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« Ça fait beaucoup de monde qui vous accuse à tort ».

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Deux hommes ont été condamnés, mercredi soir, par le tribunal correctionnel de Mamoudzou pour leur implication dans les récentes agressions de Tsoundzou 1. L’un, âgé de 18 ans, faisait partie du groupe de jeunes en combinaison blanche qui terrorisait la population. Il écope de cinq ans de prison dont deux ans avec sursis. Le deuxième, qui a 38 ans, est reconnu comme l’instigateur des heurts en réaction à l’opération Wuambushu et passera les six prochaines années en prison.

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De nombreux dossiers ont été retenus en comparution immédiate, ce mercredi 3 mai.

Les deux prévenus de 18 et 38 ans entrent dans la salle du tribunal de Mayotte, ce mercredi 3 mai 2023. Le premier marche et parle avec la tête baissée, comme un enfant qui se fait réprimander, le second semble tendu et se tient bien droit. Ils comparaissent pour leurs rôles respectifs dans les incendies et les agressions survenues entre le 23 et le 24 avril, à Tsoundzou 1. En effet, lors de ces deux jours, un groupe de jeunes en combinaison blanche, armé de machettes, d’une tronçonneuse et de pierres a attaqué le village de Tsoundzou et le hameau de Kwalé. Ils ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les habitations et les forces de l’ordre. Des véhicules, comme les engins de chantier sur le stade ou un camion de la Map, ont été incendiés et caillassés. Sans compter les menaces de mort envers les Mahorais et les métropolitains. Alors que l’image de son énervement contre le préfet de Mayotte, le 24 avril, a fait le tour des réseaux sociaux, l’une des habitantes de Kwalé s’avance calmement à la barre avec sa fille. La plus jeune raconte « la façade mitraillée » par les pierres, les menaces de mort ou de viol du 23 avril. « Ça fait dix ans qu’à Kwalé, on nous pille nos maisons. On a dû partir par peur. Des cocktails Molotov ont été le soir même. Pourquoi j’ai peur en sortant de chez moi ? Pourquoi ils agissent comme ça envers nous ? », demande-t-elle d’une voix forte. Sa mère se souvient de « cinquante minutes d’horreur. Ils nous ont dit : « Vous êtes Mahoraises, on va venir mettre le feu » ». Le hasard fait que c’est un des ses anciens camarades qui a témoigné juste après. « J’ai vu les images et pourtant je peux vous dire qu’il n’y a pas plus calme que cette femme-là », dit celui dont ils ont volé le téléphone alors qu’il passait en taxi. Lui-même en colère en arrivant au tribunal, il en veut beaucoup au plus vieux des prévenus, « un terrible exemple au plus jeune qui a l’air perdu ».
Le propriétaire d’une résidence de Kwalé raconte aussi le calvaire vécu par sa locataire, qui était toute seule ce jour-là. « Une horde est rentrée dans la résidence. Ils ont pulvérisé la baie vitrée, incendiés les arbres. Je suis choqué par ce que je vois », raconte celui qui est arrivé de Guyane en catastrophe pour constater les dégâts. Sa locataire, en état de choc à l’arrivée des policiers, est en convalescence à La Réunion. Une autre a déjà posé son préavis.

Un gilet jaune du villag

Le tribunal s’est penché sur le rôle de chacun. Selon les témoignages, le vendeur de bananes de 38 ans nommé Prince Anli, qui était au comité de Tsoundzou chargé de veiller sur les jeunes, les incitaient ces jours-là à s’attaquer à la police dans le but de les blesser. Il leur donnait à manger et avait ramené les fameuses combinaisons. Une version que le prévenu de 18 ans et deux autres mineurs arrêtés ont toujours soutenu. L’instigateur conteste pourtant. « Je n’étais pas sur les faits, on m’accuse à tort. C’est parce que je fais partie du comité. Ils mentent. Je n’ai pas assez d’argent pour acheter de la nourriture pour eux », se défend l’homme au passé judiciaire très chargé. « Il y a de tout », constate Catherine Vannier, la présidente du tribunal correctionnel. Pilote de kwassa, des passages en prison pour vol avec arme, agression sexuelle sur mineur, il fait même l’objet d’un mandat d’arrêt depuis 2021 pour violences aggravées. Une peine de sept ans attendait ainsi celui qui « se fait passer pour un honnête homme », selon la vice-procureure Delphine Moncuit, et qui est devenu gilet jaune de la commune de Mamoudzou il y a quelques années. Vu comme « un formidable menteur » par l’un des témoins, il continue de nier. « Je suis très respectueux, je ne sais pas pourquoi on m’accuse. » « Ça fait beaucoup de monde qui vous accuse à tort », répond la présidente. « Je devais défendre un Prince et c’est plutôt un crapaud », reconnait maître Aurore Baudry. Celle-ci plaide qu’il n’y a pas de preuves contre son client qui est poursuivi pour complicité des violences et des vols perpétrés par les plus jeunes, seulement des témoignages. Le tribunal a suivi les réquisitions du Parquet et l’a condamné à six ans de prison et une interdiction de port d’arme. De nationalité comorienne, il ne fait pas l’objet d’une interdiction définitive de territoire français puisqu’il en a déjà une prononcée dans une autre affaire. Lycéen, El Yakine Yanik Djaffar a toujours reconnu sa participation aux faits, pendant lesquels il était déguisé en femme, et a aidé les policiers dans leur enquête. Condamné l’an dernier pour des heurts avec les forces de l’ordre en 2021, il n’est pas connu pour d’autres faits. Son avocat, maître Ahmed Idriss, rappelle d’ailleurs qu’il a nommé rapidement l’instigateur et demande une peine « qui le fera réfléchir. Il ne faut pas qu’il soit le nouveau Prince ». Le tribunal prononce à son encontre une peine de cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis (le ministère public avait requis quatre ans de prison ferme), une interdiction de port d’arme, une obligation de travail et celle d’indemniser les victimes, ce qu’il fera solidairement avec Prince Anli. Le montant sera déterminé lors d’une audience sur les intérêts civils.

Il s’agit des deuxième et troisième condamnations concernant les agressions d’il y a dix jours à Tsoundzou 1. Un autre majeur a écopé de huit mois de prison dont quatre ans avec sursis et les deux mineurs interpellés passeront devant le juge pour enfants. Pour les autres, ils étaient estimés entre « une quarantaine » et « une centaine », « des procédures sont en cours ».

 

« Bah, il a deux enfants maintenant ? »

Un jeune passeur, interpellé en mars a Kani-Kali, a été condamné à huit mois de prison ferme et une interdiction de territoire français pendant trois ans. Le tribunal a eu des difficultés pour savoir son âge. Lui-même a dit avoir 15 ans, puis 19 ans. Selon un test osseux, il aurait « 19 ans révolus ». Pour essayer de vérifier, la juge Julie Vignard tente de connaître sa situation maritale. Le jeune passeur reste toujours évasif et fait de nouvelles déclarations qui ne collent toujours pas. « Bah, il a deux enfants maintenant ? », s’interroge la juge, interloquée. Le prévenu emporte finalement ses mystères avec lui à Majicavo.
Il y retrouvera celui qui est passé juste avant lui, un Indien, arrivé à Mayotte par les Comores. Habitant à Bandrélé, il devait être jugé pour avoir frappé sa femme d’origine comorienne avec une pelle. Des blessures qui ont nécessité vingt jours d’ITT. Faute d’interprète habile en anglais, son procès a été reporté.

 

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