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Cinq personnes condamnées pour l’agression d’un agent de sécurité

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Justice à Mayotte : “On va tout faire pour que l’histoire de Stam soit la dernière de ce genre”

On l’appelait Stam. Et l’actualité que connaissent les États-Unis comme la métropole quant aux violences policières faites aux noirs ne peut que faire écho à son histoire. Celle d’un jeune père de famille de Mayotte, tué par balle de la main d’un policier le 23 février à Kawéni. 

Relation sexuelle à 14 ans : une mineure de plus victime des failles de la justice mahoraise

Une simple affaire d’atteinte sexuelle sur une mineure de moins de quinze ans a fini par prendre de l’ampleur au tribunal correctionnel mercredi dernier. Rappelant que le débat sur le consentement, en particulier des mineurs, est toujours cruellement d’actualité, deux ans après l'adoption de la loi sur les violences sexistes et sexuelles. 

Protection animale à Mayotte : « Quand on s’en prend comme ça à des chiens, c’est qu’on n’a plus de limites »

La thématique de la délinquance a mis en lumière, ces dernières semaines, le rapport de jeunes bandes avec les chiens. Torturé par sadisme, utilisé comme arme et objet de rivalités, le « meilleur ami de l’homme » a la vie dure sur le territoire où associations et forces de l’ordre tente tant bien que mal d’endiguer le phénomène.

Rapt de Petite-Terre : après l’appel devant la chambre de l’instruction, case prison et « tournure politique »

Rendue ce jeudi en appel devant la chambre d’instruction de La Réunion, la décision de placer les quatre hommes mis en cause dans l’affaire du rapt de Petite-Terre n’est pas sans soulever de questions selon leur avocat. Me Nadjim Ahamada dénonce notamment une violation des droits de la défense et une motivation politique à l’endroit des divers collectifs contre l’insécurité qui affichent un soutien farouche à ses clients.

La victime de cette agression à l’arme blanche à Pamandzi (Petite-Terre) survenue en 2016 s’est donnée la mort, deux ans après, au centre hospitalier de Mayotte. Six auteurs présumés étaient appelés à la barre du tribunal correctionnel de Mamoudzou, ce mardi. L’audience s’est conclue par de lourdes peines pour les deux principaux protagonistes qui font désormais l’objet d’un mandat d’arrêt.

Le 24 décembre 2016, la gendarmerie nationale est requise pour un jeune homme blessé à l’arme blanche à Pamandzi. Nizari assurait la sécurité d’une soirée organisée au club des amis, face à la plage Petit Moya. Son agression a eu lieu sur fond de rivalités entre le « groupe » auquel il appartenait et une vingtaine de jeunes, dont certains se seraient vus refuser l’accès à la soirée dansante. Mutilée, la victime gisait au sol à l’arrivée des secours. Plusieurs armes par destination, dont des pierres, des mousquetons ou encore des poings américains, ont été prélevées sur place. Convoqués en correctionnelle le 23 janvier, soit sept ans après les faits, six de ses agresseurs présumés devaient répondre de leurs actes.

Entre-temps, une information a changé la donne, mais pas le chef d’accusation de « violences en réunion » retenu à l’encontre des six jeunes. On parle alors d’une « correctionnalisation en opportunité » à l’audience du jour. Et pour cause : Nizari s’est donné la mort en ingérant une grande quantité de médicaments au centre hospitalier de Mayotte. C’était en janvier 2018. Selon le substitut du procureur, Paul-François Thibault, « la victime s’est suicidée intentionnellement parce qu’elle a préféré mourir que de vivre dans l’état dans lequel on l’avait laissé ». Le jeune homme, qui sortait d’une peine de prison au moment des faits, avait perdu l’usage de sa main gauche après cette violente agression à coups de machette et de mousqueton. Il s’était également fait amputer l’auriculaire du pied gauche et souffrait d’angoisses quasi-permanentes durant sa convalescence.

