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Rencontre à l’Élysée : « Mayotte, un traitement exceptionnel pour un cas exceptionnel »

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Une discussion très franche avec le chef de l’État, la Première ministre et le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, sur la situation des territoires ultramarins en général et du 101ème département en particulier s’est déroulée le mercredi 7 septembre. L’insécurité grandissante et les relations de voisinage compliquées avec les Comores ont occupé une large partie des échanges lors d’un diner à l’Élysée réservé à l’ensemble des dirigeants ultramarins. Une seule réunion qui ne suffit pas pour évoquer tout ce qui ne va pas dans notre île selon Madi Madi Souf, le président de l’association des maires de Mayotte. D’autres visites ministérielles ne sont pas exclues sur l’île aux parfums dans un avenir proche.

Ce sont les cinq présidents des associations des maires ultramarins constitués en une « délégation Outre-mer » au sein de l’association des maires de France (AMF) qui en ont été demandeur à l’issue de leur assemblée générale de novembre 2021 de cette rencontre organisée à l’Élysée le mercredi 7 septembre. Au menu des discussions, trois thématiques ont été abordées : la sécurité et l’immigration clandestine, l’économie avec création de valeur et la valorisation des Outre-mer. Le 101ème département étant le plus sujet au problème de l’immigration clandestine parmi les cinq DOM, il est échu à son représentant de développer cette thématique devant le chef de l’État et aux trois autres membres du gouvernement présents à ce diner au premier rang desquels, Élisabeth Borne, la Première ministre.

D’emblée Emmanuel Macron a donné le tempo en invitant l’assistance à s’exprimer en toute « franchise et sans tabou ». Outre les cinq maires, la rencontre a aussi été ouverte aux parlementaires et aux présidents des conseils départementaux et régionaux qui ont tous eu, dans le cas de Mayotte, l’opportunité de s’exprimer et de donner leurs points de vue respectifs sur les sujets exposés. Pour Madi Madi Souf, ce diner avec les chefs de l’État et du gouvernement a été en soit une première, dans son format, mais insuffisante dans le fond pour permettre d’aborder directement avec le Président de la République tous les gros problèmes auxquels se trouve confrontée Mayotte, quand bien même les intervenions des dirigeants mahorais furent remarquables et ont convergées dans un même sens. « Je me félicite du temps de parole réservé à Mayotte et retiens l’attention du président Macron qui a indiqué que le cas particulier de Mayotte est exceptionnel et mérite par conséquent un traitement exceptionnel » par rapport aux autres DOM.

Le premier magistrat de Pamandzi s’est insurgé contre un traitement médiatique national, exagéré sur l’insécurité à Mayotte qui est préjudiciable à l’image et à l’économie du territoire. Il a souligné en effet que la Guyane est sujette à un phénomène migratoire aussi importante que l’île aux parfums et qu’elle connaît également (comme la Martinique et la Guadeloupe) une violence sociale quotidienne à un degré très largement supérieur à la nôtre, avec usage intensif d’armes à feu, sans qu’elle ne soit pour autant mis en avant dans la presse nationale. « En août, soit au milieu de l’année, la Guyane comptait déjà 38 assassinats, ce qui est sans commune mesure avec les trois morts comptabilisés sur notre territoire, bien qu’il ne faille pas s’en féliciter, une perte humaine restant une chose regrettable pour toute communauté. »

Mayotte ne représente pas que des problèmes pour la France

Autre personnalité locale à avoir communiqué à la suite de cette rencontre au sommet à l’Elysée : Estelle Youssouffa, la députée de la 1ère circonscription de Mayotte. Prenant au mot Emmanuel Macron sur son invitation à échanger sans tabou, elle s’est voulue très claire sur le problème de l’insécurité, expliquant à son hôte, la nécessité de remettre en cause la coopération franco-comorienne qui n’apporte aucun résultat positif. « Dans ce contexte, Moroni utilise l’immigration clandestine comme une arme pour mener à bien ses revendications territoriales. » À nouveau, elle a sollicité des hautes autorités de l’État, la mobilisation d’un patrouilleur Outre-mer dans les eaux mahoraises pour conjuguer les flux migratoires clandestins.

Elle a, elle aussi, lancé un cri de ras-le-bol à l’attention de Paris, expliquant que Mayotte ne constitue pas que des problèmes pour la France, qu’elle représente également une richesse en raison des réserves de gaz naturel découverts dans la région. Elle a appelé à la solidarité nationale pour une répartition du poids de l’immigration clandestine sous laquelle croule Mayotte et à une remise en cause du visa Schengen, tout en refusant le qualificatif de « xénophobes » que d’aucun attribuent aux Mahorais. « À aucun moment, on a entendu un autre territoire [de la République] s’entendre dire par [l’État] qu’il va être laissé dans le sous-développement parce qu’il est situé à côté d’un pays tiers, donc nous Mahorais refusons d’être définis par rapport à nos voisins comoriens et demandons l’égalité de traitement avec tous les autres Français », a-t-elle indiqué aux responsables nationaux présents à cette rencontre.

La parlementaire a fait part de son étonnement face aux lenteurs administratives notées sur le territoire dans l’alignement des droits sociaux vis-à-vis des autres départements, constatant qu’il n’a pas été de même avec les impôts, preuve selon elle que l’État peut faire si volonté politique il y a. Pour terminer, elle a estimé que l’urgence pour Mayotte n’est pas dans une évolution institutionnelle des DOM, priorité affichée par le gouvernement à l’occasion de cette rencontre, mais dans une réponse efficace aux problèmes d’insécurité, de vie chère, d’eau et de routes, criants sur notre territoire. En conclusion de ce diner, le chef de l’Etat et la Première ministre ont annoncé de nouvelles consultations avec les différentes instances locales à travers d’autres visites ministérielles à Mayotte.

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