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Centre de l’île : des barrages levés mais une colère qui gronde encore à Mayotte

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Montées dès 4h du matin par les populations de plusieurs villages, des barricades ont bloqué de nombreux automobilistes sur le chemin du travail toute la journée de lundi. En parallèle de cette mobilisation, une réunion avait lieu avec les élus de la communauté de communes du centre-ouest (3CO), mais les collectifs de citoyens n’ont pas obtenu les garanties espérées.

Journée noire sur les routes de Mayotte. Ce lundi, le centre de l’île a été partiellement bloqué par au moins six barrages à Combani, Coconi, Sada, Miréréni, Tsingoni et Tahiti plage. Dès 4h du matin, les images des files de voiture à l’arrêt devant des monticules de pneus, troncs d’arbre et autres branchages ont fait le tour des réseaux sociaux. À l’initiative de cette opération de grande ampleur, la mobilisation de la population des différents villages du centre, Combani, Chiconi, Sada ou encore Ouangani, soutenue par les collectifs de citoyens. Tous sont excédés par l’insécurité qui gangrène le territoire et qui a, une fois de plus, provoqué la mort d’un homme samedi, à Combani.

Apparemment leurs revendications c’est plus de sécurité. Les barrages sont coordonnés par le collectif de citoyens et une dame avait l’air de dire que c’était illimité…”, témoigne un automobiliste qui s’est retrouvé bloqué au carrefour Bamana à Sada, en milieu de journée. D’après nos différents interlocuteurs, seuls les médecins, infirmiers libéraux, et pompiers étaient autorisés à passer. Sur les coups de 16h-17h, néanmoins, les obstacles avaient été dégagés du bitume, d’après la gendarmerie. “Nous voulions des garanties juridiques et la présence du préfet, du procureur et des quatre parlementaires”, explique plus en détails Safina Soula, la présidente du Collectif de défense des intérêts de Mayotte (CODIM), qui a assisté à une réunion à Tsingoni avec les cinq maires de la communautés de communes du centre-ouest (3CO) ainsi que son président.

“Du mépris total”

Nous n’avons pas eu ce que nous avions demandé, donc nous avons quitté la salle. Résultat, ils envoient les gendarmes sur les barrages, c’est du mépris total !”, s’insurge la militante. D’après les participants à la réunion, le préfet était en effet absent du territoire et le procureur de la République, occupé par les investigations autour de l’homicide survenu samedi, n’était pas non plus en mesure d’y assister. Pour l’instant, aucune nouvelle rencontre n’est prévue au calendrier. Et les barrages ? “On ne sait pas encore, je ne peux pas vous dire”, botte en touche Safina Soula.

Mais avec ce dialogue au point mort, les bambous pourraient bien y perdre encore quelques plumes ! “Le collectif voulait des garanties du procureur sur la réponse de la justice et les condamnations des jeunes”, affirme Ibrahim Said Maanrifa, le président de la 3CO. À ces revendications s’ajoutent aussi la destruction de quartiers informels à Kahani, Combani, Tsingoni, une meilleure réponse face à l’hébergement illégal et la lutte contre l’immigration clandestine. “Nous avons toujours demandé à ce que les maires soient consultés pour les demandes de titres de séjour car ils savent ce qu’il se passe dans leur commune”, abonde l’élu de l’interco, qui déplore le manque de concertation entre tous les maillons de la chaîne. Et de rappeler que “la sécurité des biens et des personnes sont des compétences régaliennes”.

 

Transporteurs au point mort

 

Bref, la semaine s’annonce encore chargée. D’autant que de leurs côtés, les chauffeurs de bus réunis dès 7h ce lundi à Longoni entendent bien continuer à exercer leur droit de retrait. Dans ce climat tendu, difficile d’imaginer les élèves appréhender sereinement les examens de fin d’année…“Ils prennent l’excuse des examens pour lever les barrages, mais on sait tous que les transports scolaires sont arrêtés !”, dénonce la présidente du CODIM. À quand le téléphérique ?

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