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Un coup d’arrêt pour la bande de Cavani

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On l’appelait Stam. Et l’actualité que connaissent les États-Unis comme la métropole quant aux violences policières faites aux noirs ne peut que faire écho à son histoire. Celle d’un jeune père de famille de Mayotte, tué par balle de la main d’un policier le 23 février à Kawéni. 

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Rendue ce jeudi en appel devant la chambre d’instruction de La Réunion, la décision de placer les quatre hommes mis en cause dans l’affaire du rapt de Petite-Terre n’est pas sans soulever de questions selon leur avocat. Me Nadjim Ahamada dénonce notamment une violation des droits de la défense et une motivation politique à l’endroit des divers collectifs contre l’insécurité qui affichent un soutien farouche à ses clients.

Un lycéen de 18 ans a été condamné à six mois de prison ferme, ce vendredi, pour sa participation à un vol aggravé et des violences aggravées commis le 22 septembre dans le contexte des rixes entre les bandes de Cavani et Mandzarsoa. Trois mineurs, poursuivis aussi pour ces faits, ont été également mis en examen pour une tentative de meurtre. Ils sont soupçonnés d’avoir porté un coup de barre de fer à la tête d’un autre jeune de Mandzarsoa, un peu plus tôt au cours de la même soirée.

La police de Mamoudzou a procédé à près de 80 interpellations, ces dernières semaines, en rapport avec des affrontements entre une bande de Cavani (alliée à une autre de Doujani) et celle de Mandzarsoa. Ces opérations n’ont pas réussi à arrêter le cycle de violences, qui ont connu un point d’orgue, le week-end du 22 et 23 septembre. Le premier soir, le vendredi, un jeune homme de Mandzarsoa a été frappé violemment à la tête, tandis qu’un autre habitant de M’tsapéré a été retrouvé brûlé le lendemain soir dans une poubelle de Cavani (il était en réanimation en milieu de semaine). Concernant la soirée du vendredi, nous avons appris que trois mineurs ont été mis en examen pour tentative de meurtre et placés en détention provisoire, jeudi soir.

Cependant, ce ne serait pas leur seule expédition punitive, le soir du 22 septembre. Car deux heures après l’agression à la barre de fer, des vols et des violences ont eu lieu dans le même quartier de Mandzarsoa. En lien avec cette affaire, un lycéen de 18 ans qui fait partie de la bande de Cavani était justement jugé en comparution immédiate au tribunal correctionnel, vendredi après-midi. Pas présent dans la première expédition, car il était à la mosquée, ce jeune Français qui vit avec son père et son petit frère à Cavani sud, est allé retrouver ses amis dans les rues de Cavani, le vendredi soir de la semaine précédente. Le conciliabule d’une dizaine de jeunes avait pour objectif de retourner à Mandzarsoa, le quartier jouxtant le village de Cavani. « On a appris que les jeunes de Mandzarsoa voulaient se venger et descendre dans le quartier », raconte l’élève de terminale au lycée Younoussa-Bamana (où se concentre une partie des violences depuis la rentrée).

« La première personne qu’on a vue »

Masqués, armés d’une machette, barres de fer, de bâtons et de pierres, les membres de la bande remontent vers M’tsapéré, vers 21h15, en empruntant un des nombreux escaliers du quartier. Ils tombent sur une habitante de 26 ans et son copain, à l’extérieur d’une case en tôle. Apeurée, celle-ci se précipite à l’intérieur, mais le groupe la poursuit et arrive à rentrer dans l’habitation. Celle-ci est mise à sac. Celui qui a la machette va jusqu’à rentrer dans la chambre et porté un coup au niveau de l’arcade de la jeune femme, qui tentait de protéger son petit frère. Interrogé sur le choix de cette famille, le prévenu admet que « c’était la première personne qu’on a vue ». Une carte bancaire, des téléphones, des sacs à main et de l’argent liquide sont subtilisés. C’est la carte qui va permettre de mettre la main sur la bande. Car un adolescent de Cavani, envoyé par la bande pour acheter des boissons dans la supérette du coin, a été reconnu par les policiers sur les images d’une caméra de surveillance.

Le prévenu reconnaît une partie des faits, notamment d’avoir été masqué, l’utilisation de la carte bancaire et d’avoir permis le déverrouillage des téléphones par l’un de ses amis. « – Pourquoi vous portez un masque ?Pour ne pas être reconnu. – Pourquoi vous ne voulez pas être reconnu ? – Ne pas avoir des problèmes », répond-il à Virginie Benech, la présidente du tribunal correctionnel. Il dément cependant avoir été armé et d’avoir porté des coups. « Je ne suis jamais rentré. J’étais dehors pour faire le guet », dit-il en pleurs aux juges, ce vendredi. Cette version est contredite à la fois par les témoins et les trois mineurs qui pourraient être les coauteurs et qui seront jugés ultérieurement.

Condamné une semaine avant

Alors qu’il continue de pleurnicher, celui qui est surnommé « Dinero » n’est pas devant le tribunal pour la première fois. Le 14 septembre, il avait écopé de quatre mois de prison avec sursis pour un autre vol avec violences. « Vous venez d’être condamné. On vous appelle pour faire les 400 coups et vous y retournez », constate la juge Vovogna Ramiandrisoa. Dans ses réquisitions, la procureure adjointe, Louisa Aït Hamou enfonce le clou : « Vous n’étiez pas ce garçon en larmes ce soir-là ».

Pour elle, c’est clair, « vous n’allez pas là-bas pour voler au départ. Vous y allez avec des armes pour commettre des violences ». Elle demande qu’il soit condamné et qu’un mandat de dépôt soit prononcé, tandis que le fait de violences avec usage d’une arme soit requalifié en « violences en réunion ». Elle requiert dix-huit mois de prison dont douze avec sursis, des obligations de formation, d’indemniser les victimes (selon l’audience sur les intérêts civils) et une interdiction de paraître dans le quartier de Mandzarsoa.

Alors qu’il supplie les trois juges de « ne pas le mettre en prison », celles-ci décident de suivre les réquisitions du Parquet, hormis le mandat de dépôt.

« C’est terminé. Il fallait accepter dès le début »

Deux jeunes hommes d’origine comorienne était jugés, ce vendredi après-midi. Ils ont été interpellés en mer à bord d’un kwassa, jeudi matin. L’un est âgé de 18 ans, le deuxième a une vingtaine d’années et a déjà fait l’objet d’une expulsion du territoire mahorais. Ils devaient répondre de deux faits, pour avoir aidé une vingtaine de personnes en situation irrégulière à faire la traversée depuis Anjouan, ainsi que du transport de cigarettes de contrebande. Comme les deux s’accusent d’être le pilote de l’embarcation, le procès a été renvoyé à la fin octobre pour qu’ils puissent être défendus par deux avocats différents. Apprenant qu’une reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) lui garantissait de ne pas faire plus de six mois en détention (avant une expulsion aux Comores), le plus âgé tente d’interpeller les juges pour revenir sur ses déclarations. « C’est terminé. Il fallait accepter dès le début », lui fait remarquer l’avocat, maître Ahmed Idriss. Les deux prévenus ont été envoyés à la prison de Majicavo, en attendant le nouveau procès, dans trois semaines.

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