La contraception à Mayotte, un droit pour toutes les femmes… en théorie

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Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

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Le camion du réseau périnatal de Mayotte a élu domicile dans le village de Koungou ce jeudi 1er octobre. L’objectif était de sensibiliser les femmes sur la contraception et la santé sexuelle en gé-néral. L’antenne mobile du réseau est ouverte à tous, mais le public qui s’y rend est toujours le même.

Elles sont venues en groupe ou seules, mais elles sont venues. Les femmes du village de Koungou n’ont pas hésité à se rapprocher du camion blanc du réseau périnatal de Mayotte (Répéma) posté devant la bibliothèque. La sage-femme et l’accompagnatrice vont recevoir des patientes tout au long de la journée. Des femmes qui ont des doutes, qui ont besoin de conseil ou d’une consulta-tion médicale gratuite. L’antenne mobile a pour objectif d’orienter et de sensibiliser sur la santé sexuelle, notamment les moyens de contraception. Celles qui se présentent sont dans la grande majorité éloignées du système de santé. “Nous constatons qu’il y a beaucoup de personnes qui pourraient bénéficier d’un suivi gynécologique, mais elles ne le font pas ou peu”, déclare Anne-So-phie Bonnin, sage-femme présente ce jour là. Il s’agit en réalité de femmes en situation irrégulière sur le territoire, qui n’osent pas sortir. Par conséquent, elles sont mal informées ou pas informées du tout sur les moyens de contraception.

Les antennes mobiles du Répéma luttent contre ces fausses informations et orientent celles qui le nécessitent vers les professionnels de santé. “Nous ne sommes pas là pour remplacer les structures de soin qui existent déjà dans les villages. Nous sommes vraiment là pour raccrocher les gens à des parcours de soin”, rappelle Anne-Sophie Bonnin. Cette dernière n’hésite cependant pas à recevoir en consultation les femmes à l’arrière du camion aménagé comme dans un cabinet médical. Et elle prend son temps avec chaque patiente. “Je passe trois quarts d’heure généralement avec chaque femme. Je peux regarder les seins et leur apprendre à les palper. Je regarde ce qu’elles ont si elles ont mal au ventre, c’est une vraie consultation.” La sage-femme va même au-delà de ses fonctions. Elle conseille les femmes qui viennent pour un mal de genou, des problèmes de poids, ou encore de vue. Ses collègues et elles vont même jusqu’à prendre les rendez-vous chez les professionnels de santé, pour ces femmes.

Les jeunes filles se font discrètes

Durant les déplacements de l’antenne mobile du Répéma, les professionnels ont constaté que les jeunes filles manquent à l’appel. Les femmes qui se présentent sont celles qui ont une vie sexuelle reconnue par la société, autrement dit des femmes mariées. La contraception chez les filles non mariées est encore tabou à Mayotte puisqu’elles ne sont pas censées avoir de relations sexuelles avant d’avoir un mari. “Il faut voir la réalité en face. Nous voyons bien avec les chiffres des IVG que les jeunes ont des rapports sexuels. Il va donc falloir discuter dans les familles, les parents doivent prendre ces choses très au sérieux”, recommande Anne-Sophie Bonnin. Il existe cependant d’autres moyens pour sensibiliser les jeunes filles. “À l’occasion des interventions en groupe, nous pouvons faire passer le message auprès des jeunes filles, contrairement aux consultations individuelles. Nous communiquons aussi beaucoup sur les réseaux sociaux”, indique Zaina Malidi, la directrice du réseau périnatal de Mayotte.

Les hommes font également partie des grands absents quand on parle de contraception. Lors de ces journées de prévention, très peu d’entre eux se sentent concernés. Et ceux qui viennent n’ont qu’une seule idée en tête. “Ils ont là pour nous demander des préservatifs”, sourit Zaina Malidi. Et Anne-Sophie Bonnin d’ajouter : “Il faut que les parents éduquent également leurs garçons à la sexualité.” Dans une société où le sexe est encore très tabou, le combat est loin d’être gagné.

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