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Décès du sénateur Marcel Henry : les condoléances attristées du peuple mahorais

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Quand la population mahoraise prépare la riposte

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, formellement ou spontanément, les initiatives se multiplient pour répondre à la délinquance qui flambe à nouveau sur l’île aux parfums. Au risque, parfois, de voir l’exaspération prendre le pas sur la loi. 

Mayotte : une naissance dont ils se souviendront

Une naissance dans la rue, ce n’est pas si courant. C’est pourtant ce qu’ont vécu Jonathan et Mouna, lundi 18 mai, date à laquelle Sarah, leur petite fille, a décidé d’arriver. Un évènement auquel ont participé quelques passants, sur les lieux par hasard. Et quand s’improvise une chaîne de soutien, cela donne une belle histoire. Récit. 

À Mayotte, “le confinement a révélé la capacité perverse de certains à faire du mal aux autres sans qu’ils ne s’en rendent compte”

Deux mois de confinement peuvent en dire long sur un individu, mais ils peuvent également dévoiler les pires et les meilleurs aspects d’une société. La crise sanitaire a mis en évidence les failles de la société mahoraise, partagée entre la conscience de certains et l’irresponsabilité des autres. Le sociologue Combo Abdallah Combo nous explique pourquoi il est urgent de tirer les leçons de ce confinement et essayer de changer la donne. 

Camille Miansoni, procureur de Mayotte : “Mon rôle est de protéger la société avant tout”

L’affaire du rapt en Petite-Terre qui suscite l’émoi dans l’ensemble du Département est révélatrice de nombre de maux dont souffre la société mahoraise au sein de laquelle nombre de personnes semblent valider l’idée que l’on puisse se faire justice soi-même à défaut d’une carence supposée de l’État. Le procureur de la République, Camille Miansoni, revient ici sur ces éléments. C’est aussi l’occasion pour lui de rappeler le rôle qu’il occupe et la vision qui l’anime alors que les critiques pleuvent sur sa personne.

C’est avec une vive émotion et une grande tristesse que nous apprenons ce jour [lundi 30 août 2021] le décès de Marcel Henry, sénateur honoraire de Mayotte, ancien compagnon de lutte de notre défunt père, feu Younoussa Bamana, ancien président honoraire du conseil départemental de Mayotte.

Nous adressons par la présente nos sincères condoléances à la famille Henry, ainsi qu’à l’ensemble de la population mahoraise dont nous connaissons l’attachement envers l’un des plus illustres initiateurs du combat pour la départementalisation de Mayotte et pour ancrage pérenne dans la France.

Le sénateur honoraire Marcel Henry, né à M’tsapéré le 30 octobre 1926, est décédé à l’âge de 95 ans. Il tire sa révérence en présence de deux ministres, de passage dans l’île. Faut-il y voir le symbole d’une rupture ou d’un tournant dans la relation entre la France et Mayotte ? Les parcours politiques de Marcel Henry et Younoussa Bamana sont intimement liés. Après l’enfance à Pamandzi, quartier Sandravoingue, et l’école primaire à Dzaoudzi, les deux adolescents poursuivent leurs études secondaires à Madagacar, dans deux prestigieux établissements de Tananarive, l’un au lycée Le Myres de Villiers, l’autre au lycée Gallieni.

deces-marcel-henry-senateur-honoraireFormé dans la capitale malgache, Marcel Henry entre en politique après la création du territoire des Comores en 1946. Il occupe la fonction de secrétaire du Congrès des notables présidé par son oncle Georges Nahouda, l’initiateur du combat pour la départementalisation de Mayotte. Attaché rédacteur dans l’administration supérieure à Dzaoudzi, Marcel Henry est nommé ministre de l’agriculture en 1957, puis des transports sous les deux premiers gouvernements des Comores. Il y représentait Mayotte. Favori des familles créoles originaires de Sainte-Marie, Marcel est élu conseiller général à l’assemblée territoriale en 1958 avec son cadet Younoussa Bamana, aux côtés de leurs aînés Ibrahim Ramadani et Abdourraquib Ousseni. Les deux benjamins déposent à l’assemblée la motion de départementalisation de Mayotte, décidée lors du congrès de Tsoundzou. Ils siègent sous l’étiquette de l’Union pour la défense des intérêts de Mayotte, premier parti politique de l’ère moderne créé en 1959, promoteur du slogan révolutionnaire « Nous voulons être français pour être libre », et de la lutte pour la séparation de Mayotte du territoire d’Outre-mer des Comores promis à l’indépendance.

