Les inégalités entre hommes et femmes se réduisent à Mayotte

Les inégalités entre hommes et femmes se réduisent à Mayotte

C'est la bonne nouvelle en cette Journée de la femme : une étude de l'Insee Mayotte montre que les inégalités entre les hommes et les femmes se réduisent. Présentations.

 

Si le dernier recensement de la population date de 2012, l'Insee de Mayotte continue à en extraire de nombreuses statistiques et tendances. La dernière en date, rendue publique hier, concerne les inégalités entre hommes et femmes dans le 101ème département. Bonne nouvelle à l'occasion de cette Journée de la femme : ces inégalités se réduisent, et ce dès la scolarisation.

 

On apprend en effet que, selon les données de 2012, la majorité des élèves scolarisés sont des filles : 59 % contre 57 % de garçons. Une mince différence, certes, mais à mettre en regard avec l'évolution de la situation. Dix ans avant, en effet, les filles étaient moins scolarisées que les garçons, et dans un écart d'une autre proportion : 46 % de filles contre 54 % de garçons. Plus parlant encore : le taux de scolarisation des filles de 18 ans a fait un bond en avant de 18 points, atteignant 42 %, alors que celui des garçons n'a progressé que de quatre points, pour atteindre 66 %.

 

Des chiffres confirmés par ceux de la rentrée scolaire 2015, puisque les filles représentaient la moitié des collégiens, et 60 % des effectifs des filières générales et technologiques en lycée. Ainsi, puisque les taux de réussite entre filles et garçons sont équivalents, on peut dire que 60 % de nos bacheliers sont… désormais des bachelières.

 

Également, l'espérance de scolarisation à 15 ans s'est allongée de sept mois entre 2002 et 2012, malgré la baisse du nombre de redoublements, qui réduit de fait le nombre d'années avant de parvenir au diplôme. En somme : il s'agit d'un allongement de la durée des études, signe d'une instruction plus approfondie.

 

Enfin, si, toutes catégories d'âges confondues, les femmes ont plus de difficultés à l'écrit (en français) que les hommes, cette différence tient à un déficit de scolarisation des anciennes générations. Les jeunes femmes de 16 à 19 ans ont en effet un peu moins de problèmes à l'écrit que les garçons (40 % contre 44 %).

 

Un meilleur accès à l'emploi

 

Les inégalités ne se réduisent pas que durant la scolarisation. C'est la seconde bonne nouvelle de cette étude. Les femmes bénéficient également d'un meilleur accès à l'emploi qu'auparavant. Entre 2009 et 2016, la population en emploi à Mayotte a augmenté de 10200 personnes. Plus de la moitié d'entre elles sont des femmes : 6900. Depuis cette année 2009, l'emploi croît d'ailleurs constamment pour les femmes, alors qu'il stagne pour les hommes depuis 2014. Mieux : en 2016, 29 % des femmes ont un emploi, soit une hausse de six points par rapport en 2009, leur permettant de représenter désormais 43 % de la population occupant un emploi. En revanche, cette amélioration ne veut pas dire que tout va bien. En effet le chômage ne les épargne pas. Elles sont en effet plus touchées par celui-ci (33 %) que les hommes (23 %), même si la différence entre les deux s'est réduite de moitié depuis 2009. Le portrait-robot de la femme en emploi à Mayotte est celui d'une salariée (85 %) dans la fonction publique (48 %) ou dans le secteur privé (44 %). Également, les femmes sont davantage contraintes au temps partiel et aux contrats courts. Vingt pour cent des femmes qui occupent un emploi travaillent en effet à temps partiel : plus qu'en métropole (15 %), et bien plus que les hommes (4 %). Pour plus de huit femmes sur dix travaillant à temps partiel, il s'agit d'un choix contraint. Elles sont également plus sujettes aux emplois de courte durée : 49 % contre 27 % des hommes. Des progrès dans la réduction des inégalités, donc, mais aussi des efforts à poursuivre.

 

Journée de la femme : un cabinet accompagne les entrepreneuses

Pour marquer la journée de la femme du 8 M ars 2017, le Cabinet Mahorais de Conseil accorde une attention particulière aux femmes qu’il a accompagnées dans leur parcours entrepreneurial, grâce au soutien de l’État notamment, dans le cadre des dispositifs ACCRE /PIJ. “La femme mahoraise occupe une place importante dans la société, pas uniquement sur les plans politiques et sociaux. Elles contribuent également au développement économique de l’île par la création d’activité et d’emploi en parallèle”, explique Moinamaoulida M’Colo-Mari, chargée de mission en création et développement d’entreprise. C’est pour cette raison que le cabinet tient à valoriser les femmes entrepreneures pendant une semaine, non seulement pour les faire connaître, mais aussi pour susciter l’envie d’autres femmes à créer leur propre emploi. “Elles ont osé l’aventure pour vivre d’une passion, quitté leur job pour devenir leur propre patron, décidé de développer une idée de business ou de se lancer sur un marché concurrentiel… Elles sont audacieuses, enthousiastes, passionnées mais aussi lucides face aux difficultés”, conclut Moinamaoulida M’Colo-Mari.

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