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Manifestation : « 48 heures pour que les barrages soient levés »

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En marge des déplacements du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin (voir par ailleurs), les membres des Forces vives ont manifesté toute la journée à Mamoudzou. Face aux annonces, les protestataires sont satisfaits mais restent méfiants, et attendent des engagements écrits et signés de la part des ministres pour lever les barrages.

Le rendez-vous était donné, ce dimanche, à 8 heures, aux membres des Forces vives, en cette journée de visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et de la ministre déléguée aux Outre-mer, Marie Guévenoux. Les manifestants sont arrivés timidement place de la République, à Mamoudzou, tandis que d’autres protestataires ont préféré rester sur les barrages.
Deux heures plus tard, ils sont environ 300 manifestants sur cette même place à attendre de pied ferme la venue du gouvernement, partagés entre la méfiance et l’espoir d’obtenir des garanties. « 2011, ça n’est pas passé, 2018, toujours pas. Cette fois-ci, ce sera différent », exprime un quadragénaire présent parmi les protestataires. « Les pierres, les machettes, le sang qui coule, ce n’est pas dans la culture du Mahorais. La misère et le manque d’occupation des jeunes est beaucoup trop utilisé comme excuse », poursuit-il.
Quelques annonces sont faites par le ministre depuis l’aéroport où il vient d’atterrir, notamment la fin du droit du sol à Mayotte. Une anonyme des Forces vives reste sceptique, convaincue que le conseil constitutionnel ne permettra pas une telle mesure. « On en a marre des propositions, on attend des solutions et des actions surtout. […] Je n’ai jamais entendu parlé des Frances, mais de la France. À quel moment les Mahorais subissent un traitement différent ? », interroge un manifestant. Ce dernier nous confie qu’il espère que les Forces vives arriveront à perturber le planning du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer. « C’est un planning dans lequel on n’a pas l’impression que le peuple a son mot à dire », justifie-t-il.

« Pourquoi il ne vient qu’une seule journée ? »

À quelques minutes de l’arrivée des ministres, certains près du ponton interpellent les forces de l’ordre qui ont quadrillé la zone : « Pourquoi on n’a pas le droit de circuler ? ». Le ton monte doucement puis redescend lorsque les ministres arrivent en Grande-Terre. Les manifestants rejoignent la route. Vers 11h30, ils passent soudainement à travers la zone de sécurité délimitée par les forces de l’ordre. Environ 300 manifestants se dirigent vers l’avenue qui mène à la préfecture, où se sont rendus les ministres pour une réunion de travail avec les services de l’État.
Les protestataires auraient voulu que Gérald Darmanin s’arrête pour prendre le temps de discuter avec la population mahoraise. « Je ne comprends pas pourquoi il ne vient qu’une seule journée, alors que pour comprendre la situation il faudrait rester au moins trois jours », déplore une manifestante.
Les forces de l’ordre barrent le passage vers la préfecture, au niveau de l’agence BFC, et reçoivent du renfort. La foule tente alors de passer à nouveau de force. La mêlée pousse contre les boucliers à plusieurs reprises, mais ne réussit pas à avancer. Les gendarmes font usage de gaz lacrymogène pour les disperser vers 12h20.
« Je ne comprends pas pourquoi ils ont sorti les boucliers, comme si nous étions des terroristes. Pourquoi on arrive à déployer tout ce dispositif pour cette visite et pas tous les jours contre les délinquants ? », questionne une jeune femme qui regarde la scène. La pluie et les gaz lacrymogènes dispersent les manifestants. La tension redescend vers 13h.

« Le titre de séjour territorialisé, c’est fini ! »

Une partie retourne sur la place. Une centaine environ reste devant les forces de l’ordre, tentant de négocier gentiment. Vers 13h les ministres quittent la préfecture pour se rendre au rectorat, où les attendent plusieurs représentants des Forces vives ainsi que des élus. À son issue, les ministres retournent à la préfecture au lieu d’aller au stade de Cavani comme le programme le prévoyait.

Les leaders du mouvement qui paralyse Mayotte depuis trois semaines, eux, se rendent à la place de la République vers 17h30, où un peu plus d’une centaine de manifestants patientent, rejoints par ceux qui étaient présents au stade de Cavani et aux abords du rectorat. Tous veulent savoir s’ils ont eu gain de cause.
« Le titre de séjour territorialisé, c’est fini ! », s’exclame Badirou Abdou, sous une pluie d’applaudissements. Si ce dernier parle d’une victoire pour les Mahorais, il ne la crie pas trop vite. Pour sécuriser cet engagement, les Forces vives ont exigé un courrier des ministres qui doit être signé et parvenu avant mardi soir. En attendant, les barrages continuent. « Il faudra qu’on reçoive la confirmation du ministre dans les 48 heures pour que les barrages soient levés », precise celui qui faisait partie de la reunion de l’après-midi. Il ajoute que si cette confirmation arrive en temps et en heure, les Mahorais seront conviés à un congrès départemental, ce mercredi, pour détailler la suite des événements.
Le représentant des Forces vives relate des échanges musclés, mais dans lesquels le mouvement a su s’imposer et se faire entendre. « À la place de six à dix membres des Forces vives, quatorze ont participé à la réunion. À la place de cinq élus du département et le président, tous les élus du département étaient dans la salle », se réjouit Badirou Abdou, qui le matin même, regrettait que le programme du ministre leur ait été imposé du jour au lendemain. De son côté, Ben Issa Ousseni, le président du conseil départemental, a félicité le mouvement des Forces vives pour le chemin accompli jusqu’ici.
« On est satisfait de ce qui a été annoncé, mais on attend de voir… Pour l’instant, on continue les barrages », tempère un manifestant.

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