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Maymounati Moussa Ahamadi, femme d’avenir

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C’est une idée on ne peut plus originale qui a émergé dans la tête d’un amoureux des danses traditionnelles locales. Mansour Ramia est à l’origine de Moovafrica, un programme de sport basé sur les danses de chez nous. Le concept est adopté à l’international par des centaines de milliers de personnes. Aujourd’hui, le fondateur a besoin de passer à l’étape supérieure, mais le parcours n’est pas de tout repos.

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Alors que l’épidémie de Covid-19 continue sa propagation à Mayotte et que le flou règne sur la situation sanitaire en Union des Comores, la LIC se poursuit, d’ailleurs amplifiée pour limiter l’impact que pourrait avoir l’importation de nouveaux cas sur le territoire. Pour autant, après une baisse, les arrivées de kwassas tendent à reprendre depuis quelques jours, sans qu’elles ne soient a priori imputables au Covid-19. Le point avec Julien Kerdoncuf, sous-préfet délégué à la lutte contre l’immigration clandestine. 

Discorde à la mairie de Mamoudzou

Rien ne va plus à la mairie de Mamoudzou. L’opposition sort les griffes via un courrier envoyé le 23 avril, demandant au maire de réunir les conseillers municipaux. Le courrier signé par neuf d’entre eux pointe du doigt la politique de la mairie pendant la crise sanitaire. L’équipe du maire Mohamed Majani dénonce un coup politique.

Ancienne directrice de la BGE et de la CRESS de Mayotte, celle qui a failli devenir la première présidente du conseil départemental représente l’avenir politique de l’île au lagon. Dotée d’une volonté hors du commun et de valeurs sociales inaliénables, l’élue de Dzaoudzi-Labattoir compte bien aider les jeunes femmes mahoraises à modeler l’avenir de Mayotte.

Mayotte Hebdo : Revenons tout d’abord sur votre parcours, déjà très riche. En tant que femme, comment vous êtes-vous construite, et quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées ?

Maymounati Moussa Ahamadi : J’ai eu une enfance des plus classiques à Mayotte, avec des parents qui ne sont pas les plus riches, mais qui mettent en valeur leurs enfants. Nous étions tellement heureux ! Mes deux mamans, celle qui m’a mise au monde et celle qui m’a élevée, nous ont appris à toujours positiver et à se sentir utiles pour les autres, à avancer. J’ai eu la chance d’avoir des parents qui me disaient que le monde n’allait pas changer tout seul, qu’il fallait agir pour changer les choses. C’est la mentalité de ma famille, qui a milité pour une Mayotte française. J’ai fait mes études en métropole, j’y ai vécu pendant 20 ans, mais ma mère m’a toujours dit : « Vous étudiez ici, mais ce n’est pas chez vous ». Pour elle, on prend de la connaissance et des compétences pour en faire profiter son île.

MH : Vous diriez la même chose aux étudiantes et étudiants de Mayotte actuellement en métropole ?

M.M.A. : Oui, d’ailleurs il faut savoir qu’il y a plus d’étudiantes diplômées que d’étudiants. Je n’ai rien contre les mecs, mais la femme couteau-suisse, polyvalente, est déjà habituée à toujours pousser plus loin, plus fort. C’est un besoin de reconnaissance, parce qu’il n’y a toujours pas d’équité, en métropole ou à Mayotte, et que nous sommes donc obligées de travailler deux fois plus pour peser.
En tant que directrice, j’ai par exemple eu beaucoup de mal à faire valoir le fait que je dirigeais, malgré mes compétences. Il a fallu que je le prouve deux fois plus, parce que je n’ai pas de cheveux gris, parce que j’ai un visage qui fait jeune… Ça m’a motivée, parce que j’étais la seule jeune femme dans des réunions composées d’hommes plus âgés. Mais il a suffi d’ouvrir la bouche, de leur dire ce que j’avais à dire et qu’il fallait m’écouter. Si ce territoire donnait une chance à la matriarchie, nous aurions peut-être d’autres changements.

MH : Quelles sont les valeurs qui vous donnent la force de vous engager, les bases sur lesquelles vous vous reposez ?

