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« Il me restait un CV quand je suis passé devant le tribunal »

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Les interprètes du tribunal judiciaire de Mamoudzou permettent aux personnes jugées ou aux victimes ne parlant pas le français de communiquer lors des audiences. Ibrahim Ahamada est l’un d’entre eux. Cet ancien militaire assure la traduction au tribunal correctionnel.

Chemise et badge pendu à son cou, Ibrahim Ahamada fume sa cigarette pendant que l’audience correctionnelle tarde à reprendre. Les juges sont en train de se concerter, ce qui lui laisse un peu de temps pour souffler. À 56 ans, le natif de Pamandzi est expert interprète/traducteur auprès du tribunal correctionnel de Mamoudzou depuis 2016. Pendant les procès, il s’assure que victimes et prévenus comprennent le débat tenu en français. À l’inverse, il peut les aider en traduisant aux juges leurs différentes déclarations. Un rouage essentiel au sein d’une machine judiciaire qu’il n’a intégré que tardivement. Dans sa famille, c’est plutôt l’uniforme qui prévaut. Fils de gendarme et neveu du commandant Ali Boina (N.D.L.R. un des rares militaires de l’île à avoir fait la guerre d’Algérie), il a intégré l’armée en avril 1988 en tant que grenadier voltigeur, après avoir fait son service militaire à La Réunion. Le Mahorais sert ensuite sur plusieurs fronts, Koweït, Tchad, Gabon, Centrafrique et Balkans. En France, il voit du pays en fonction de ses mutations, Castres (Tarn), La Réunion, Nouvelle-Calédonie et Guyane.

En 2012, il prend sa retraite de l’armée, après 25 ans de service. Mais ayant anticiper son retour au monde civil, une formation lui permet de se reconvertir en comptable. Ce père de cinq filles opère alors quatre ans dans sa branche, puis c’est le chômage. Munis de plusieurs CV, il démarche plusieurs entreprises de Mamoudzou. « Il m’en restait un quand je suis passé devant le tribunal », se souvient-il. Qui ne tente rien n’a rien, il le dépose sans savoir au juste à quel travail auquel il peut prétendre. « Je suis arrivé à la barge pour rentrer chez moi quand on m’appelé et demandé de venir rencontrer le procureur de l’époque. » Impressionné par les états de service du Pamandzien et sa détermination (il a rejoint en courant le tribunal), Joël Garrigue lui propose un poste d’interprète en tant que vacataire. Une semaine de formation plus tard et il commence au tribunal de Mamoudzou. « Ce métier me plaît. Je rends service aux gens », fait valoir celui qui s’investit autant auprès des anciens combattants que de son camp politique, Les Républicains.

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Les juges demandent à chaque début d’audience si les victimes ou les prévenus ont besoin des services du Pamandzien.

« Je maîtrise les quatre langues comoriennes »

Outre l’arabe, l’anglais et l’espagnol « scolaire », Ibrahim Ahamada parle le shimaroé, une langue comprise par une partie des avocats, mais pas par les magistrats souvent originaires de métropole. « Ma chance, c’est que je maîtrise les quatre langues comoriennes », admet-il. Le grand comorien par exemple, il le parle depuis qu’il a suivi ses 6ème, 5ème et 4ème à Moroni, du temps où Mayotte n’avait qu’un collège. Seule langue qu’il ne maîtrise pas, le kibushi. « On a deux autres interprètes qui me remplacent dans ce cas-là », reconnaît-il. Outre la correctionnelle, il est amené à intervenir lors des comparutions immédiates, au tribunal pour enfants et même « parfois au centre pénitentiaire ». « On accompagne les avocats, les psychologues ou les psychiatres », énumère ce connaisseur dorénavant du fonctionnement de la justice française.

Pour ce qui est du vocabulaire juridique, en revanche, les interprètes doivent apprendre sur le tas. « Je lis beaucoup », reconnaît le Pamandzien. « Il y a des mots qu’on ne peut pas traduire, qui n’ont pas d’équivalents. Mais à force, on arrive à faire comprendre ce que ça veut dire. » Amené à intervenir lors des audiences du tribunal correctionnel, il a une façon bien à lui de remplir son rôle d’interprète. Il reprend souvent le ton des avocats, du procureur ou des juges quand il traduit les questions. « Il faut que la personne sente qu’elle est face à la justice. Il y a une dimension verbale et gestuelle.  C’est comme du théâtre, on joue sur l’émotion », décrit-il, avant de se rallumer une autre cigarette. Ce jour-là, ses services seront requis pour chaque affaire.

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