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Julia Daka, un modèle mahorais aux multiples facettes

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Mannequin, architecte, philanthrope… Du haut de ses 27 ans, Julia Daka a déjà plusieurs cordes à son arc. Cette Mahoraise a déjà commencé à conquérir le monde et elle n’est pas prête de s’arrêter de si tôt. Il y a quelques jours, elle est devenue la première mannequin mahoraise à défiler à la Fashion Week de Paris, un événement convoité par les plus grands top models du monde.

La Fashion Week, elle en rêvait, elle l’a fait ! Julia Daka ne peut s’empêcher de sourire lorsqu’elle évoque ce moment crucial dans sa vie de mannequin. « C’était la première fois que je défilais pour un show aussi prestigieux », affirme-t-elle. Julia Daka a défilé pour la marque Ester Manas et depuis, ses photos font le tour des grands magazines de mode. « Tout le monde m’en parle, c’est complètement dingue ! », lance-t-elle encore ébahie. Si aujourd’hui, elle a réussi à accomplir cet exploit qui est le Graal pour tous les mannequins, c’est grâce au travail qu’elle a fourni durant plusieurs années.

julia-daka-modele-mahorais-multiples-facettesNée à Mayotte, Julia Daka a grandi à La Réunion dès l’âge de cinq ans. Elle a vécu quelques années dans un bidonville du Port avant de déménager dans un HLM avec sa grand-mère et ses nombreux cousins. Après son bac, elle décide de se lancer dans le mannequinat « parce que je ne savais pas quoi faire », admet-elle. Elle participe à des concours et finit par être repérée par la photographe russe installée à La Réunion Elena Iv-Skaya. « Elle m’a photographiée et j’ai partagé les photos sur mes réseaux sociaux. Elles ont ensuite fait le tour du monde. Le magazine New African Woman tombe dessus et les prend pour faire la double couverture de son numéro pour l’Afrique du Sud et le Royaume-Uni », raconte Julia Daka. L’ascension continue alors pour la Mahoraise qui veut aller toujours plus loin.

Le modèle pose pour plusieurs enseignes, notamment pour la célèbre marque de lingerie Valege. Elle fait également des photos nue et assume complètement son choix. « Je suis la seule qui peut décider pour moi. Ma mère était choquée au début, mais je ne lui ai pas laissé le choix, elle a fini par accepter et aujourd’hui, elle est fière de moi », témoigne la professionnelle. Consciente du poids des traditions mahoraises et de l’Islam, Julia Daka prône une libération des mœurs. « Je respecte beaucoup ma culture et ma religion. Je suis toujours musulmane, je fais encore le ramadan et les douas (prières), mais je reste un individu à part entière qui essaye de se faire une place dans un monde de fous. Il faut briser tout cela, et faire évoluer nos traditions. Soyons femme dans notre entièreté ! » À 27 ans, la carrière de mannequin de Julia Daka a encore de longues années devant elle puisque la Fashion Week de Paris lui a ouvert de nouvelles portes.

L’architecture, son premier amour

Le mannequinat n’est pas la seule passion et profession de Julia. En réalité, son premier amour est l’architecture. Diplômée de l’Institut supérieur des arts appliqués (LISAA), une école privée parisienne, elle exerce aujourd’hui en tant qu’architecte designer. Et si la jeune femme est heureuse et fière de son accomplissement, tout n’a pas été toujours rose pour elle. Très tôt, la petite fille qu’elle était manifeste une rage que personne n’arrive à expliquer, pas même elle. « Je n’avais pas de bonnes notes à l’école, j’étais une élève turbulente », se souvient-elle. Ses enseignants ne lui prédisent pas un avenir brillant, mais la rencontre avec sa professeure d’arts plastiques vient changer le cours des événements. « Elle m’a offert un livre d’architecture et j’en suis tombée amoureuse. À 13 ans, j’ai su que je voulais être architecte », confie Julia Daka. Les années passent et les péripéties continuent.
La jeune adulte qu’elle était toque aux portes du conseil départemental de Mayotte pour financer ses études pendant quatre ans, la cinquième lui a été offerte par son école. Après un stage au sein du groupe de design suisse Big Game, et l’obtention de son diplôme, Julia Daka est désormais une architecte qui a soif de mettre son esprit créatif au service des autres. « J’ai envie de créer des espaces où les gens se sentent bien et pour cela, je veux installer mon propre studio. Il sera basé à Paris, mais je veux et je peux travailler avec des clients à Mayotte », assure-t-elle. Et comme ci cela ne suffisait pas, Julia Daka a créé il y a un an son association Sadaka pour permettre aux milliers d’enfants qui sont sans famille à Mayotte ou qui se cherchent encore, d’avoir accès à l’éducation à travers l’art. Elle veut leur donner un peu d’espoir et peut-être déclencher une passion qui les sauvera de la rue, comme cela a été le cas pour elle.

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