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203 kwassas détruits dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine

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Alors que l’épidémie de Covid-19 continue sa propagation à Mayotte et que le flou règne sur la situation sanitaire en Union des Comores, la LIC se poursuit, d’ailleurs amplifiée pour limiter l’impact que pourrait avoir l’importation de nouveaux cas sur le territoire. Pour autant, après une baisse, les arrivées de kwassas tendent à reprendre depuis quelques jours, sans qu’elles ne soient a priori imputables au Covid-19. Le point avec Julien Kerdoncuf, sous-préfet délégué à la lutte contre l’immigration clandestine. 

Discorde à la mairie de Mamoudzou

Rien ne va plus à la mairie de Mamoudzou. L’opposition sort les griffes via un courrier envoyé le 23 avril, demandant au maire de réunir les conseillers municipaux. Le courrier signé par neuf d’entre eux pointe du doigt la politique de la mairie pendant la crise sanitaire. L’équipe du maire Mohamed Majani dénonce un coup politique.

Saisis par les autorités lors de leur interception en mer, les kwassas sont acheminés sur le terrain du Détachement de la Légion étrangère de Mayotte en Petite-Terre (site militaire des Badamiers) pour être détruits, comme cela a été le cas ce mardi 20 septembre pour 203 embarcations de fortune. Un coup de communication organisé par la préfecture, une première depuis quatre ans, qui permet à l’État de réaffirmer son engagement dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine.

Si l’interception de kwassas en mer affole régulièrement la toile, le devenir de ces embarcations de fortune reste bien souvent obscur aux yeux du grand public. L’opération de destruction sur le site militaire des Badamiers, terrain du Détachement de la Légion étrangère de Mayotte, organisée ce mardi 20 septembre en présence du préfet, Thierry Suquet, et du sous-préfet en charge de la lutte contre l’immigration clandestine, Frédéric Sautron, permet de mettre en lumière la procédure adoptée.

Combien de kwassas réduits en miettes en 2021 ?

Depuis le début de l’année, on recense 349 kwassas pris entre les mailles du filet des forces de l’ordre, dont « 203 sont détruits aujourd’hui », annonce le délégué du gouvernement. À titre de comparaison, lors du dernier coup de communication de la préfecture sur ce sujet, en juillet 2018, ce chiffre s’élevait à 110. « Les comparaisons à cette période de l’année n’ont pas beaucoup de sens parce que nous attendons d’avoir des stocks suffisamment constitués pour les détruire. »

En ce qui concerne les moteurs, la politique est sensiblement différente. Ils sont retirés et entreposés dans différents sites avant d’être brisés « à part ». « Nous le faisons de façon beaucoup plus fréquente, par paquet de 50 à 70 selon l’état. »

Pourquoi autant de temps entre la saisie et la destruction ?

La préfecture ne peut procéder à la destruction immédiate des kwassas dans la mesure où des enquêtes judiciaires sont menées pour lutter contre les réseaux. Huit ont pour le coup été démantelés en 2021. Le dernier en date remonte à mars 2022 : les passeurs étaient soupçonnés d’avoir organisé l’entrée illégale d’au moins 30 embarcations au cours des deux dernières années, dans le secteur de Kani-Kéli.

En d’autres termes, il faut que les kwassas soient « libérés » des mains de la justice. Entre les procédures à boucler et les autorisations à recevoir, cela explique que ce type d’opérations ne se réalise qu’environ deux fois par an.

Pourquoi ne pas les réutiliser ?

L’objectif de ces opérations se résume à « limiter la capacité de revenir ». En faisant en sorte de mettre en pièces les kwassas et les moteurs, cela met davantage de bâton dans les roues à celui qui souhaiterait retenter la traversée entre Anjouan et Mayotte. « C’est la politique de l’État : ne pas pouvoir réutiliser ce matériel saisi dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine. » Les matériaux sont ensuite pris en compte dans le circuit des traitements des déchets par la Star.

Quelle peine encourue pour les passeurs ?

Les passeurs font systématiquement l’objet de poursuites. « La peine maximale encourue est de sept ans et peut être multipliée par deux en cas de récidive », expliquait l’ancien procureur de la République, Camille Miansoni, en juillet 2018. « Les peines prononcées pour un passeur non-récidiviste sont généralement de la prison avec sursis et une interdiction de territoire français. » En revanche, en cas de récidive, « les peines varient entre 24 et 36 mois en moyenne, avec amende et reconduite à la frontière à l’issue de la peine ».

Pour cette année 2022, on dénombre 250 passeurs passés devant la justice pour un peu plus de 200 condamnations. La tête du réseau cité plus-haut a été condamné le mercredi 9 mars à trois ans de prison ferme, à 3.000 euros d’amende et à une interdiction de territoire de cinq ans.

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