Grève générale : Quelle tournure prendra le mouvement ?

Grève générale : Quelle tournure prendra le mouvement ?

L'intersyndicale se prépare pour le jour J. FO, CGT, CFDT, FSU, FAEN et l'Union Syndicale Solidaires, tous se donnent rendez-vous dès ce matin à 8h place de la République pour réclamer un alignement de l'île sur la métropole en termes de droit du travail et des salariés du public comme du privé. En plus de l'application du Code du travail et des conventions collectives, ils réclament le droit à la solidarité nationale pour les retraites de base et complémentaires, la revalorisation des pensions minimums au même niveau que la métropole, l'alignement de toutes les prestations familiales et sociales ou encore favoriser l'attractivité du territoire.

Impossible avant le début du mouvement pour les syndicats, de savoir quel est le nombre de grévistes enregistrés pour ce nouveau mouvement reconductible. “On s'attend à ce que la mobilisation soit forte”, annonce Ousseni Balahache, secrétaire général de la CFDT Mayotte. Et ce n'est pas la météo capricieuse qui va décourager les leaders syndicaux qui croient à un rassemblement d'envergure malgré les intempéries. À l'issue de la manifestation qui doit démarrer aux alentours de 9h, l'intersyndicale doit rencontrer à la préfecture, le secrétaire général Bruno André afin de transmettre leur revendication que celui-ci fera remonter au préfet qui lui-même les relayera au gouvernement.

Éviter un remake des émeutes du 11 novembre dernier

Mais la question qui demeure est celle de la sécurité autour du mouvement. Tous les protagonistes ont encore en tête les échauffourées des ronds-points du baobab et de Doujani où des hordes de jeunes qui n'avaient rien à voir avec le mouvement de grève, s'en étaient pris aux forces de l'ordre en les caillassant allégrement et en agressant certains passants, automobilistes ou cyclomotoristes. C'est à la suite des opérations escargots initiées par des grévistes que ces fauteurs de troubles se sont greffés au mouvement. Du côté de la préfecture, on explique mettre en place une procédure classique d'encadrement de la manifestation par la police. “Nous sommes toujours en état d'urgence donc nous restons vigilants”, explique la préfecture. Avec un contexte social tendu actuellement, il paraît donc primordial d'anticiper tout accès de violence et que le gouvernement soit à l'écoute des grévistes et ne fasse pas la politique de l'autruche sur la situation du 101ème département.

GD

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