Au début de l’autonomie interne, lors des élections de 1962, la liste de Souffou Sabili gagne les élections, à la faveur de la division de l’UDIM. Toutefois, Marcel Henry est nommé conseiller économique et social. Siégeant à Paris, il revient à Mayotte en prévision des élections. Dans l’intervalle, la révolte des femmes éclate le 2 août 1966, révélant la personnalité irrésistible de Zena Mdéré et l’émergence des chatouilleuses animées par sa secrétaire Zaina Méresse. C’est à l’initiative des femmes que Marcel Henry crée le Mouvement populaire mahorais (MPM) avec trois grandes figures de l’histoire contemporaine, Younoussa Bamana; Abdallah Houmadi et Zoubert Adinani. Pour sceller leur union indéfectible, les femmes exigent qu’ils prêtent serment de fidélité à la France. La cérémonie se déroule à la mosquée de Sada. Sous l’influence de ce pacte religieux, les quatre assermentés gagnent les élections de 1967. Ils sont rejoints par Younoussa Benali, député en 1968.

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Dès lors, le MPM organise l’insurrection mahoraise : elle aboutit, après une période de quasi guerre civile entre Sorodas partisans de la France et Serrez-la-main pro-comoriens, d’abord au référendum d’autodétermination de 1974, prélude à l’indépendance unilatérale des Comores en 1975, ensuite à l’érection de Mayotte au statut de collectivité territoriale de la République française. Le séparatisme mahorais triomphe après une longue lutte d’émancipation mahoraise qui aura coûté la vie à la jeune militante Zakia Madi en 1969, tombée sous des éclats d’une grenade offensive jetée au milieu de la foule par la milice comorienne. Pour sceller la victoire et préparer l’avenir, c’est encore Marcel Henry et Younoussa Bamana qui sont choisis par la population en 1977 pour siéger au Parlement français, l’un comme sénateur et l’autre comme député. Le processus de départementalisation peut alors commencer, mais c’est là une autre histoire, celle des temps modernes.

Les réactions des institutionnels

Le préfet de Mayotte

C’est avec tristesse et profonde émotion que Thierry Suquet, préfet de Mayotte, délégué du gouvernement a appris ce jour le décès de Marcel Henry, ancien sénateur de Mayotte. Veritable figure de la vie politique mahoraise, ses actions ont marqué profondément l’histoire du territoire. Nous lui devons le combat pour Mayotte française. Nous lui devons son engagement pour le départementalisation de Mayotte et le développement du territoire. Il a été l’un des fondateurs du mouvement populaire pour Mayotte. Il était membre de la « Force de l’Alternance », un courant du Mouvement départementaliste mahorais. Le préfet de Mayotte adresse ses condoléances attristées à sa famille, ainsi qu’à ses proches éprouvés par cette disparition.

Le président du conseil économique, social et environnemental de Mayotte

Le Sénateur Marcel Henry, une des figures politiques emblématiques du combat pour le maintien de Mayotte dans la France et pour la départementalisation de l’île, nous a quittés. Abdou Dahalani ainsi que les membres du conseil économique, social et environnemental de Mayotte partagent le profond chagrin des Mahoraises et Mahorais pour cette disparition. Un compagnon, un initiateur, un défenseur de la première heure, Mayotte perd l’une de ses dernières figures historiques de son combat dans la France. En ces moments difficiles, je présente mes plus sincères condoléances à la famille et à ses proches.

Le président du conseil départemental

Le président du Département de Mayotte, Ben Issa Ousseni, salue la mémoire de l’ancien sénateur Marcel Henry, décédé ce 30 août. « Mayotte pleure un père, une des grandes figures de la révolution à la Mahoraise. En mon nom personnel, au nom des élus du conseil départemental et au nom de la population, je tiens à présenter mes condoléances attristées à sa famille et à ses proches. » Élu sénateur le 25 septembre 1977, réélu en 1986 et en 1995 jusqu’en 2004, il fut incontestablement une des personnalités emblématiques de l’histoire de notre île, un symbole en cette année anniversaire de la départementalisation. Grande est donc l’émotion collective. « Je propose que les modes de transports soient facilités pour que celles et ceux qui le souhaitent puissent assister à ses obsèques et lui rendre un dernier hommage. »

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