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Élections départementales : « Ra Tayari », le groupe de Mohamed Hamissi prêt à redorer l’image de Mayotte

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Rien ne le prédestinait à se lancer en politique, pourtant aujourd’hui Mohamed Hamissi souhaite siéger au conseil départemental avec son mouvement centriste « Ra Tayari ». Son ambition est de redonner à son canton M’Tsapéré/Cavani et à Mayotte leur grandeur. Pour cela, avec son binôme Ambaria Madi, ils n’hésiteront pas à bousculer les habitudes de chaque service de la collectivité pour être à la hauteur des exigences du territoire et des Mahoriais.

Flash Infos : Votre mouvement s’appelle « Ra Tayari », qui signifie « nous sommes prêts ». Vous êtes prêts à quoi ?

Mohamed Hamissi : Nous sommes prêts à changer les choses dans notre canton, mais également à l’échelle du département. Nous constatons depuis une quinzaine d’années que notre canton M’Tsapéré/Cavani et notre île en général sont en train de sombrer dans la destruction. Cette situation nous a conduit dans l’impasse et il est temps de changer les choses. Notre seule préoccupation est notre avenir, celui de nos enfants et de nos petits-enfants. M’Tsapéré et Cavani ont une histoire sportive et culturelle. C’est un canton de notables qui ont contribué à la construction de ce Département, nous nous engageons à lui redonner sa grandeur. Et à l’échelle départementale, notre objectif est de participer activement au développement durable de Mayotte en lui proposant des meilleures perspectives reposant sur des bases solides. Nous pensons qu’il faut retrouver l’unité qui se perd, c’est la condition sine qua none pour que Mayotte puisse se préparer à un meilleur avenir.

FI : De quelle unité faites-vous allusion ?

M. H. : Il faut que l’unité au sein du conseil départemental soit retrouvée. Le clanisme politique a montré ses limites dans la construction de ce territoire. Quel que soit les couleurs politiques, il faut qu’il y ait de l’unité au sein de la collectivité. Il ne faut pas qu’il y ait une majorité et une opposition, mais chaque groupe doit travailler pour l’intérêt des Mahorais.

FI : Avez-vous l’impression qu’en ce moment il n’y a pas d’unité au conseil départemental et que l’équipe actuelle ne travaille pas pour l’intérêt des Mahorais ?

M. H. : S’il y a une unité, elle n’est pas au service de la population de Mayotte, ni des intérêts du territoire. Il suffit de voir le retard que nous accusons et que nous voulons rattraper. Entre les déclarations des uns et des autres, la réalité nous montre que nous sommes loin de travailler au service de la population.

FI : Vous voulez que votre canton retrouve sa grandeur, de quelle manière allez-vous procéder pour y parvenir ?

M. H. : Nous allons redonner à Cavani et à M’Tsapéré son passé culturel et sportif. Nous avons comme projet de transformer ces deux territoires en pôle sportif et culturel. La bibliothèque actuelle deviendra une médiathèque avec plusieurs activités à l’intérieur. Avant, toutes les compétitions sportives se déroulaient à Cavani, alors que maintenant, c’est devenu un territoire à éviter le soir. Nous voulons effacer cette image. Notre volonté est de faire de notre canton un territoire d’emplois et de transformations. Nous voulons accélérer la création d’entreprises de l’économie sociale et solidaire de manière à ce que tout jeune, quel que soit son parcours, puisse avoir un emploi ou une formation. Nous allons donc nous appuyer sur l’ESS, notamment sur la transformation des déchets. Tous les déchets que nous consommons dans ce canton doivent être considérés comme des ressources. Ce sont des centaines d’emploi que nous pouvons créer grâce à cela. Parallèlement, nous allons également mettre les outils nécessaires dans les quartiers pour permettront de former des futurs médecins, des futurs cadres, des futurs enseignants, etc. Grâce aux centres sociaux, nous sensibiliserons les familles à l’avenir de leurs enfants.

FI : Cavani et M’Tsapéré sont souvent le théâtre de scènes de violence. Comment allez-vous faire pour mener à bien tous vos projets avec cette délinquance croissante dans ce canton ?

M. H. : Cette délinquance trouve son origine dans l’absence d’accompagnement des jeunes qui sont délaissés par leurs parents. Il faut nous occuper de cette jeunesse et discuter avec elle. Le problème avec la violence à M’Tsapéré, c’est qu’il y a des quartiers informels qui naissent dans les hauteurs du canton. Ces bidonvilles qui s’agrandissent, s’accompagnent de parents qui ne se préoccupent pas de l’avenir de leurs enfants. Ce que nous proposerons, si nous sommes élus, est de demander des assises sur l’insertion des jeunes en précarité à Mayotte. Il nous faut un plan pour faciliter l’insertion professionnelle de ceux ne feront pas de grandes études.

