonnée pour explorer la biodiversité du Grand Nord à Hamjago

Une randonnée pour explorer la biodiversité du Grand Nord à Hamjago

La Communauté d’Agglomération du Grand Nord de Mayotte organise, en partenariat avec Challenge Mayotte Tour, une marche de découverte de la biodiversité ce dimanche 29 mars 2026 à Hamjago. Ouverte à tous, cette randonnée conviviale propose aux habitants du territoire de partir à la rencontre des richesses naturelles du Grand Nord. Les participants pourront observer la faune et la flore locales, découvrir différents milieux naturels et être sensibilisés aux enjeux environnementaux. Une visite de l’exploitation Combo Coco permettra également de découvrir la production de miel. Cette initiative s’inscrit dans la démarche d’élaboration de l’Atlas de la biodiversité intercommunale du Grand Nord de Mayotte. L’objectif est d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel, d’identifier les enjeux de préservation et d’impliquer les habitants dans la protection de leur environnement. Le rendez-vous est fixé au 9 Chemin Moussa Abdallah, dans la commune de Mtsamboro. Une occasion pour le public local de conjuguer activité de plein air et sensibilisation à la biodiversité.

Mamoudzou : le nouveau conseil municipal s’installe ce dimanche dans un cadre adapté

Mamoudzou : le nouveau conseil municipal s’installe ce dimanche dans un cadre adapté

La Ville de Mamoudzou informe ses administrés de la tenue de la séance officielle d’installation du conseil municipal ce dimanche 22 mars à partir de 9h. Initialement prévue ailleurs, cette réunion se déroulera finalement au gymnase Jean-François Hory, situé à Mgombani, afin de garantir des conditions d’accueil et d’organisation optimales.

Ce changement de lieu vise à offrir un espace plus adapté à l’importance de cet événement institutionnel, marquant le début d’un nouveau mandat municipal. Les habitants sont invités à suivre ce moment clé de la vie locale, symbole du fonctionnement démocratique de la commune.

Soucieuse de permettre au plus grand nombre d’y assister, la Ville de Mamoudzou propose également une retransmission en direct de la séance sur sa page Facebook officielle, dès 9h. Une initiative qui permettra à chacun de suivre les temps forts de cette installation, même à distance.

Conférence de presse du préfet de Mayotte : une réaffirmation forte de l’appartenance de Mayotte à la France

Conférence de presse du préfet de Mayotte : une réaffirmation forte de l’appartenance de Mayotte à la France
Le préfet François-Xavier Bieuville (délégué du gouvernement) a profité de l’escale du porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » pour rappeler aux pays de la région l’appartenance de Mayotte à la France.

L’Océan Indien est cette année le centre de gravité de la mission Jeanne d’Arc, menée par le porte-hélicoptères amphibie Dixmude. En route vers l’île de La Réunion, où se déroulera prochainement un exercice militaire baptisé « Papangue » en partenariat avec des marines de pays voisins, le navire a fait escale à Dzaoudzi jeudi matin 19 mars 2026. Cette halte a offert au préfet de Mayotte l’occasion de réaffirmer solennellement l’appartenance de l’archipel à la France.

Tout un symbole : une conférence de presse tenue par un préfet délégué du gouvernement au sein d’un camp militaire emblématique, siège officiel du commandement des forces armées à Mayotte, qui abrite le 5ᵉ Régiment Étranger sur le rocher de Dzaoudzi. Le passage du Dixmude dans le lagon mahorais a été l’occasion d’envoyer un message fort à la région sur la souveraineté française de l’archipel.

« La venue du Dixmude est l’expression même de la souveraineté française à Mayotte. Mayotte, c’est la France. Ici ou ailleurs, il y a parfois des questionnements ou quelques revendications sur cette souveraineté. Je suis très heureux, au nom de l’État et des forces armées, de pouvoir profiter de ce signal extrêmement important dans le canal du Mozambique pour réaffirmer, de manière solennelle et forte, que Mayotte, c’est la France et que la France, c’est Mayotte », a déclaré François-Xavier Bieuville.

Un message adressé aux pays de la région, aux côtés du commandant du Dixmude, le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu, et du colonel Voyet, chef de corps du 5ᵉ Régiment Étranger, qu’il a chaleureusement remerciés.

