Sécurité civile : 35 renforts et des équipements d’urgence à Mayotte pour l’hôpital de Petite-Terre

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35 personnes et 15 tonnes de fret ont atterri ce mercredi à Dzaoudzi avec le détachement de l’Élément de Sécurité civile rapide d’intervention médicalisée (ESCRIM). Objectif : installer les premiers équipements de l’hôpital de Petite-Terre pour apporter un nouveau souffle au CHM, toujours sous-tension face à la seconde vague de Covid-19 à Mayotte.

Odi, odi ? Dans les couloirs vides du nouvel hôpital de Petite-Terre, l’on pourrait presque s’amuser à faire résonner l’écho, tant la bâtisse semble déserte. De rares cartons s’entassent ici et là, quand ils ne servent pas de socle à un écran solitaire et débranché. Sur une porte, un simple morceau de scotch indique “sortie escalier”, écrit au stylo-bille. Tout à coup, au fond de ce dédale bleu et blanc, une âme ! Pas de dossard sur le dos, ni de blouse griffée CHM, mais une casquette d’ouvrier et le pinceau à la main. Imperturbable, l’homme applique une dernière couche de peinture sur son petit pan de mur. Une belle nature (presque) morte !

Pourtant, quelques virages plus tard, c’est un tableau radicalement différent qui s’offre aux yeux des curieux. “Et ça, ça va où ? – Labo !”, crie-t-on entre les bruits de caisses qui glissent et s’entrechoquent. Derrière des portes battantes, une trentaine de personnes s’affairent comme des fourmis à l’arrière du nouvel hôpital. C’est le détachement de l’Élément de Sécurité civile rapide d’intervention médicalisée (ESCRIM), arrivé spécialement en renfort ce mercredi matin pour “soulager le CHM”, précise la préfecture, qui les a accueillis sur le tarmac de l’aéroport quelques heures avant. Pour rappel, c’est cette même Sécurité civile qui était déjà intervenue en Guyane en juin dernier, pour installer un hôpital de campagne face à la propagation rapide du virus chez nos compatriotes ultramarins.

 

“Mettre en route l’hôpital de Petite-Terre”

 

Objectif de leur mission du jour : “mettre en route cet hôpital de Petite-Terre, un petit peu plus tôt que prévu”, annonce le colonel Michel Cherbetian, responsable du détachement. Une mission d’évaluation avait déjà effectué un premier repérage il y a une semaine, pour identifier comment l’ESCRIM pouvait être utile à Mayotte, confrontée à une seconde vague d’une violence inédite. “L’idée c’est de soulager le CHM face au tout-venant [principalement les non-Covid, NDLR], nous pouvons prendre en charge les patients et les traiter sur place, ou bien les trier et, si le cas est grave, décider de les envoyer vers Mamoudzou ou La Réunion”, déroule-t-il. Ces renforts pourront aussi venir en appui pour coordonner les évacuations sanitaires, “si besoin”.

 

35 personnes et plus de 11 tonnes de fret

 

En tout, ils sont 35 pompiers issus des six coins de l’Hexagone (Gard, Calvados, Haut-Rhin, Bouches-du-Rhône, Rhône, Haute-Savoie) et membres de la sécurité civile à venir renforcer la première ligne face au Covid-19. Parmi eux, un médecin-chef, quatre médecins urgentistes, un anesthésiste, un pharmacien, des infirmiers et des auxiliaires de soins. Et ils ne sont pas venus les mains vides : “nous avons amené avec nous en urgence un tout petit peu de matériel pour la réanimation, la biologie, l’échographie…”, explique la médecin-chef Isabelle Arnaud. Un “tout petit peu”, mais tout de même “plus de 11 tonnes” de fret. De quoi armer deux lits de réanimation si besoin, et surtout installer les équipements indispensables pour permettre à la nouvelle unité d’atteindre un rythme de croisière. “Nous sommes là pour un mois, avec pour but qu’à notre départ, les partenaires soient en mesure de garder l’hôpital ouvert”, poursuit le colonel Michel Cherbetian.

 

Des missions partout dans le monde

 

Dès vendredi matin, l’établissement doit pouvoir accueillir ses premiers patients. Alors pas le temps de souffler ! “Pour l’instant, l’hébergement, ça ne sert à rien de demander, on n’est pas là pour dormir mais pour travailler !”, lance le capitaine Joël Leroy à ses troupes, regroupées autour de lui pour écouter les consignes. “Vous mettez vos gants pour manipuler les caisses, on ne veut pas de blessés ! Et vous pensez à boire, parce qu’il fait chaud !” En quelques heures, le thermomètre a grimpé d’une vingtaine de degrés pour les nouveaux arrivants.

Mais pas de quoi impressionner ces experts de la crise, dont certains sont déjà passés par Haïti, l’Iran, l’Indonésie, la Turquie… Voire même Mayotte ! “Je vous avoue qu’au moment de l’atterrissage, ça m’a fait un petit quelque chose”, sourit avec nostalgie cet ancien infirmier anesthésiste du CHM. Qui redécouvre avec émerveillement l’île qu’il a quittée dix ans auparavant. “Ah ça, ça a bien changé ! Rien que ce bâtiment, il n’y était pas !”, désigne-t-il d’un coup de menton vers le nouveau hôpital. Avant de s’engouffrer dans le labyrinthe, prêt à relever ses manches.

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