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Piste longue, concurrence, développement… Les ambitions du nouveau président de l’Autam

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En succédant ce samedi 12 mars à Cris Kordjee à la présidence de l’association d’usagers des transports aériens de Mayotte (Autam), Ali Djaroudi entend bien jouer la carte de la continuité sur les dossiers brûlants, tels que le projet de la piste longue, la création d’une compagnie aérienne locale et la gestion des litiges avec Air Austral. Sans oublier « d’apporter sa pierre à l’édifice ».

Flash Infos : Samedi, vous avez succédé à Cris Kordjee, la présidente de l’association d’usagers des transports aériens de Mayotte depuis près de trois ans, lors du renouvellement du bureau. Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter ?

Ali Djaroudi : J’ai la volonté de continuer à faire bouger l’échiquier dans le domaine de l’aérien, qui est un chantier énorme, et de participer à l’évolution du développement économique et touristique de Mayotte, qui dépend énormément du ciel. Je souhaite apporter ma pierre à l’édifice. J’avais déjà milité par le passé avec le collectif des usagers de l’air, qui a finalement disparu au profit de l’Autam, dont je suis l’un des membres fondateurs.

FI : Vous récupérez un dossier brûlant, à savoir le projet de la piste longue…

A.D. : Renvoyée en 2050 sous la présidence de François Hollande, la piste a été remise sur le devant de la scène par Emmanuel Macron. Cris Kordjee et son équipe ont réussi à rouvrir ce dossier qui était jusqu’alors complétement enterré. Même s’il semble désormais sur les rails, nous restons vigilants ! Le chef de l’État avait promis, lors de sa venue à Mayotte en octobre 2019, qu’il n’y aurait pas de nouveaux délais d’attente pour commencer le chantier. Or, nous nous apercevons que ce n’est pas réellement le cas… Les études dites « complémentaires » sont beaucoup plus lourdes que prévues. Tout comme nous ne pouvons pas concevoir une nouvelle consultation populaire. Nous ne pouvons pas parler d’aérien sans évoquer une infrastructure digne de ce nom. Nous allons par conséquent suivre l’évolution de ce projet comme le lait sur le feu.

FI : Lors de sa création le 25 mai 2019, l’association se voulait être un lieu de conseils techniques pour les usagers, qui pouvaient se sentir lésés par Air Austral, alors en situation de monopole, avant le retour de Corsair à Mayotte le 12 décembre 2020. Quelles avancées avez-vous pu obtenir ?

A.D. : Cela n’a pas beaucoup évolué avec Air Austral, cela reste compliqué. Depuis bientôt trois ans, nous accompagnons des voyageurs qui ont des vols annulés ou retardés afin qu’ils puissent se faire dédommager. Malheureusement, quand la compagnie rembourse l’un de ses clients, elle présente cela comme un geste commercial, alors que cela n’en est pas un ! Les usagers doivent comprendre qu’il faut aller au bout de la procédure pour être remboursé d’un montant non minoré… Nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour y arriver car les Mahorais n’ont pas pour habitude de réclamer leurs droits, voire même de porter plainte si cela coince.

Concernant Corsair, je dirais qu’ils sont tout simplement en partenariat avec Air Austral (Ali Djaroudi fait référence à l’accord de coopération commerciale sur les routes entre la métropole et l’océan Indien conclu en août 2021). Il y a même la prévision d’une éventuelle fusion, cela n’arrangerait en rien nos affaires ! Nous pensions que l’arrivée de Corsair allait apporter de la concurrence. Au final, il ne s’agit ni plus ni moins que d’un duopole… Si cela continue en ce sens, ce sera même pire qu’avant.

FI : Face à cette situation que vous qualifiez d’anti-concurrentiel, vous soutenez corps et âme le projet Zena Airlines.

A.D. : C’est effectivement un projet mahorais que nous défendons et qui peut enfin apporter une concurrence saine. Nous n’entendons pas beaucoup les élus sur ce dossier opaque alors qu’il s’agit d’un sujet majeur pour l’avenir de Mayotte. Soit le Département se positionne, soit il abandonne. On nous avait parlé d’une échéance au mois de mars : jusque-là, toujours rien ! Entre temps, le président, Ben Issa Ousseni, aurait affiché sa volonté de devenir actionnaire majoritaire d’Ewa Air, mais il aurait reçu une fin de non-recevoir de la part d’Air Austral, qui ne veut pas que nous soyons dans une situation de contrôle. Nous ne pouvons plus nous contenter d’une coquille vide et être à la botte d’une compagnie réunionnaise qui base sa stratégie sur la dissuasion. Il ne faut pas tomber dans le panneau, au contraire il faut y aller au fond ! Et je reste intimement persuadé que si demain Zena Airlines voit le jour, les Mahorais n’hésiteront pas à payer des billets plus chers par pure fierté !

FI : Quels nouveaux combats souhaitez-vous porter ?

A.D. : Nous ne devons pas nous arrêter à un simple vol direct vers la métropole. Il faut envisager d’autres destinations que celles proposées aujourd’hui. Le business se joue ailleurs, notamment en Afrique de l’Est. De nombreux investissements s’y réalisent, comme en Éthiopie qui jouit d’une grande plateforme aéroportuaire. Nous devons nous orienter vers le continent africain où nous pourrions voyager moins cher et développer plus facilement des affaires !

Nous allons également intervenir auprès de nos compatriotes mahorais installés en Hexagone, à l’instar des fonctionnaires qui ont du mal à rentrer à Mayotte sans leurs congés bonifiés. Pour contrer cet isolement, il faut absolument faire pression auprès du ministère des Outre-mer et des autres organismes concernés pour obtenir des aides. Cela existe dans d’autres départements, pourquoi pas chez nous ? Idem pour les patients obligés d’aller se soigner en dehors de l’île. Mayotte est un désert médical où il manque énormément de spécialités. Nous devons réfléchir à une continuité territoriale dans le domaine de la santé.

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