Le Dixmude est déployé dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc, qui combine formation et opérationnel. À son bord, 160 élèves officiers de la Marine nationale suivent une mission de cinq mois pour apprendre leur métier avant de rejoindre leur première unité et exercer leurs responsabilités. Le navire assure également la protection des intérêts français, notamment dans les territoires ultramarins de Mayotte et La Réunion, qu’il rejoindra après avoir patrouillé dans les espaces de souveraineté française du canal du Mozambique.

Conférence de presse du préfet de Mayotte : une réaffirmation forte de l’appartenance de Mayotte à la France
Le capitaine de Vaisseau Jocelyn Delrieu (commandant du Dixmude) a indiqué avoir 15 marins originaires de Mayotte au sein de son équipage.

Dans le département voisin, l’équipage participera à l’exercice « Papangue », réunissant forces françaises et navires de pays partenaires pour un entraînement en mer. Le capitaine de vaisseau Jocelyn Delrieu a souligné que ces partenariats permettent à la Marine française de décupler son action en coalition avec ses alliés. Cette mission dans le sud de l’océan Indien s’étend sur cinq mois et s’achèvera à la mi-juillet avec le retour du navire à sa base de Toulon.

Lors de cette conférence de presse, le préfet François-Xavier Bieuville s’est félicité d’avoir obtenu du Rectorat la possibilité de faire découvrir aux élèves les réalités de la Marine nationale, avec l’espoir qu’ils s’ouvrent à de futures vocations dans les métiers exercés à bord.

« J’ai la chance de commander un équipage de 200 marins de toutes spécialités : mécaniciens, électriciens, détecteurs, timoniers, cuisiniers, commissaires… Parmi eux, une quinzaine sont d’origine mahoraise et, pour certains, cette escale est l’occasion de retrouver leurs proches », a précisé le commandant du Dixmude, ajoutant que l’équipe est jeune, avec une moyenne d’âge de 27 à 28 ans. De nombreux ultramarins rejoignent ce porte-hélicoptères amphibie pour quelques années ou pour une longue carrière au service de la France.

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Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
Le porte-hélicoptères amphibie « Dixmude » dispose d’une capacité exceptionnelle de projection de moyens humains et matériels sur les terrains requérant l’intervention des forces armées françaises.

Des scolaires, des marsouins du RSMA de Combani, des jeunes sapeurs-pompiers, mais également des cadets de la gendarmerie ont été invités à visiter le porte-hélicoptères Dixmude, en présence de la presse mahoraise. Une escale qui aura marqué les esprits du côté de la population civile, venue en masse sur la nouvelle place de France à Dzaoudzi assister à l’hommage solennel aux morts, présidé par le préfet de Mayotte, en présence des commandants du Dixmude et des forces armées sur l’île, sous le son des cornemuses de quelques éléments du Bagad de Lann-Bihoué. Un moment empreint d’émotion.

Le porte-hélicoptères amphibie Dixmude a fait escale dans le lagon très tôt jeudi matin. Sa venue dans les eaux mahoraises avait officiellement été annoncée depuis plusieurs jours par le préfet de Mayotte, mais aussi par les forces armées. C’est la toute première fois que ce bâtiment fait relâche dans la rade de Dzaoudzi, renouant ainsi avec un passé où des navires de guerre de cette importance faisaient des passages réguliers sur l’île.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais

C’est dans le cadre de la « mission Jeanne d’Arc » (formation des élèves officiers de l’École navale) que le Dixmude est venu présenter aux Mahorais différentes missions de la Marine nationale, dont le rayonnement de la France dans le monde. « Faire comprendre ce que fait la Marine, pourquoi elle existe et quelles capacités elle met en œuvre : la mission Jeanne d’Arc est en cela un excellent moyen de montrer l’ensemble du dispositif de la Marine nationale, que ce soient des moyens aéronautiques ou de projection de forces », explique l’enseigne de vaisseau de 1re classe en charge des relations avec la presse.

À son bord, le Dixmude embarque un groupement tactique embarqué de l’armée de Terre, composé notamment de forces du 3e Régiment d’infanterie de marine, pouvant être mises en œuvre dans le cadre de ses capacités amphibies. « En d’autres termes, la capacité de projeter des marins, des soldats, du matériel médical, des vivres vers la terre pour assurer des missions de soutien, d’assistance ou de projection de forces », renchérit l’officier.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
Un étalage de véhicules militaires, d’hélicoptères et de haute technologie pour donner un aperçu aux jeunes
Mahorais des moyens que peut déployer l’armée française pour défendre ses intérêts stratégiques dans l’océan
Indien.

