Insécurité : Le cri d'alerte des cadis

Insécurité : Le cri d'alerte des cadis

Malgré la présence du préfet, Seymour Morsy, du conseiller départemental de Dembéni, Issa Abdou et de nombreux acteurs de terrains, présidents d'association de parents d'élèves, du Cosem, de syndicalistes, le succès reste mitigé. Pour autant cette matinée de conférence a été l'occasion de faire un rappel à la société civile sur la responsabilité de chacun, en tant que parent de veiller à l'éducation de ses enfants afin qu'ils ne dérivent pas. L'autorité parentale a été le thème majeur de cette journée et le Grand Cadi, Nourdine Bacar a rappelé que chacun devra, “rendre des comptes devant Allah de l'éducation de nos enfants”.

Parmi les intervenants, Zalifa Saïd, présidente de l'association des parents d'élèves de Chiconi et elle-même professeure dans le second degré a livré une explication des causes de la montée de cette délinquance. Des causes sociales qui sont liées à l'évolution du mode de vie, au renoncement et à la permissivité de certains parents, mais aussi au dysfonctionnement de nombreuses familles à Mayotte. Cela tient à l'absence du père dans le cadre familial et à l'image du père chez le jeune enfant. La construction de l'identité de l'enfant est ainsi perturbée lorsque les adultes qui l'encadrent sont en souffrance.

Avec une cause parmi d'autres, identifiée comme de plus en plus présente, les difficultés économiques, pour expliquer les carences éducatives. Pour le porte-parole du grand cadi El Mamouni Mohamed Nassur, il serait temps d'examiner “un dispositif qui peut être efficace avec une intervention des parents, et des cadis”. Il s'agit du centre éducatif fermé pour accueillir les délinquants multirécidivistes. Pour lui, un tel centre pourrait permettre de suivre les délinquants et favoriser leur réinsertion en les orientant vers une formation professionnelle, tout en les protégeant des tentations du monde extérieur. Il souhaite que les cadis jouent un rôle plus important en matière de suivi judiciaire et qu'ils soient reconnus pour ce qu'ils sont, des autorités morales.

Autre demande des cadis : ils souhaitent être incorporés au dispositif du Groupement local de traitement de la délinquance (GLTD), récemment créé pour s'attaquer aux zones où sévissent les délinquants. Il a regretté au cours de son allocution l'absence du président de l'association des maires, Saïd Omar Oili, alors que les communes devraient être en première ligne pour l'amélioration de la sécurité.

A.T.

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