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« Des familles mahoraises avec enfants nous appellent parce qu’elles ne peuvent plus se nourrir »

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Mayotte dans le spectre d’une pénurie alimentaire

Les aides alimentaires semblent partir d’une bonne intention. Pourtant, cette initiative pourrait rapidement vider les rayons des magasins et provoquer une pénurie sur l’île, dans quelques semaines, si les acteurs sociaux ne changent pas de stratégie.

 

Le coronavirus a fait son entrée au CRA de Mayotte

Alors qu’associations et syndicats de police s’inquiétaient le mois dernier des conséquences sanitaires qu’impliquait la réouverture du centre de rétention administrative, les derniers ours viennent leur donner raison. Plusieurs cas de coronavirus y ont en effet été détectés, sans que les mesures nécessaires à contenir la propagation du Covid-19 ne soient prises.

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Jérémie Gallon, comme des dizaines de membres du corps médical a pris la décision de venir prêter main-forte au CHM. Mais comme des dizaines de ses confrères ou collègues, il a d’abord dû, avant de partir “au front” contre la crise sanitaire, affronter “ce que l’administration peut faire de pire”. Récit d’un voyage en absurdie.

 

 

Avec le problème de la santé publique, vient celui de la faim. Premières touchées, les familles les plus vulnérables en appellent par dizaines aux associations du territoire afin de solliciter une aide alimentaire. En réaction, plusieurs structures s’organisent pour leur venir en aide.

La crise sanitaire n’est pas la seule à frapper Mayotte et le reste du monde. Avec elle, ce sont aussi des bouleversements économiques et sociaux profonds qui s’amorcent déjà, et qui ici prennent une résonance toute particulière. Alors que 84 % de la population locale vit sous le seuil de pauvreté, le confinement creuse encore un peu plus la précarité des publics et des familles les plus vulnérables, dont beaucoup dépendent du travail au noir notamment, et ne pourront pas prétendre au chômage partiel. Pis, avec la fermeture des écoles, de nombreux enfants se retrouvent privés de collation, qui pour certains, constituait le seul repas de la journée.

Ainsi, seulement deux semaines après l’arrivée du premier cas de Covid-19 sur le territoire, les associations croulent déjà sous les appels au secours de ces populations. « Sur la seule journée de samedi, près de 60 familles avec enfants nous ont appelés parce qu’elles ne pouvaient plus se nourrir », déplore, la voix tremblante, Christine Raharijaona, présidente du mouvement pour une alternative non violente (MAN) à Mayotte. « Je suis vraiment inquiète face au nombre de demandes. » En réponse, la structure, comme plusieurs autres, a décidé de mettre en place une aide alimentaire la plus large possible. Dès le week-end passé, les bénévoles du MAN ont commencé à récolter quelques denrées dans les supermarchés à la façon d’un « cadi solidaire », où chaque personne venue faire ses courses est invitée à donner des produits non périssables, qui seront, par la suite, redistribués aux familles qui ont sollicité l’aide du mouvement. « C’est triste de devoir dire ça, mais la priorité sera donnée aux familles avec enfants », détaille encore Christine Raharijaona. Un dispositif déployé avec le soutien des centres communaux d’action sociale (CCAS) qui permettent d’identifier les publics les plus précaires, et le tout, évidemment, dans le respect des gestes barrières.

Cette même distanciation sociale que Yes We Can Nette a également mis un point d’honneur à respecter. La semaine dernière, les équipes de l’association étaient au pied d’œuvre pour réadapter leurs locaux, fermés depuis le début du confinement. Mais grâce à l’aménagement d’un sas, l’épicerie solidaire de la structure peut rouvrir ses portes dès aujourd’hui, et proposer des produits alimentaires à très bas coût et sans aucun contact physique, aux publics précaires déjà habitués de l’association, soit 90 familles réparties sur Petite-Terre et Grande-Terre. Mais cette fois, pas question de devoir apporter des canettes pour profiter du dispositif comme à l’accoutumé. « On ne veut pas compliquer les choses, le maître-mot c’est la sécurité », témoigne Laurent Beaumont, président de Yes We Can Nette. « On a constitué un stock alimentaire en conséquence, on ne sait pas combien de temps il pourra tenir mais on va faire le maximum pour que les plus démunis puissent se réapprovisionner. »

Défendre les plus démunis et combattre les inégalités est également le fer de lance de la Croix-Rouge française. À Mayotte, la délégation de l’association, déjà mobilisée en temps normal dans la distribution de bons alimentaires, voit son nombre de bénéficiaires augmenter progressivement Elles étaient ainsi 311 familles, toutes orientées par les travailleurs sociaux des différents services, a profiter du dispositif sur la seule semaine passée, à travers les 12 sites de distributions habituels. « On s’attend à en recevoir encore plus. Pour l’instant, nous n’avons pas de limite », projette Yassine Boinali, président de l’antenne locale de la Croix-Rouge Française, qui reçoit désormais ce public dans une limite maximale de dix personnes, afin de, là encore, limiter le risque de propagation du virus.

Parallèlement, alors que l’association travaille conjointement avec la direction de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale du département afin de distribuer, elle aussi, des denrées alimentaires aux plus précaires, le rectorat envisage de mobiliser les établissements scolaires fermés pour y organiser des opérations du même genre. Mais à ce stade, « ça n’est ni confirmé, ni affirmé », dévoile Gilles Halbout. « Des réunions sont en cours avec la préfecture et le détachement de la légion étrangère à Mayotte pour chercher une solution, mais tout est encore à l’étude et rien ne commencera avant la fin de la semaine ».

[Encadré] Pour aider les associations

L’association Yes We Can Nette et le Mouvement pour une alternative non violente dans l’océan Indien acceptent les dons spontanées de denrées alimentaires non périssables. Si vous souhaitez leur en offrir, veuillez, par mesure de sécurité, prendre attache avec les structures par téléphone dans un premier temps, respectivement au 0639 40 76 48 et au 0639 26 09 90. Vous pouvez également les joindre via leurs pages Facebook.

 

 

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