Si le dossier a enfin pu connaître le bout de son parcours judiciaire ce mardi, c’était en l’absence de cinq des six prévenus. Deux d’entre eux, représentés à l’audience par le bâtonnier des avocats, maître Yanis Souhaili, n’auraient pas pu faire le déplacement depuis la métropole, où ils résident désormais. Un jeune homme de 27 ans comparaissait donc seul à la barre ce mardi. A la lueur de ses seules déclarations, la justice a-t-elle pu y voir plus clair ?

« Il vaut mieux ne pas venir aux audiences »

En garde à vue et lors de ses auditions devant le juge d’instruction, le prévenu a indiqué qu’il avait quitté la fête avant que les violences n’aient lieu. Lorsque la musique s’est arrêtée, il serait sorti et aurait vu des gens « courir dans tous les sens ». Des propos nuancés par le témoignage de la victime, qui l’a désigné – juste après les faits – comme étant l’auteur de coups de mousqueton à son encontre.

D’après l’autre avocat de la défense, maître Érick Hesler, la bande à laquelle le jeune homme appartenait, présentée comme un « gang » par le parquet, n’était en réalité qu’un « groupe d’amis ». Une contextualisation parmi d’autres, pour contrer un “manque d’objectivité” dans le rappel des faits du parquet, souligne l’avocat. « Il vaut mieux ne pas venir aux audiences finalement, tance la robe noire face aux questions posées par le substitut du Procureur. Parce que quand on vient et qu’on est assailli de questions sept ans après les faits, les autres [prévenus] ne sont pas là, ils sont chez eux. Je trouve que ce n’est pas très loyal. Les autres ne sont pas venus, ils ne risquent pas de se contredire. »

Pour le représentant du parquet, les présages de l’altercation étaient évidents et « l’intensité particulièrement grave de ces faits » doit avoir pour suite le « haut du spectre des peines prononcées » par le tribunal. Le jeune homme qui comparaît est dans ce cadre le « seul qui a fait preuve de bonne volonté », d’après Paul-François Thibault. Après quatre mois passés en détention provisoire au début de l’année 2017, le jeune homme a démontré ses « volontés de réinsertion ». Le représentant du ministère public a donc requis la plus petite peine à son encontre, soit quatre ans de prison dont deux avec sursis, le reste étant aménageable.

Deux mandats d’arrêt

Le substitut du procureur a été cependant moins clément envers les absents à l’audience. Il a notamment requis sept ans de prison contre Djounaid Issoufi, présenté comme l’auteur des multiples coups de machette qui ont conduit à l’infirmité de la victime. Cinq ans de prison ont été requis contre Tadjidine Soibahadine, désigné comme le principal instigateur des faits. Quatre ans d’emprisonnement ferme ont été demandé en conclusion contre les trois derniers prévenus, Yasser Abdallah Djaha, Amrane Salim et Rafiki El-Fayed.

« Estomaqué » par les peines requises, le bâtonnier a sollicité la relaxe de ses deux clients « au bénéfice du doute ». « Ces gens-là n’ont plus fait parler d’eux depuis », a-t-il souligné, en s’appuyant sur la longue durée de l’instruction. Le tribunal l’a entendu. Yasser Abdallah Djaha et Rafiki El-Fayed écopent d’une peine de prison aménageable, quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis, tout comme Amrane Salim.

Face à l’« absence d’éléments démontrant la matérialité des faits », le seul comparant est quant à lui relaxé des faits qui lui étaient reprochés. Sans surprise, Djounaid Issoufi et Tadjidine Soibahadine écopent des peines les plus lourdes : cinq années de prison assorties d’un mandat d’arrêt.

Un caillasseur de 17 ans interpellé à M’zouazia

Reconnu par la victime, un jeune homme de 17 ans a été incarcéré, ce mardi. Il est lié à un caillassage qui a eu lieu le 11 novembre 2023. La pierre qu’il aurait lancé sur l’automobile a fait exploser la vitre du véhicule, occasionnant une blessure au niveau de l’œil du conducteur.

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