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Des peines de dix à quatorze ans de prison pour le viol d’une jeune médecin

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Justice à Mayotte : “On va tout faire pour que l’histoire de Stam soit la dernière de ce genre”

On l’appelait Stam. Et l’actualité que connaissent les États-Unis comme la métropole quant aux violences policières faites aux noirs ne peut que faire écho à son histoire. Celle d’un jeune père de famille de Mayotte, tué par balle de la main d’un policier le 23 février à Kawéni. 

Relation sexuelle à 14 ans : une mineure de plus victime des failles de la justice mahoraise

Une simple affaire d’atteinte sexuelle sur une mineure de moins de quinze ans a fini par prendre de l’ampleur au tribunal correctionnel mercredi dernier. Rappelant que le débat sur le consentement, en particulier des mineurs, est toujours cruellement d’actualité, deux ans après l'adoption de la loi sur les violences sexistes et sexuelles. 

Protection animale à Mayotte : « Quand on s’en prend comme ça à des chiens, c’est qu’on n’a plus de limites »

La thématique de la délinquance a mis en lumière, ces dernières semaines, le rapport de jeunes bandes avec les chiens. Torturé par sadisme, utilisé comme arme et objet de rivalités, le « meilleur ami de l’homme » a la vie dure sur le territoire où associations et forces de l’ordre tente tant bien que mal d’endiguer le phénomène.

Rapt de Petite-Terre : après l’appel devant la chambre de l’instruction, case prison et « tournure politique »

Rendue ce jeudi en appel devant la chambre d’instruction de La Réunion, la décision de placer les quatre hommes mis en cause dans l’affaire du rapt de Petite-Terre n’est pas sans soulever de questions selon leur avocat. Me Nadjim Ahamada dénonce notamment une violation des droits de la défense et une motivation politique à l’endroit des divers collectifs contre l’insécurité qui affichent un soutien farouche à ses clients.

Le verdict pour une affaire de viol en réunion, à proximité d’une boîte de nuit de Mamoudzou, dans la nuit du 23 au 24 mars 2019, est tombé ce mercredi midi.  Un jeune homme de 24 ans a été condamné à 14 années de réclusion (et six mois supplémentaires pour une tentative d’évasion), deux autres à respectivement 10 et 12 ans de prison. Un quatrième a été reconnu coupable de vol et de complicité de viol en réunion (le fait de viol en réunion a été requalifié) et devra purger 10 ans en réclusion. Un acquittement a été finalement décidé pour un cinquième accusé.

La victime, tremblante, témoigne sur le jour des évènements. « Ces gens en plus d’avoir pris ma fierté, mon intégrité et mon innocence, ils m’ont pris un quotidien censé entre beau et apaisé. Il ne faut pas qu’ils prennent tout ça à quelqu’un d’autre. » Il y a quatre ans, l’interne en médecine du CHM venait fêter son vingt-sixième anniversaire avec ses proches en boîte de nuit, quand elle est sortie avec un camarade avec qui les relations sont tendues. Après leur discussion, impossible de rentrer dans l’établissement du centre de Mamoudzou. Alors que le jeune homme a décidé de faire le tour, elle, a préféré rester devant la porte, sous la lumière et à proximité des videurs. Mais elle s’est retrouvée quelques secondes plus tard avec quatre jeunes hommes autour d’elles. Ils l’ont alors bloquée et l’ont violée tour à tour. La jeune femme de 30 ans aujourd’hui se rappelle douloureusement ce moment. « Se faire menacer, se faire bloquer physiquement, avec ce sentiment d’impuissance, on ressent de la colère, de la rage. Puis on se sent salie, honteuse. » En gagnant la confiance de ces agresseurs, « un instinct de survie », elle a réussi à s’enfuir à rejoindre la boîte qui l’a laissée à nouveau entrer. Le cauchemar aura duré plus d’une heure et demie.

Au cours du dernier jour de procès, ce mardi, son avocate, maître Julie Daguenet, prend la défense de celle qui est aussi son amie : « Ma cliente a vécu des évènements traumatisants. Elle était, ce jour-là, en état de choc, en pleurs, elle criait. Elle a fait face à une expérience de mort imminente ». « Vous l’aurez remarqué, ces derniers jours, aucun mot pour la victime, aucune excuse sincère. Quand on voit leurs discours, je suis profondément inquiète, parce qu’il n’y a pas de remords, il n’y a pas d’empathie ou de remise en question », s’inquiète-elle.

