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Sacha Houlié :« La surpopulation carcérale n’est pas une surprise pour nous »

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Au cours de leur dernier jour de visite à Mayotte, Sacha Houlié, le président de la commission des Lois de l’Assemblée nationale, et Élodie Jacquier-Laforge, vice-présidente de l’Assemblée nationale, ont visité le centre pénitentiaire de Majicavo-Koropa. Face à la surpopulation carcérale, Sacha Houlié s’est dit prêt à « agrandir les plans » de la deuxième prison.

A la maison d’arrêt, comme au centre de détention*, chaque cellule comprenait autant, voire plus, de matelas au sol que de lits superposés. En visite au centre pénitentiaire de Majicavo-Koropa, ce dimanche, le président de la commission des Lois de l’Assemblée, Sacha Houlié, et la vice-présidente de l’institution, Élodie Jacquier-Laforge (député MoDem de la neuvième circonscription de l’Isère), ont constaté les conditions de détention dans une des prisons les plus surpeuplées à l’échelle nationale. Selon Marie Deyts, adjointe au directeur Nicolas Jauniaux, le taux d’occupation des cellules est actuellement de 226%. 629 personnes sont donc détenues dans cette prison ouverte il y a dix ans, alors qu’il y a 278 places. La « faute » à un système judiciaire où l’activité est dense. En 2023, 607 placements sous écrous ont été prononcés, presque trois fois plus qu’en 2022 (241).

Après une heure de déambulation et d’échanges avec des détenus et du personnel de l’administration pénitentiaire (qui relève du ministère de la Justice), Sacha Houlié, qui avait par le passé visité une dizaine de prisons en tant que parlementaire, s’est débord empressé de contextualiser. Selon ce dernier, la situation mahoraise n’est pas une exception à l’échelle nationale. « On constate, malheureusement, ce que l’on voit dans d’autres prisons. Je rappelle que la prison de Bordeaux a connu une surpopulation de 240%, l’été dernier, et que ça a entraîné un stop d’écrou. On ne peut que constater la résilience du personnel qui arrive à faire fonctionner cet établissement », fait valoir l’élu Renaissance, député de la deuxième circonscription de la Vienne, oubliant que le taux d’occupation de la prison de Majicavo-Koropa était de 247% en janvier 2024. Et d’ajouter : « la surpopulation carcérale n’est pas une surprise pour nous ».

Une deuxième prison attendue

Reste à savoir quand la deuxième prison mahoraise sortira de terre. Annoncée par Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux, en mars 2022, cette infrastructure censée désengorger le centre pénitentiaire de Majicavo et freiner les transfèrements vers La Réunion et la métropole tarde à voir le jour principalement parce que l’État n’a pas trouvé de site d’accueil (Kawéni et Dembéni sont deux communes en pole position). « Au-delà de l’annonce faite par le garde des Sceaux, on a compris que c’était une course contre-la-montre pour avoir les infrastructures nécessaires », souligne le président de la commission des Lois. Niveau finances, tous les feux sont pourtant au vert : en novembre 2023, les députés français ont voté en faveur d’un ajustement à la hausse du budget du ministère de la Justice, portant ce dernier à un peu plus de 10 milliards d’euros en 2024. Des crédits notamment destinés à la création de 15.000 places de prison en plus d’ici 2027 en France.

L’éventualité d’une augmentation du nombre de places contenues dans cette deuxième prison est d’ores et déjà évoquée par Sacha Houlié. « Si on trouve un terrain, on est prêts à agrandir les plans », déclare le parlementaire. Il faut dire que le centre pénitentiaire de Majicavo fait figure de bon élève à l’échelle nationale en matière d’entretien. « Il y a très peu de dégradations par rapport à d’autres centres pénitentiaires et maisons d’arrêt », salue Élodie Jacquier-Laforge. Sacha Houlié s’en félicite également : « le caractère pédagogique de la sanction est compris ».

*Les maisons d’arrêt reçoivent les prévenus en détention provisoire et les condamnés à une peine n’excédant pas deux ans. Les centres de détention accueillent les détenus condamnés à une peine supérieure à deux ans.

Des agents bloqués par la circulation alternée

Au pas de course, cette visite programmée n’aura finalement laissé que peu de place aux échanges avec le personnel. Toutefois, un surveillant a tenu à attirer l’attention du président de la commission des lois sur un point précis. Contrairement à d’autres professions, les agents du centre pénitentiaire ne bénéficient pas de dérogations pour traverser Mamoudzou au cours des journées où le dispositif de circulation alternée est en vigueur. « Cela n’est pas normal », s’étonne Sacha Houlié, promettant d’écrire au maire de Mamoudzou et au ministère de la Justice à ce sujet. La direction du centre pénitentiaire aurait déjà accusé une fin de non-recevoir de la part de la municipalité de Mamoudzou.

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