Le Dixmude est un navire doté d’une importante capacité d’action et d’interaction en mer, largement expliquée à de nombreux scolaires (collèges, lycées, pôle aéronautique, cadets de la gendarmerie, jeunes sapeurs-pompiers et marsouins du Régiment du Service Militaire Adapté de Combani) à l’occasion d’une visite guidée d’une heure dans la matinée. À noter que ce navire compte parmi son personnel une quinzaine de membres originaires de Mayotte.

Des scolaires revenus sur la terre ferme avec des rêves plein la tête

« Évidemment, nous avons l’intention de faire comprendre aux gens ce que nous faisons, de susciter de l’intérêt, et peut-être l’espoir que certains d’entre eux seront inspirés par ce qu’ils ont vu et souhaiteront par la suite s’engager dans la Marine nationale », reconnaît le communicant du Dixmude.

L’année 2026 est un moment particulier pour la Marine française, qui célèbre ses 400 ans d’existence. D’où une volonté de faire découvrir à ses troupes des territoires non visités depuis 20 ans, et de rappeler qu’elle représente l’ensemble du territoire national, avec la volonté d’être présente et visible partout en France.

Message reçu cinq sur cinq par les collégiens et lycéens qui ont eu la chance de visiter le Dixmude, à l’image de Saïd Nassim, élève en classe de 2de aéronautique à Pamandzi, émerveillé par cette sortie scolaire à bord du porte-hélicoptères amphibie : « Nous avons découvert des choses que nous ignorions, comme les hélicoptères Gazelle et NH90, ainsi que les drones de la Marine nationale, le pont d’envol, etc. » À titre personnel, il se verrait bien un jour marin, par goût de l’aventure et de la mécanique.

Quand le « Dixmude » capte l’attention des Mahorais
La découverte des différents hélicoptères embarqués à bord du « Dixmude » a suscité des vocations futures parmi
les lycéens du pôle aéronautique de Pamandzi.

Scolarisé au lycée de Petite-Terre, Abdourane retiendra de sa visite sur le Dixmude une occasion très rare de découvrir un navire de cette envergure, qui se déplace rarement dans nos eaux : « Cela nous a permis de découvrir plein de choses qui nous donnent encore plus envie de nous impliquer dans l’apprentissage des métiers de l’aéronautique. » Une nouvelle vocation est née en lui : devenir pilote d’hélicoptère, dans le militaire ou le civil, notamment pour les évacuations sanitaires.

Des hélicoptères qu’il a pu approcher de près, monter à leur bord, découvrir leurs différentes tailles et comprendre leur utilité. Ces élèves, issus de différents établissements du second degré, ont regagné la terre ferme après une heure d’émerveillement dans les entrailles et sur le pont du porte-hélicoptères amphibie Dixmude, conscients de la chance qui leur a été donnée par les autorités de l’Éducation nationale et le commandement des forces armées.

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Comores : 18 migrants continentaux périssent dans un naufrage

Comores : 18 migrants continentaux périssent dans un naufrage

Les passeurs les auraient fait débarquer près des côtes en faisant croire aux 51 passagers qu’ils étaient arrivés à destination, notamment à Mayotte, confrontée à des vagues de migrants essentiellement originaires d’Afrique.

Encore une tragédie liée à l’immigration clandestine au nord de la Grande Comore. Dans la nuit de mercredi, des migrants continentaux ont été abandonnés au large des côtes de Mitsamihuli. Alertés par des cris de détresse, les habitants de cette commune se sont mobilisés pour porter secours aux naufragés.

Malheureusement, seuls 30 passagers ont pu être secourus vivants sur la cinquantaine de personnes à bord. Dans un premier temps, un bilan provisoire faisait état de 8 morts parmi les rescapés. Mais dans l’après-midi, ce chiffre est monté à 18 décès, après le repêchage de dix corps supplémentaires.

