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Fermeture du marché de Tsoundzou : les vendeuses trouvent une alternative

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Discorde à la mairie de Mamoudzou

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Depuis ce samedi 24 septembre, les commerçantes du marché de Tsoundzou 1 ne peuvent plus vendre leurs marchandises sur place. Le maire de Mamoudzou a pris la décision de le fermer temporairement, pendant un mois, pour des raisons de sécurité et de non-respect aux conditions imposées par la ville. Cependant, les vendeuses se sont rapidement installées ailleurs.

Le nouveau parc de Tsoundzou 1 paraît bien vide depuis le week-end dernier. Quelques enfants y jouent, des personnes âgées s’y retrouvent pour regarder les voitures passer, mais les étals de fruits et légumes exposés tous les jours par les vendeuses sont aux abonnés absents. Et pour cause, un arrêté municipal du maire de Mamoudzou a ordonné la fermeture du marché de Tsoundzou, du 24 septembre au 24 octobre. Dès le samedi à midi, les commerçantes ont dû plier bagage, mais on les retrouve à seulement quelques mètres de là… Tout simplement en face de leur ancien lieu de travail, au bord de la route.

Parmi ces dizaines de femmes, se trouve Rissalati. Derrière ses tas de tomates, de salades et d’aubergines, la mère de famille a encore du mal à digérer la décision prise par Ambidlwahedou Soumaïla. « Ce qui me dérange le plus dans cette histoire, c’est qu’ils ne nous ont même pas prévenues à l’avance. Samedi matin, on nous a dit que l’on pouvait vendre jusqu’à midi seulement, puis ils ne nous ont plus laissées revenir. » Elle affirme avoir subi des pertes puisqu’une grande partie de ce qu’elle vend a pourri.

Elle n’est pas la seule dans ce cas, chaque vendeuse tient le même discours. « Je fais mes achats tous les vendredis pour la semaine d’après. Donc je me suis retrouvée avec des kilos de produits frais et la plupart est partie à la poubelle parce que je ne peux pas vendre normalement », regrette-t-elle, avant d’indiquer gagner environ 50 euros par jour lorsqu’elle s’installait au marché. Désormais, elle aurait du mal à atteindre les 10 euros au quotidien parce que sa clientèle ne vient plus, notamment les restaurateurs qui se fournissaient chez elle et ses collègues.

Mères de délinquants ?

Nul doute que cette fermeture a un impact considérable sur le chiffre d’affaires de ces commerçantes, mais c’est visiblement le prix à payer pour que ces mères prennent en main leurs enfants. Officiellement, le marché est fermé « à cause des différents incidents et agressions perpétrés par certains jeunes de Tsoundzou 1 et Passamaïnty », annonce pour sa part Chaharoumani Chamassi, le directeur de la prévention et de la sécurité urbaine au sein de la commune de Mamoudzou.

Mais les principales concernées ont immédiatement saisi le message. « Ils l’ont fermé pour nous punir parce que le maire dit que ce sont nos enfants qui caillassent les voitures, mais je peux vous assurer qu’aucune d’entre nous ici n’a un enfant délinquant. Si c’était vrai, on ne resterait pas les bras croisés à les regarder agresser les gens », continue Rissalati. Pour cette dernière, cette décision est injuste mais surtout contreproductive. « Si on ne travaille pas pour nourrir les nôtres, c’est dans ce cas-là qu’ils vont finir par descendre dans la rue et traîner avec les vrais délinquants puisqu’ils n’auront rien à manger. Ils n’ont pas pensé à cela… »

Des vendeuses qui comprennent la décision

L’autre raison qui explique l’arrêté municipal est le non-respect des consignes données par la commune chef-lieu. « On leur a dit plusieurs fois de ne plus utiliser des cailloux et des palettes pour étaler leurs marchandises, parce que les jeunes s’en servent pour barrer la route », justifie celui qui est connu comme le Capitaine Chamassi. Mais force est de constater que certaines vendeuses continuent à exposer leurs produits avec ce matériel interdit.

Néanmoins, quelques-unes avouent comprendre et soutenir le parti pris du premier magistrat. « C’est vrai qu’il nous a demandées cela, mais tout le monde ne joue pas le jeu. Alors si on en est là aujourd’hui, c’est uniquement de notre faute », reconnaît Ma Hadidja qui a également son stand de fruits et légumes au bord de la route à Tsoundzou 1. « Ça nous apprendra ! Oui, un mois c’est long et on va souffrir, mais peut-être que comme ça, on retiendra la leçon ! », ajoute sa voisine Djamila. Elles ont désormais trente jours pour se procurer chacune une table pliante, une chaise et une tente si elles veulent revenir au marché.

Selon le chef de la police municipale de Mamoudzou, « les policiers municipaux passent régulièrement pour les chasser, et ils appréhendent l’ensemble de leurs produits pour une destruction ». Cependant, le constat est différent sur le terrain. Les femmes ont d’ores et déjà pris leurs marques sur ce tronçon de route et assurent qu’elles n’ont vu la police municipale qu’une seule fois depuis la fermeture du marché. « C’était le dimanche. Ils nous ont dit qu’on ne pouvait pas rester là et ont pris nos produits. Depuis, ils ne sont plus jamais revenus », précise Ma Hadidja. Alors malgré la poussière et le soleil qui tape, elles affirment toutes qu’elles vont continuer à vendre en bord de route, parce qu’elles n’ont pas le choix.

 

Un arrêté municipal interdisant la vente à la sauvette sur toute les RN 1 et 2 à Mamoudzou

Ambdilwahedou Soumaïlla semble être bien lancé dans sa lutte contre les vendeurs à la sauvette. Le 3 octobre prochain sortira un arrêté interdisant la vente à la sauvette sur les nationales 1 et 2 en partant de Tsoundzou jusqu’à l’entrée de Majicavo. « Le maire a étendu l’interdiction qui est en application pour [ceux] qui étaient devant le marché de Mamoudzou », indique Chaharoumani Chamassi, le directeur de la prévention et de la sécurité urbaine de la commune. Selon lui, contrairement à ce qui est souvent reproché, ils ne déplacent pas le problème, mais « déstabilisent les vendeurs à la sauvette. On ne peut pas mettre un policier derrière chacun d’entre eux, mais on ne va non plus les laisser vendre sereinement et impunément ».

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