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Les lycéens de Dembéni mettent à l’honneur les femmes mahoraises

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La terminale science et technologies de la santé et du social, au lycée situé à Tsararano participe à un projet éducatif d’action culturel intitulé « Femme illustre, tu m’inspires ». Après avoir rédigé des lettres en hommage aux femmes qui suscitent leur admiration, les 28 élèves ont reçu quelques-unes des personnalités féminines mahoraises au sein de leur lycée, ce vendredi.

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Ce vendredi 20 janvier, Roukia Lihadji, l’ancienne maire de Chirongui, racontait son parcours aux élèves du lycée de Dembéni, aux côtés de onze autres femmes mahoraises.

« A 19 ans, j’ai voulu retourner à l’école. A ce moment-là, je vivais à Marseille, j’étais mariée et j’avais un enfant. Après avoir fait dix collèges pour réintégrer une classe de quatrième, je suis arrivée devant le directeur d’un établissement, déterminée. Il a hésité pendant de longues minutes, puis il m’a demandé de revenir le lundi suivant. » Un soulagement pour Roukia Lahadji, qui avait quitté l’école lorsqu’elle est tombée enceinte. Ce vendredi 20 janvier, l’ancienne maire de Chirongui, racontait son parcours aux élèves du lycée de Dembéni. A ses côtés, onze autres personnalités féminines mahoraises étaient présentes. Parmi elles : Martine Eutrope, médecin et présidente de l’association Ensemble pour votre santé, Jacqueline Guez, gérante de l’entreprise Clap Productions, Aminat Hariti, vice-présidente du syndicat des Eaux de Mayotte et suppléante du sénateur Thani Mohamed Soilihi, ou encore la chanteuse Amy Boura.

« Des modèles positifs d’identification »

Ces femmes étaient invitées dans le cadre du projet « Femme illustre, tu m’inspires », porté par deux professeurs et une écrivaine pour les élèves de la terminale science et technologies de la santé et du social. « L’objectif est de leur présenter des modèles positifs d’identification. De leur montrer qu’avec de la volonté, on peut faire beaucoup de choses », estime Brigitte Populus, professeur principale de la classe, spécialisée en sciences médico-sociales. D’autant que, dans cette filière, seulement cinq élèves sur 28 sont des garçons. Et, alors qu’elles sont en majorité, « les filles ont tendance à s’autocensurer, soit par manque de confiance en elles ou faute de stimulation familiale suffisante », assure la professeure.

Pour favoriser leur émancipation, Brigitte Populus leur a d’abord demandé d’effectuer des recherches sur les femmes – mahoraises ou non – qui suscitent leur admiration. Puis les élèves ont rédigé des lettres en hommage à ces personnalités. Charifati Soumaïla, auteure du livre « La voix des jasmins – chemins de femmes », qui raconte le parcours semé d’embuches de plusieurs figures mahoraises, est intervenue auprès d’eux pour les aider à rédiger leurs textes. « L’une des élèves, qui écrivait une lettre en hommage à Zéna M’Déré, a notamment confié qu’elle s’était rendu compte qu’une femme mahoraise pouvait accomplir de grandes choses », se réjouit Charifati Soumaïla.

Affiner leur projet d’orientation

La troisième étape de ce projet, avec la rencontre de ces femmes « illustres », a également permis à des lycéennes d’affiner leur projet d’orientation. « L’une d’elle m’a confié, après avoir écouté les discours des intervenantes, qu’elle souhaitait s’orienter dans le social pour défendre les droits des femmes et l’égalité », poursuit l’écrivaine. A l’occasion de cette matinée, plusieurs élèves ont également lu leur texte aux femmes présentes. « L’idée de ce projet est aussi de préparer les élèves à l’épreuve orale qu’ils auront lorsqu’ils passeront le bac », indique la professeure principale. Avant cela, la classe de terminale a rendez-vous à la préfecture le 8 mars, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, pour rencontrer à nouveau certaines des personnalités à qui ils ont adressé leurs lettres. Et discuter de manière plus intime avec elles.

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