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À l’occasion de sa huitième édition, Uzuri Wa Mwendro a rassemblé plus de 2 000 participants au fil de cinq randonnées organisées par l’office de tourisme du Centre-Ouest, avec une attention particulière portée à l’inclusion des personnes en situation de handicap et de leurs familles. Samedi 17 octobre, la dernière marche a conduit les participants à la découverte des paysages de M’tsangamouji.
Pour la dernière randonnée de Uzuri Wa Mwendro, samedi 17 octobre, l’office de tourisme du Centre-Ouest a invité les marcheurs à découvrir le village de M’tsangamouji et ses paysages. Huit kilomètres sur des terrains pentus, parfois glissants et difficiles, entre la lagune d’Ambato, la rivière qui serpente dans les hauteurs du village jusqu’à sa cascade, les padzas et les forêts.
La diversité des paysages de M’tsangamouji
Les premières marches à gravir à travers le village ont donné le rythme de la matinée. Entre les maisons, les randonneurs ont pu découvrir le quotidien des habitants, contraints d’emprunter ces escaliers raides chaque jour, notamment les élèves qui vivent dans le bas du village et doivent les gravir pour se rendre au collège.
Au sommet, une première vue sur le village et le lagon a offert une pause bien méritée avant de s’élancer à travers les zones cultivées et quelques résidences, puis de rejoindre la forêt qui longe la rivière, où les marcheurs ont pu trouver un peu de fraîcheur.
Près de deux ans après le cyclone Chido, la végétation reprend peu à peu ses droits. Par endroits, les forêts retrouvent leur densité et leur diversité. Le chemin qui longe le lit de la rivière, peuplée de milliers de guppys, a obligé les randonneurs à mettre les pieds dans l’eau. Certains n’ont d’ailleurs pas échappé aux glissades et à la boue. Mais l’arrivée sur les padzas a vite fait oublier les difficultés du parcours. D’un côté, le mont Combani se dresse au loin ; de l’autre, le lagon s’étend à perte de vue. Les marcheurs ont ensuite entamé la descente vers le village.
Cette année, trois itinéraires sur cinq ont été renouvelés pour permettre aux participants de découvrir de nouveaux chemins et paysages.
Au retour de la marche, le marché gourmand Le Tata Bé a prolongé la journée au bord de l’eau, avec des produits locaux, des gourmandises et des animations dans une ambiance chaleureuse. Plusieurs activités étaient également proposées, parmi lesquelles une initiation au vélo, du surf ski, des jeux gonflables, de l’accrobranche et des animations culturelles.
Un événement inclusif pour les enfants en situation de handicap et leurs familles
Comme l’année dernière, un partenariat avec le Club de Sport Adapté de Mayotte (CSAM), a permis à de nombreux jeunes en situation de handicap, de 13 services de Mlezi Maoré, de participer aux marches et aux diverses activités.
Le téléphone portable dans les mains pour prendre en photo les jeunes qu’elle accompagne, Zaïdati Ibrahim est heureuse de les voir s’épanouir. Technicienne de l’intervention sociale et familiale à l’Institut Médico-Éducatif Arc-en-ciel, de Doujani, géré par l’association Mlezi Maoré, elle a ramené huit jeunes, porteurs de handicap (déficiences intellectuelles, polyhandicap ou troubles du spectre autistique), pour participer à la randonnée.
“C’est une opportunité pour eux de faire autre chose et de découvrir d’autres paysages. Nous travaillons aussi beaucoup sur l’inclusion sociale des personnes en situation de handicap, notamment en leur permettant de rencontrer d’autres publics, mais aussi d’autres jeunes en situation de handicap”, souligne Zaïdati Ibrahim, qui s’est démenée pour amener son groupe à la randonnée, à bord de son minibus.
Deux parcours de cinq et trois kilomètres étaient spécialement prévus pour les personnes en situation de handicap. L’APAJH a également accompagné un jeune en joëlette, afin qu’il puisse profiter de la randonnée.
“Avec les jeunes, nous avons suivi le deuxième parcours, qui était plus adapté à leurs capacités et avec une plus faible distance. Des véhicules étaient également prévus pour récupérer ceux qui rencontraient des difficultés”, ajoute-t-elle.
Les familles invitées à observer “les capacités de leurs enfants”
Pour aller plus loin, le CSAM et l’office de tourisme ont souhaité pouvoir permettre au plus grand nombre de parents d’enfants en situation de handicap de participer à la randonnée.
“Souvent, nous faisons des randonnées, mais les familles ne sont pas forcément présentes. Pour cette huitième édition, nous tenions particulièrement à les inviter. Cela leur permet de voir comment nous accompagnons les jeunes à l’extérieur, mais aussi de découvrir directement les capacités de leurs enfants”.
“Le CSAM a ramené plus de 150 jeunes en moyenne par week-end sur les randonnées. Le but, c’est de continuer à faire en sorte que le handicap ne soit plus un sujet tabou”, explique Zirari Souffou, guide animateur territorial à l’office de tourisme du Centre-Ouest.
“Au total on a dépassé les 2000 participants cette année, contre 1 600 l’année dernière”, se réjouit Zirari qui remercie les partenaires mobilisés, notamment les cinq communes de la communauté de communes du Centre-Ouest (3CO), les encadrants, la police intercommunale, la Fédération mahoraise des associations environnementales (FMAE) et le CSAM, avant de donner rendez-vous à l’année prochaine pour une nouvelle édition.
Journaliste




