Selon le directeur de l’hôpital de Mitsamihuli, Zain Elabidine Abdallah, l’alerte a été donnée vers 22h30 par un jeune habitant. « Il s’est rendu à la gendarmerie, puis est revenu utiliser le micro de la mosquée, dont la sonorisation porte sur près de deux kilomètres, pour lancer un appel. Les habitants se sont alors précipités vers la mer pour porter secours », a-t-il expliqué.

Les premiers survivants sont arrivés à l’hôpital vers minuit. « Parmi les huit premiers corps, il y avait quatre hommes et quatre femmes, dont une fillette de deux ans et demi. Aucun des survivants ne présentait de blessures graves nécessitant des points de suture », a indiqué la docteure Halssoi Bacar. Une femme enceinte de trois mois figure également parmi les rescapés.

Des migrants majoritairement congolais

Dans un communiqué, la direction générale de la sécurité civile a confirmé le naufrage : « Une embarcation transportant des migrants depuis les côtes est-africaines a fait naufrage à Mitsamihuli. Le Centre de traitement des appels du COSEP a été informé à 00h15. Des moyens de secours ont immédiatement été déployés, dont deux ambulances, un groupe d’intervention et un médecin réanimateur. »

Engagés dans les opérations de recherche, les garde-côtes ont fermement condamné ces pratiques criminelles, dénonçant une mise en danger délibérée de vies humaines. « Les auteurs feront l’objet d’identifications et d’interpellations », ont-ils assuré.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi, en présence de représentants des Nations unies, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahamada, a précisé que la majorité des victimes étaient originaires de la République démocratique du Congo. « Nous ne pouvions pas enterrer les victimes sans connaître leur nationalité », a-t-il expliqué, saluant au passage la solidarité des habitants de Mitsamihuli, qui ont mis à disposition un terrain pour l’inhumation.

« Le bateau les a déposés au large en leur demandant de rejoindre la côte à la nage, en leur faisant croire qu’ils étaient arrivés à destination. Mais seuls 30 ont survécu. À ce jour, 17 corps ont été repêchés et quatre personnes sont portées disparues », a ajouté le ministre.

De son côté, le coordonnateur résident du système des Nations unies a appelé à une coopération internationale renforcée pour lutter contre les réseaux de passeurs.

Vers une coopération régionale

« C’est la première fois que nous enregistrons des pertes humaines malgré les vagues de migrants observées. Cela montre le caractère dramatique de ces mouvements, qui relèvent de réseaux criminels. Le gouvernement comorien souhaite collaborer avec la Tanzanie, car seule une solidarité régionale permettra de trouver des solutions durables », a déclaré James Bolt, coordonnateur résident du système des Nations unies aux Comores, en déplacement à l’hôpital de Mitsamihuli aux côtés de l’Organisation internationale pour les migrations.

Depuis cinq mois, plusieurs villes côtières de la Grande Comore font face à un afflux important de migrants, principalement originaires du continent africain et cherchant à rejoindre Mayotte. Les passeurs les abandonnent souvent sur d’autres îles en leur faisant croire qu’ils ont atteint leur destination.

Dans ce drame, les migrants auraient été pris au piège par les courants marins, réduisant considérablement leurs chances de survie.

Face à cette situation, l’Union des Comores a lancé en décembre des travaux visant à se doter d’une véritable politique migratoire. En 2025, près de 400 migrants ont été interceptés sur les côtes comoriennes, selon des chiffres officiels, sans compter ceux ayant échappé aux contrôles.

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Des milliards de particules de micro plastiques tombent sur Mayotte chaque jour

Des milliards de particules de micro plastiques tombent sur Mayotte chaque jour

Une étude scientifique française récente et le projet participatif Plasma mettent en lumière une pollution aux origines multiples, jusque dans l’air. Longtemps perçu comme un sanctuaire préservé, le lagon de Mayotte révèle une contamination diffuse aux microplastiques.

À Mayotte, les microplastiques ne viennent pas uniquement de la terre ou de la mer. Ils arrivent aussi par voie aérienne. C’est l’un des apports majeurs du Projet Plasma, un programme de recherche interdisciplinaire lancé à Mayotte fin 2022 et prévu jusqu’en 2027. Son objectif : remonter toute la chaîne de contamination, du déchet visible à la particule invisible. À Combani, les premières mesures atmosphériques ont de quoi surprendre : entre 1 000 et 1 500 particules de plastique se déposent chaque jour sur un mètre carré. Mais ces chiffres ne sont qu’une de premières estimations précisent les chercheurs. « Si l’on extrapole à l’échelle de l’île, cela correspond à des milliards de particules qui tombent sur Mayotte chaque jour. Ce qui serait davantage qu’à Paris. Seulement, on ne sait pas encore quel est leur danger pour la santé. Dans un an nous aurons les résultats plus précis de ces retombées », explique la chercheuse Cristèle Chevalier, co-autrice de l’étude.