L’avocate générale, Cassandre Morvan, souligne aussi « le mépris extrême » qu’ont ces jeunes hommes face à la victime et leur manque cruel d’empathie. Elle fait remarquer : « Ils n’ont pas arrêter d’essayer de salir la victime. Ils sont égoïstes, opportunistes et utilitaristes. Ils ont un rapport aux femmes catastrophiques. La prise de chimique n’est pas une excuse ». Elle requiert seize ans d’emprisonnement pour un des accusés et dix-huit ans de réclusion pour les trois autres, que les experts ont estimé dangereux. Contrairement à l’avocate de la partie civile, elle demande l’acquittement pour le cinquième homme sur le banc des accusés.

« Il va à la mosquée tous les jours »

« Ce n’est pas un peu exagéré ? Il n’y a même pas eu d’enquête », déclare Soumetui Andjilani. Il affirme que son client, un ressortissant malgache de 30 ans essaie d’éviter les ennuis. « Il est bénévole dans des associations et il va à la mosquée tous les jours. » Au cours du procès, l’accusé a reconnu que le vol des affaires de la victime, mais pas le viol. Selon lui, il s’est masturbé en la touchant, un fait que son avocat souhaitait requalifier en agression sexuelle, moins lourd pénalement.
Sa collègue, maître Kassurati Mattoir, demande l’acquittement de son client. « On est dans le flou, les preuves démontrent seulement qu’il était là. » En effet, son ADN a été trouvé sur le bandana qu’il aurait prêté à la victime. Seulement voilà, les témoignages des coaccusés incriminent celui qui pouvait faire l’objet d’une interdiction de territoire français (demandée par l’avocate générale).
Quant à maître Fathi Rahmani, il notifie que son client est un homme honnête et qu’il veut dire la vérité. « Il reconnaît les faits, même si son ADN n’était pas présent, il a coopéré. Il estimait n’avoir rien fait de grave et aujourd’hui il a changé, il reconnaît l’infraction. »
Maître Jean-Baptiste Kondé concède qu’il a la tâche la plus difficile et affirme que son client né d’un père mahorais n’avait pas les capacités suffisantes pour comprendre les évènements. « Mon client a eu une enfance ravagée, sa mère est partie quand il avait 10 ans et son père le battait. Selon lui, la victime a accepté un rapport sexuel à son domicile, elle a discuté avec lui donc il y a vu un signal fort, une ouverture. Il y a une vraie différence de perception. Il n’était pas capable d’analyser la situation », plaide-t-il. Agé de 24 ans, l’accusé est le premier à avoir violé la victime, alors qu’il était sous contrôle judiciaire pour une autre affaire relevant de la cour d’assises. Il fait face à une condamnation à dix-huit ans de prison pour le viol en réunion, ainsi que le vol également des affaires de la victime. En outre, six autres mois de détention ont été demandées pour tentative d’évasion. Il avait réussi à forcer une porte du commissariat de police, avant d’être attrapé dans le hall.

D’habitude, les jurés délibèrent dans la foulée. Mais vu la situation sécuritaire sur l’île, le président de la cour d’assises a préféré que tout le monde rentre chez soi pas trop tard. Le verdict a donc été rendu, ce mercredi midi. Ibrahim « Camal » Camali est finalement reconnu coupable du viol en réunion et de la tentative d’évasion. Déjà condamné récemment par la cour d’assises de Mayotte, il devra faire 14 ans de plus en détention à Majicavo (+ six mois pour la tentative d’évasion), une peine de sûreté de presque dix ans y est assortie, tout comme l’obligation de soins. Pour le viol en réunion, Assani « Cho » Ramadani et Chaher Saïd Attoumani devront faire 12 et 10 ans également à Majicavo. Ce dernier, de nationalité comorienne, se voit prononcer également une interdiction de territoire français. Frédéric « Cerveau » Jao, d’origine malgache, hérite de la même sentence (IDTF et 10 ans de prison). Alors qu’il était jugé pour viol en réunion et vol en réunion, les faits ont été requalifiés en complicité de viol en réunion et vol. Pour avoir subtilisé le téléphone de la victime, il devra lui payer 500 euros. Les quatre condamnés devront solidairement verser à la jeune médecin 35.000 euros et 2.000 euros au titre des préjudices moral et physique, ainsi que 5.000 euros de frais de justice.

Celui qui est surnommé « Kangourou » est acquitté. Sa présence sur les lieux était avérée, mais victime et coaccusés ont indiqué qu’il n’a jamais touché la première. Et un doute subsiste sur son arrivée, pendant ou après les faits de viols.

 

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