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Barrages : Maintien ou non ? Le flou demeure chez les Forces vives

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Représentants des Forces vives et principaux groupes de barragistes peinent à s’entendre et beaucoup de gens sur l’île s’interrogent sur la direction que prend le mouvement. La preuve avec un nouveau communiqué transmis ce mercredi dans lequel ils disent « maintenir leur mouvement et intensifier leurs actions ciblées ». Des membres des Forces vives confirment la véracité du document, d’autres la démentent.

Est-ce un baroud d’honneur ? La réunion de ce mardi sur la levée ou non des barrages n’a pas permis d’obtenir un consensus. Pire, le mouvement unifié des Forces vives, qui paralyse Mayotte depuis quatre semaines, s’affaiblit au regard de l’épuisement de ses troupes et la sensation pour une partie d’entre eux d’avoir obtenu (ou presque) gain de cause. En tout cas, ces derniers sont prêts à laisser du temps aux ministres Gérald Darmanin et Marie Guévenoux pour mettre en œuvre leurs engagements. Sur les barrages en revanche (voir par ailleurs), ceux qui voulaient des engagements plus rapides et efficaces restent sur leur faim. Lors d’une réunion, ce mardi, à M’roalé, deux représentants des Forces vives sur quinze ont émis le souhait de continuer les barrages. Dans les groupes locaux, la tendance est difficile à lire, comme on peut le voir ce mercredi, aux barrages de Chirongui, Ngwezi, Milou, Bandrélé, Tsararano, M’tsamboro, Chiconi et même Longoni, ce matin. Coconi ou Passamaïnty, à l’inverse, ne sont plus barrés.

« Une décision claire a émergé après mûre réflexion et vote : la poursuite résolue de notre action », indiquent les Forces vives dans un nouveau communiqué, sans faire état de la scission, les personnes favorables à la levée des barrages ayant quitté la réunion de mardi avant la fin. Selon des sources discordantes, le document de ce mercredi est lui-même mis en doute. Une partie des Forces vives affirment que le texte vient bien d’eux, d’autres le démentent. Toujours est-il que le texte stipule : « Nous maintiendrons notre mouvement et intensifierons nos actions ciblées, témoignant de notre détermination à faire entendre et valoir nos revendications légitimes. Les Forces Vives de Mayotte restent unies et déterminées à lutter pour la sécurité et la dignité de notre territoire. » Il y fait bien mention à la réunion de la veille, en ayant toutefois une vision différente de celle que nous avons obtenue à l’issue. « Cette assemblée a été spécifiquement convoquée dans le but de recadrer et de préciser nos objectifs, affirmant notre engagement indéfectible à défendre les intérêts de Mayotte », explique le mouvement sans vraiment énumérer ses objectifs, s’accrochant à « l’impératif de la sécurité ».

« Des stratégies d’entrave »

Dans la première partie du texte, c’est d’ailleurs du ressentiment qui s’en dégage plus qu’une vision claire. D’abord parlant de « la persistance de stratégies d’entrave », il fait référence à des méthodes similaires ayant eu cours « lors des mobilisations antérieures de 2011 et 2018 » et depuis le début du mouvement, le 22 janvier. « Ces méthodes, d’une efficacité redoutée, ont pour but principal de fragiliser notre communication et de saper l’unité de notre mouvement par la diffusion de messages clivants, la création de faux comptes et de noms similaires au nôtre, comme « les forces du peuple », afin de semer la confusion, et de nous isoler des élus locaux », déplore le mouvement composé de collectifs mahorais ou de groupes de riverains réunis d’abord autour des objectifs communs, mais qui peinent à s’accorder dorénavant. D’après les informations recueillies mardi soir, Saïd Kambi, qui fait partie des personnes favorables à la poursuite des barrages, avait dû s’expliquer sur le sujet, niant toute idée de lancer son propre mouvement.

Le texte revient aussi sur les promesses du gouvernement. À propos du courrier du 14 février, « la réaction de l’État s’est révélée insuffisante, faisant abstraction de la question essentielle de la sécurité ». « Bien que cette correspondance évoque des propositions estimables, telles que la modification du droit du sol via une réforme constitutionnelle improbable », estiment les Forces vives. Elles émettent des inquiétudes par rapport à l’abrogation du titre de séjour territorialisé, principale revendication du mouvement depuis le début, avec le démantèlement du camp de migrants du stade Cavani (la suite a été promise « dans les prochains jours »). Elles regrettent que la fin de ce titre soit incorporée dans le projet de loi Mayotte rebaptisée loi urgence Mayotte, qui doit être présentée au conseil des ministres, le 22 mai. Une partie du mouvement craint, en effet, que le projet ne puisse pas aboutir ou même que la suppression du titre du séjour territorialisé soit rejetée par les groupes parlementaires. Les Forces vives, celles qui se réfèrent à ce communiqué, s’inquiètent également de « l’utilisation potentielle de cette loi comme levier de pression pour imposer des mesures inadaptées à la réalité mahoraise ».

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