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L’immigration et l’habitat illégal dans le viseur de Sébastien Lecornu et Gérald Darmanin

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Discorde à la mairie de Mamoudzou

Rien ne va plus à la mairie de Mamoudzou. L’opposition sort les griffes via un courrier envoyé le 23 avril, demandant au maire de réunir les conseillers municipaux. Le courrier signé par neuf d’entre eux pointe du doigt la politique de la mairie pendant la crise sanitaire. L’équipe du maire Mohamed Majani dénonce un coup politique.

Pour une troisième journée de visite (et dernière dans le cas du ministre de l’Intérieur), les deux membres du gouvernement ont annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre l’immigration et la prolifération des bidonvilles. Des promesses dont certaines restent conditionnées à la validation du projet de loi Mayotte.

Kahani, 15h30. Sous les chapiteaux bleu-blanc-rouge et le vacarme des percussions crachées par les baffles, les élus et autres figurants attendent. Longtemps. Tout à coup, les regards éteints s’illuminent en se tournant vers les hauteurs, pourtant assombries par des nuages denses. La délégation apparaît, enfin ! Souliers noirs et baskets blanches recouverts d’une épaisse couche de terre orange, voilà le digne souvenir d’une vraie virée dans les bangas. Quelques minutes plus tard, silence pour écouter le ministre. “Ce qui compte aujourd’hui, c’est de se projeter en 2031, quand on fêtera les 20 ans de la départementalisation. Et en 2031, pour ces vingt ans, ce qu’on ne voudra plus voir, c’est ce qu’on a vu, là, derrière cette colline ! C’est ce qui doit tous nous réunir !”, s’exclame Sébastien Lecornu avec emphase, aussitôt suivi par les applaudissements conquis de la foule.

Pour cette troisième journée de visite, le ministre des Outre-mer (seul) était en effet venu s’imprégner d’une autre réalité critique du territoire : la prolifération des bidonvilles. Et le choix du lieu ne tient pas au hasard. C’est là, à une centaine de mètres de la caserne de pompiers de Kahani, que le préfet de Mayotte finalisait en novembre 2020 la première opération de destruction effectuée dans le cadre de la loi Elan. En tout, une centaine de cases ont été démolies sur ce terrain du conseil départemental, qui doit accueillir le nouveau hub pour les transports scolaires. Un an plus tard, la collectivité a ainsi profité de la venue du ministre pour inaugurer ces belles voies de bus fraîchement goudronnées.

1.000 cases détruites en 2020

L’occasion pour les services concernés de vanter les mérites de cette loi, qui “permet au préfet d’ordonner la démolition des cases sans ordonnance du juge, à condition d’une enquête sociale, sanitaire et en garantissant le droit à des propositions d’hébergement temporaire à chaque habitant”, rappelle Jérôme Millet, le secrétaire général de la préfecture. “Cette politique n’a pas d’équivalent sur le territoire national, et nous avons ainsi pu détruire 1.000 cases en 2020, contre 50 en 2019.”

Pour poursuivre sur cette lancée, le locataire de la rue Oudinot a profité de son passage au pupitre pour annoncer de nouvelles mesures, dans le cadre de la loi Mayotte qu’il doit présenter en conseil des ministres en janvier. Ainsi ce nouveau texte prévoit-il de permettre la démolition immédiate de toute construction illégale de moins de 96h, allongeant par là le délai de flagrance, qui ne laisse jusqu’à présent que 48h au maire pour agir. “Les lignes budgétaires pour ces destructions vont continuer à être abondées par mon ministère”, notamment dans la prochaine loi de finances pour 2022, promet Sébastien Lecornu. Par ailleurs, pour construire plus de logements neufs, la loi Mayotte entend aussi créer un tribunal foncier, renforcer les pouvoirs de la CUF (commission d’urgence foncière) et créer un établissement public du Grand Mayotte pour mettre à disposition de tous des moyens et un savoir-faire dans les infrastructures. Autre nouveauté et pas des moindres : “nos discussions avec Action Logement avancent et nous serons à même d’avoir un deuxième bailleur sur le département”, promet le ministre.

Changement profond et révolutionnaire” du droit du sol

Un peu plus tôt dans l’après-midi, et accompagné cette fois du ministre de l’Intérieur, l’ancien maire de Vernon avait réitéré sa promesse d’aller plus loin et plus vite, également en matière d’immigration clandestine. Après leur virée à bord d’un intercepteur entre Mayotte et Anjouan, les deux membres du gouvernement ont ainsi souligné une fois de plus la pérennisation de la surveillance aérienne et la livraison prochaine de deux intercepteurs. L’aménagement de postes avancés au nord, pour permettre aux équipes de la police aux frontières et de la gendarmerie d’intervenir plus rapidement sur l’eau, a aussi été remis sur la table.

Plus important encore, deux propositions dans le projet de loi Mayotte viendront muscler un peu plus la réponse à l’immigration clandestine : les patrouilleurs pourront se rendre dans les zones contigües pour stopper les kwassas plus en amont ; et le droit du sol sera davantage limité, en conditionnant l’acquisition de la nationalité pour un enfant né sur le territoire à la présence régulière et ininterrompue pendant un an, contre trois mois actuellement, de l’un au moins de ses parents. “C’est un changement profond et révolutionnaire pour les Mahorais qui va permettre de lutter contre l’attractivité de Mayotte”, vante Gérald Darmanin. Des fois que les images de bidonvilles continuent à en faire rêver certains…

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