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Le nouvel amendement concernant les pharmacies : un réel bienfait pour Mayotte ?

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Le jeudi 16 décembre dernier a décidément été très fructueux pour l’île aux parfums à l’Assemblée Nationale. Outre les deux amendements concernant la CUF (Commission d’Urgence Foncière) dont nous avons parlé dans notre édition de lundi, la députée Ramlati Ali a également fait adopter par l’Assemblée un amendement au sujet des pharmacies à Mayotte. Mais ce dernier est-il réellement bénéfique au territoire ? Eléments de réponse au sein de cet article.

« La députée Ramlati Ali se dit satisfaite de l’adoption de son amendement visant à augmenter le nombre d’officines pharmaceutiques sur le département de Mayotte », peut-on lire dans le communiqué de presse officiel de la députée de la première circonscription de Mayotte. Cet amendement ramène à 7000 au lieu des anciens 7500, le nombre d’habitants requis par « secteur sanitaire » pour autoriser l’ouverture d’une officine pharmaceutique. En sachant qu’un « secteur sanitaire » correspond grosso-modo à une commune.

Cet amendement supprime également les « conditions de zone pour une meilleure répartition des officines pharmaceutiques » peut-on lire en outre dans le communiqué de presse officiel. En termes plus transparents, avant cet amendement, l’implantation d’une officine par voie de création devait se faire dans une zone ou quartier prioritaire de la politique de la ville. Ce dernier concept est défini par l’article 5 de la loi n°2014-173 du 21 février 2014 de « programmation pour la ville et la cohésion urbaine ». Désormais, cette condition est supprimée et la création d’officines peut se faire partout sur le territoire à partir du moment où le quota de population atteint les 7000 habitants par « secteur sanitaire ».

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Un coup d’épée dans l’eau ?

Si, pour la députée, cet amendement permettra « un nouveau maillage des pharmacies » de manière à « faciliter l’accès de la population aux médicaments », certains pharmaciens de l’île, souhaitant naturellement garder l’anonymat de peur de s’attirer les foudres des instances officielles, demeurent sceptiques quant à son bien-fondé et estiment qu’il s’agit d’un simple « coup d’épée dans l’eau ». « Le maillage des pharmacies à Mayotte est déjà très intelligemment fait. La réduction du quota ne changera pas grand-chose. Avec la démographie galopante qu’il y a ici, il y a des créations d’officine tous les ans de toute façon », ont-ils par exemple affirmé. Et en effet, à Mayotte, les seules zones géographiques dépourvues de pharmacies sont celles où la population est vraiment très faible. Ainsi, il est vrai que le village de Kani-Kéli, par exemple, ne possède pas d’officine. Ses habitants doivent se rendre à Boueni ou à Chirongui pour se fournir en médicaments. Petite-Terre en revanche, très peuplée et comprenant 2 communes, est pourvue de 3 pharmacies, ce que l’ancien quota de population autorisait déjà.

Dans ces conditions, ce nouvel amendement contribuera-t-il vraiment à améliorer « l’accès des Mahorais aux médicaments » comme le prétend Ramlati Ali ? Aux médicaments pouvant être vendus sans ordonnance, il y aura sans doute une légère amélioration en effet, surtout « en brousse » dans le grand sud ou grand nord de l’île, zones bien moins peuplées que Mamoudzou ou Petite-Terre. En revanche, pour le moment, aucun amendement n’a été déposé pour faciliter l’installation de médecins généralistes libéraux, au sein de Maisons de Santé notamment. Or, en général, les pharmacies de Mayotte se créent juste à côté, de manière à ce que les patients puissent aller chercher directement leurs médicaments en sortant de chez le médecin. Ce système rend à la fois service aux patients et aux pharmacies, qui font ainsi « leur chiffre ». Car, c’est peut-être triste à dire, mais une pharmacie reste avant toute chose une entreprise qui se doit d’être « rentable » pour perdurer dans le temps. Les médicaments vendus sans ordonnance et la parapharmacie ne constituent qu’une part dérisoire du « chiffre » des pharmacies qui sont donc d’avantage intéressées par la vente des médicaments prescrits sur ordonnance. Or, sans médecin généraliste ou spécialistes (le concept des Maisons de Santé permet justement de réunir plusieurs professionnels de santé au sein d’un même bâtiment), les pharmacies sont perdantes. Les patients également puisque cela ne leur permet pas de se faire soigner correctement…

Alors, certes, ce nouvel amendement facilitera peut-être l’accès à des produits pharmaceutiques « de base » tels que les couches, le lait, et le doliprane (produits-phare à Mayotte), mais quant à savoir si cela permettra de réduire le désert médical présent sur l’île, ça c’est autre histoire ! De notre point de vue (qui n’engage que nous), la réponse est : non !

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