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Jeunes en errance à Mayotte : « On voit des gens qui se bougent »

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Toute une journée était consacrée aux jeunes en errance, ce lundi, au lycée des Lumières à Kawéni. Organisée par l’association Mlezi Maoré, elle a été animée par le sociologue Bertrand Hagenmüller, qui a travaillé sur cette problématique dans l’océan Indien.

Flash Infos : Quel est le but d’une journée comme celle-ci ?

Bertrand Hagenmüller : Nous sommes réunis ici pour parler et réfléchir comment aborder le problème de jeunes en errance. Quelles politiques publiques peuvent être mises en œuvre. La journée doit aussi permettre de donner la parole aux jeunes et aux professionnels qui travaillent avec eux.

FI : Vous avez réalisé les documentaires projetés aujourd’hui. Que souhaitiez-vous montrer ?

B.H. : Ils s’inscrivent dans un projet plus large, portant notamment sur la protection de l’enfance. Nous avons voulu donner la parole à ceux qui travaillent dans ce secteur à La Réunion et à Mayotte. Et également sensibiliser plus largement.

FI : Est-ce qu’il y a beaucoup de paramètres qui amènent vers l’errance ?

B.H. : Je ne suis pas un spécialiste. Mais il y a deux choses qui revenaient très souvent lors des échanges, ce sont la déscolarisation des enfants et la question des sans-papiers. Pour la première, une étude est justement en train de recenser le nombre d’enfants déscolarisés sur le territoire. Celui qui en a la charge, Tanguy Mathon-Cécillon, vient en parler justement.

FI : Quel regard portez-vous maintenant sur le contexte mahorais ?

B.H. : Nous sommes venus ici en mars 2021, après être passés par La Réunion. Donc nous avons eu tout de suite droit aux préjugés et aux fantasmes sur Mayotte. Mais en arrivant, il y a une double surprise. C’est vrai, nous voyons la pauvreté, beaucoup de gens qui vivent dans les bangas. Et à côté, nous voyons qu’il y a des gens qui se bougent, des associations variées. C’est ce que j’ai dit tout à l’heure dans mon intervention, les conséquences de ce qu’ils font auprès des jeunes en errance sont tout de suite visibles.

FI : Il y a beaucoup de monde dans cet auditorium qui travaille sur le sujet. Est-ce qu’il y a un espoir d’endiguer le phénomène ?

B.H. : C’est le paradoxe. Des fois, nous nous disons que nous n’en sortirons jamais. Et puis ensuite, nous nous disons que c’est possible, qu’il y a des gens qui se battent pour ça.

FI : Au cours de votre première intervention, vous avez rappelé que des phénomènes de bandes de jeunes que connaît Mayotte ont déjà existé précédemment.

B.H. : C’est exact. En métropole, nous avons eu les Apaches au début du XXème siècle à Paris, puis les blousons noirs. Il y a toujours eu des cycles plus ou moins comme celui-ci. Évidemment, « le plus ou moins » est important. Il faut que ça n’empiète pas sur la société.

Les documentaires réalisés par Bertrand Hagenmüller seront à retrouver sur le site jeunessedoutremer.com

 

« Il y a plus de 4.000 mineurs non accompagnés sur le territoire »

Plusieurs débats se sont succédé au cours de ce colloque d’une journée. Ont été ainsi abordés la déscolarisation des plus jeunes, l’accès aux droits ou la problématique des mineurs isolés. Comme indiqué ci-dessus par Bertrand Hagenmüller, plusieurs jeunes et professionnels du territoire ont eu l’occasion de prendre la parole et de partager leurs expériences.

En préambule de la journée, plusieurs institutionnels comme le recteur de l’académie de Mayotte, Gilles Halbout, la vice-présidente du conseil départemental de Mayotte, Zouhourya Mouayad Ben, et le préfet de Mayotte, Thierry Suquet, ont lancé officiellement l’événement, lundi matin. Ce dernier s’est appuyé sur le dernier rapport sénatorial, adopté en septembre 2021, pour évoquer le sujet. « Il y a plus de 4.000 mineurs non accompagnés sur le territoire », a-t-il rappelé, évoquant la pauvreté et l’immigration comme causes principales. Toutefois, selon lui, il ne faut « ni amalgame ni angélisme » sur ce sujet.

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