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Gestion de crise : La stratégie plus ou moins efficace de la ville de Mamoudzou pour faire respecter le confinement

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Contrôles routiers, distribution de masques, la commune de Mamoudzou met les bouchées double pour faire respecter le confinement et les gestes barrières. Depuis lundi, les agents de la ville distribuent des masques dans les quartiers. En parallèle, les policiers municipaux effectuent des contrôles sur les grands axes et carrefours du chef-lieu. Mais les règles sont difficilement applicables sur le terrain. Quelle réalité se cache derrière ces contrôles ? Reportage.

Au rond point de Passamaïnty, sous un soleil de plomb, fiers dans leurs uniformes, les policiers municipaux de la ville de Mamoudzou savent qu’ils ont une mission cruciale : faire respecter les règles du confinement. Pour cela, ils doivent arrêter les automobilistes qui passent par là. “Avez-vous votre attestation ?” Une question qui est devenue récurrente et automatique. Tous les conducteurs et passagers des voitures et deux roues ont leurs attestations. Mais le problème se trouve ailleurs. Il est facile de trouver un motif valable pour sortir. Les policiers le savent, la population également. Preuve en est : le nombre de personnes qui circulent encore dehors alors que toute l’île est placée en confinement. “Ça me fait rire parce qu’on contrôle quelque chose qu’on ne peut pas vérifier. Tout le monde peut se procurer une attestation”, admet Malidi Mlimi Said, conseiller délégué chargé de la sécurité à la commune de Mamoudzou. Ce dernier est sur le terrain avec ses équipes ce jeudi pour avoir une meilleure vision de la réalité.

Accompagné de deux policiers municipaux, ils s’enfoncent dans le village de Passamaïnty pour contrôler les piétons et le constat est sans appel. La vie continue tranquillement, le confinement et les gestes barrières ne font visiblement pas partie des préoccupations des habitants. Sous un arbre, à l’ombre, deux hommes âgés d’une soixantaine d’années sont en pleine discussion, sans porter de masques. “Où sont vos masques ?”, questionne le conseiller. Pas de réponses, mais des rires à la place. Comme un tour de magie, Malidi Mlimi Said sort de sa poche plusieurs paquets de masques qu’il donne aux hommes. “Vous devez absolument les porter, c’est important pour votre santé et celle de votre entourage”, rappelle-t-il. Pas un seul mot sur le fait que ces deux vieux Messieurs sont sur la voie publique alors qu’ils sont censés être confinés chez eux…

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Un peu plus loin, assis, un groupe de jeunes rigolent ensemble. Lorsqu’ils voient le conseiller et les deux policiers arriver, ils prennent la fuite, impressionnés par l’uniforme de police. “Non revenez, on ne vous veut pas de mal !”, lance Malidi Mlimi Said. Mais les jeunes craintifs s’éloignent un peu plus. L’élu de la ville invite alors à ses officiers de s’écarter. Il avance seul vers les jeunes en tenant un paquet de masques à la main, en signe de paix. Les adolescents se calment et les acceptent volontiers. Là encore, Malidi Mlimi Said leur demande ce qu’ils font dehors, mais tout le monde devine les raisons. “Je ne peux pas rester à la maison, il fait beaucoup trop chaud et c’est petit. Alors je préfère retrouver mes amis ici pour prendre l’air”, explique Bachir, l’un des jeunes. Et il n’est pas le seul dans ce cas. “Les gens ne respectent pas trop le confinement dans mon quartier. Et beaucoup ne portent pas de masque, mais je les comprends parce qu’il fait trop chaud”, ajoute-t-il.

 

De la prévention encore et toujours

 

Depuis le début de ce deuxième confinement, la police municipale de Mamoudzou a contrôlé 8.500 véhicules, selon les chiffres de la mairie. “Mais il n’y a eu qu’une vingtaine de verbalisations de notre côté”, informe le conseiller délégué chargé de la sécurité à la commune de Mamoudzou. Un chiffre dérisoire qui n’étonne pas quand on sait que les forces de l’ordre regarde simplement l’attestation sans pouvoir vérifier si le motif évoqué dessus est justifié ou pas.

Lors de sa tournée avec les policiers de la municipalité à Passamaïnty, aucune amende n’a été donnée alors que certains habitants étaient clairement en infraction. Notamment les piétons qui déambulent dans les quartiers. “On n’est pas obligés de verbaliser. On essaye de comprendre la situation des gens qui n’est pas évidente. On est aussi humain”, justifie un policier. La politique de la ville est de privilégier la prévention. Pour cela, le chef-lieu travaille avec des associations de quartiers, mais force est de constater que cela ne fonctionne pas. Malidi Mlimi Said en est conscient. “La réalité c’est que ça ne marche pas. Les jeunes ont toujours cette envie de venir se défouler à l’extérieur ou de s’affronter avec la police. Et les adultes respectent plus ou moins.

Mais aucune autre solution n’est pour l’instant envisagée pour faire respecter le confinement, du côté de la mairie de Mamoudzou. Pire, les policiers municipaux ferment les yeux sur certains cas. “Lorsque l’on contrôle une personne qui n’a pas de papiers, il est difficile de la verbaliser. Alors on ne met des amendes qu’aux personnes régularisées parce qu’elles nous présentent une pièce d’identité”, avoue Malidi Mlimi Said, quelque peu gêné par ses propos. Voilà de quoi motiver les gens à sortir sans leurs pièces d’identité pour éviter une amende.


 

La DEAL continue ses contrôles hebdomadaires

 

confinement-mayotte-controlesLes agents de la DEAL étaient postés à Mamoudzou ce jeudi, non loin de la barge, pour effectuer les contrôles habituels des camions de marchandises et des taxis. Le constat est toujours le même : beaucoup de véhicules sont en infraction. Le non-respect du code de la route est la principale cause. Cela représente 70% des contraventions, selon les agents de la DEAL. Toujours selon eux, actuellement à Mayotte, 50% des véhicules contrôlés ne sont pas en règle pour tous types de raisons. Mais encore une fois, la prévention prime sur la répression.

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