Une première en France pour ce type d’observation

L’origine de ces particules est multiple. L’usure des pneus en constitue une source majeure : « Quand des véhicules roulent, les pneus libèrent des microplastiques qui se retrouvent dans l’air, puis retombent notamment dans le lagon. D’autres microplastiques sont transportés par les vents, comme les poussières du Sahara. »

Le lagon, piège à particules

Sous la surface du lagon, une pollution invisible s’installe. Des fragments de plastique, parfois mille fois plus fins qu’un grain de sable, circulent désormais dans cet écosystème emblématique. Une fois dans l’eau, ces fragments ne disparaissent pas. Ils s’accumulent. Les chercheurs s’interrogent notamment sur le rôle de la barrière de corail, qui entoure le lagon. « Du fait de la barrière récifale, les microplastiques ont tendance à s’accumuler dans le lagon plutôt qu’à l’extérieur », observent-ils. Un effet de confinement qui pourrait transformer cet espace en zone de rétention. « Nous n’avons aucun doute sur le fait qu’une partie provient de l’intérieur du territoire, mais ceux venant de l’extérieur peuvent aussi s’y accumuler », précise la chercheuse. Autre enseignement de l’étude : près de 70 % des particules identifiées dans le lagon sont du polypropylène, un plastique léger très utilisé dans les emballages, capable de flotter durablement. Les concentrations mesurées varient entre 0,01 et 1,23 particule par mètre cube d’eau. Des niveaux encore modestes à l’échelle mondiale, mais suffisants pour attester d’une contamination bien réelle. « Ces résultats constituent une première photographie du lagon », soulignent les scientifiques, qui ont mené leurs prélèvements sur plusieurs périodes afin de comparer saison sèche et saison des pluies. Un constat s’impose : les concentrations augmentent avec les précipitations, lorsque les déchets terrestres sont entraînés vers la mer.

Des causes locales et structurelles

À Mayotte, plusieurs facteurs aggravants sont identifiés. « L’inaccessibilité aux poubelles et le non ramassage est une des causes », notent les chercheurs du projet Plasma, qui travaillent avec des sociologues pour analyser les pratiques. À cela s’ajoute une gestion encore limitée des eaux usées : seule une faible part des habitations est raccordée à un réseau d’assainissement. Les rivières jouent également un rôle clé. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, elles contiennent moins de microplastiques en saison des pluies. « Ils sont emportés vers le lagon et ne stagnent pas », selon les équipes.

Une recherche pour et par la société mahoraise

Face à ce constat, les scientifiques tentent de dépasser le simple diagnostic. Le projet Plasma mise sur la participation des habitants. Des élèves, notamment du collège de Passamaïnty, participent aux prélèvements. « Cela permet aussi de sensibiliser les jeunes », rapporte la chercheuse Cristèle Chevalier. Plus original encore, des « parlements de la rivière » ont été mis en place. Ces espaces de discussion réunissent habitants, associations, scientifiques et institutions. « Tout le monde a une voix identique, avec ou sans papiers », insistent les organisateurs. Objectif : faire émerger des solutions collectives à partir des réalités du terrain.

Une pollution encore mal comprise

À ce stade, une question demeure : quels sont les effets de cette pollution ? Les résultats à venir du projet Plasma, attendus d’ici 2027, devraient permettre d’affiner les connaissances. « L’année prochaine, nous pourrons déjà présenter de premiers résultats, en associant les élèves », annoncent les équipes. En attendant, une certitude s’impose : même les territoires les plus isolés ne sont plus à l’abri. À Mayotte, la pollution plastique ne se contente plus de flotter. Elle circule, s’infiltre et tombe du ciel. On comprend mieux la circulation des micro plastiques, mais il reste à identifier leurs sources et leurs impacts pour agir efficacement.

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Mayotte Hebdo de la semaine

Mayotte Hebdo n°1116

Le journal des jeunes