M.M.A. : Ma première base est mon époux et mes enfants qui me comprennent, y compris la petite de deux ans qui participe à toutes mes réunions en visio ! C’est le noyau dur. Quand on est femme, on fait toujours face des histoires à dormir debout, à des critiques sur notre légitimité, et une base solide permet de nous redonner de l’énergie. Si on se met des barrières parce qu’il y a des difficultés, on ne fera jamais rien dans cette vie.

MH : Conseilleriez-vous à votre fille de s’engager en politique ?

M.M.A. : Je lui conseillerais surtout de s’activer pour elle-même, pas pour une cause bien précise. Qu’on le veuille ou non, on fait de la politique. Mais, quand on le fait pour soi, c’est que l’on a des valeurs, et que l’on s’en sert pour se surpasser. Je me suis engagée en politique pour changer les choses, bien sûr. Mais il n’y a pas que l’action directe, c’est un tout, un combat de mentalité. Il faut donc d’abord penser à soi.

MH : Quels sont vos modèles de femmes, qu’elles soient mahoraises ou non ?

M.M.A. : Mon premier modèle restera toujours ma maman, la base de tout. Et puis, il y a toutes les femmes qui se sont activées pour que Mayotte soit un territoire libre, portées par Zéna Mdéré, Coco Djoumoi, Mouchoula… C’était un réseau d’Amazones mahoraises, éparpillé sur l’île. Ce sont toutes ces femmes de l’ombre, qu’on ne voit pas, qui font partie de ce modèle politique et économique des Chatouilleuses qu’il faudrait faire revenir en le structurant. J’encourage en tout cas toutes les jeunes filles, au collège, au lycée ou dans les réseaux étudiants, à avoir confiance en elles, à aller au bout de leurs rêves et de leurs projets, et à se dire que tout est possible.

MH : Une nouvelle génération de politiciennes mahoraises émerge, vous parliez par exemple avec Hélène Pollozec lors du forum économique. Une solidarité existe-t-elle entre vous ?

M.M.A. : S’il y avait une solidarité, elle se serait exprimée le 1er juillet [lors de l’élection à la présidence du conseil départemental, NDLR]. La solidarité féminine, oui, mais jusqu’à quel point ? Nous avons quand même du chemin à parcourir, même s’il y a beaucoup de respect entre les représentants du conseil départemental. J’espère que les jeunes femmes qui veulent se lancer en politique se serviront de mon exemple pour ne faire qu’une, mais surtout pour retomber dans la réalité, car ce sont 300.000 personnes qui attendent des actions bien concrètes, qui espèrent.

MH : Comment aimeriez-vous voir Mayotte dans cinq, dix ans ?

M.M.A. : Je vois un accès à l’eau, sans les coupures et sans les excuses. Je vois une Mayotte zéro déchets, et nous avons les possibilités de le faire via le recyclage et la valorisation de nos déchets. Je vois plus de sécurité. Je vois également une Mayotte reliée, connectée, car nous n’avons qu’une route pour les voitures, les camions, les gens, les vaches, les bus, les brouettes, les vélos… On ne s’en sortira pas, donc j’espère vraiment qu’on pourra faire Dzaoudzi-Sada en 30 minutes, par exemple, en empruntant d’autres voies. Mais aussi une Mayotte connectée avec les îles des Comores, avec Paris… Une Mayotte où on n’a pas peur. À l’heure actuelle, on a peur, d’avoir une nouvelle compagnie aérienne, d’entreprendre et de concurrencer…
Pour moi, Mayotte dans dix ans, ce sont également tous les enfants qui vont à l’école, et non pas certains en train d’apprendre sous la clim, et d’autres qui mangent la poussière. Des étudiants qui choisissent de rester sur le territoire car l’offre universitaire le leur permet. Des structures destinées à tous les types de handicap, parce qu’aujourd’hui, si l’on est autiste à Mayotte, on est mort et enterré !

MH : Et où voyez-vous Maymounati Moussa Ahamadi dans quelques années ?

M.M.A. : Je laisserai le peuple me porter là où il veut que je sois. S’il me voit utile en tant que présidente du CD, je relève le défi. Si je vois moi-même que mon utilité est beaucoup plus loin, j’irai beaucoup plus loin. Mais l’essentiel est de ne pas abandonner le combat pour que toutes les femmes qui ont envie de faire, de se sentir utiles, aient une image à laquelle elles peuvent se référer. Et une main tendue, car ma porte est grande ouverte. Je suis là, on peut se voir, converser. Je me suis engagée et je resterai engagée pour les Mahorais.

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