Il nous faut des éducateurs de rue, de vrais éducateurs formés qui seront sur le terrain pour détecter les jeunes à partir de huit ans. Parce que nous les voyons ces gamins qui traînent dans les rues toute la journée. Aujourd’hui, je ne peux pas vous dire quel outil sera efficace parce que nous manquons d’évaluation avec des indicateurs précis. Le rôle de la mission locale doit également être renforcé. Je suis passé par là, la société m’avait fait croire que j’étais un cancre et que je n’irai pas loin. C’est grâce aux conseillers de la mission locale et à mon entourage que j’ai réussi à prendre en main ma vie, autrement je n’en serais pas là.

FI : Vous allez beaucoup à la rencontre des habitants, quelles sont leurs attentes ?

M. H. : C’est simple, les habitants nous demandent trois choses : travailler, accompagner ceux qui veulent entreprendre, et trouver une solution à l’insécurité même si ce n’est pas de la compétence directe du Département. La lutte contre l’insécurité doit émaner de tous, y compris des parents qui doivent nous aider.

FI : Pendant votre campagne, vous faites de la proximité le cœur de votre vocation. Si vous êtes élus, comment allez-vous la maintenir avec la population ?

M. H. : Notre candidature a été bien réfléchie. Je suis de Doujani, mon binôme est de Cavani-M’Tsapéré, mon remplaçant de Maevantana, et la sienne de Cavani Mamoudzou. Nous avons voulu rééquilibrer le territoire cantonal. Tous les quatre, nous allons organiser tous les trois mois des réunions de quartiers afin d’exposer nos projets et prendre connaissance des doléances de la population.

FI : Nous subissons tous les jours les embouteillages, avez-vous dans votre programme des projets pour trouver une solution durable à ce fléau ?

M. H. : Absolument ! Notre première mission consistera à mettre en service l’intégralité des réseaux de transports publics interurbains. Nous allons expertiser tout ce qui a été élaboré pour être sûrs que ça a été fait dans les règles. Notre ambition est de faire en sorte pour que d’ici 2024, l’intégralité des réseaux interurbains terrestres et maritimes soient mis en exploitation.
Parallèlement, nous allons lancer une étude opérationnelle de refonte du STM, en lien direct avec les lignes de transports maritimes qui seront créées prochainement. Nous allons également étudier le projet d’une ligne de tramway entre la Grande-Terre et l’aéroport de Pamandzi. Avec la croissance démographique et les embouteillages que nous constatons de plus en plus en Petite-Terre, nous estimons que d’ici 2030, Petite-Terre ne pourra plus accueillir tout ce monde. Il faut donc envisager un pont dédié aux transports en commun, aux vélos, aux taxis, dans le but d’apporter une alternative efficace et écologique.

À Mayotte, nous avons 140 kilomètres de routes départementales. Si nous sommes élus, nous allons créer une direction des routes et transports, qui aura comme mission d’aménager, de sécuriser et d’embellir toutes les routes départementales. Elles doivent être mises aux normes et optimisées d’ici 2026 en attendant le contournement de Mamoudzou dans 10 ou 20 ans. Nous allons étudier de plus près ce projet. Nous le soutenons, mais cette infrastructure coûtera deux milliards d’euros. Alors nous voulons qu’il y ait un réel intérêt social et environnemental ainsi qu’une rentabilité économique.

FI : Le Département consacre la plus grosse enveloppe de son budget au social. Allez-continuer sur cette lancée si vous êtes élus ?

M. H. : Des millions d’euros sont investis dans le social, mais quand nous sommes sur le terrain, nous rencontrons des personnes âgées qui se plaignent du manque d’accompagnement, des personnes handicapées qui se plaignent du silence du Département, etc. Nous avons le sentiment que malgré les efforts du conseil départemental, il y a des outils qui ne fonctionnent pas. Si nous sommes élus, nous allons en premier lieu auditionner l’ensemble des services concernés par le social pour faire un bilan et évaluer ce qu’ils ont fait pendant six ans. Le social ne doit pas être de l’assistanat pour lequel le conseil départemental donne de l’argent à des associations qui ne sont pas à la hauteur des publics visés.

FI : Vous êtes en charge du projet Caribus, qui est annoncé depuis 2011, mais nous n’en voyons toujours pas la couleur et les Mahorais commencent à s’impatienter. Où en est le projet ?

M. H. : Je dirige ce projet depuis sa naissance et techniquement, il n’y a pas de soucis, pas de manque d’ingénierie dans ce domaine-là. Mais c’est aussi un projet politique… Je ne suis pas trop habilité à en parler. De mon côté, tout est prêt, il ne reste qu’à lancer les travaux d’exploitation du réseau !

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