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Barrages infirmiers : « C’est très difficile de travailler dans ces conditions »

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Les voix des professionnels de santé s’élèvent de plus en plus contre les responsables des barrages qui ne leur facilitent pas le passage. Pourtant, leur mission est cruciale, ils doivent soigner les malades en toutes circonstances. Si les soignants libéraux peuvent circuler plus ou moins librement dans le cadre de leur fonction, ce n’est pas le cas des agents du centre hospitalier de Mayotte qui désespèrent souvent à rejoindre leur lieu de travail. A retrouvez dans le nouveau Mayotte Hebdo.

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« Traverser les barrages et rejoindre la Petite-Terre sans barge c’est compliqué voire impossible actuellement. » Ce sont les propos d’Anfouwat, infirmière à l’hôpital Martial Henry à Pamandzi. Depuis le début du mouvement qui bloque l’île, elle a beaucoup de difficultés à se rendre au travail. Elle habite en Grande-Terre, elle doit donc traverser plusieurs barrages et prendre la barge avant d’arriver à destination. Et c’est parfois mission impossible. En effet, les employés du centre hospitalier de Mayotte ne figurent pas sur la charte établie par le collectif des Forces Vives de Mayotte qui indique qui peut circuler. Une situation incompréhensible pour Anfouwat. « Je trouve cela scandaleux et inadmissible ! Pour moi c’est un gros problème et ça décrédibilise le mouvement. Il n’y a aucune cohérence à laisser les ambulances et les malades rejoindre l’hôpital et ne pas laisser les soignants. Qui va les soigner alors là-bas ? », S’interroge-t-elle. Ce à quoi répond le collectif des Forces Vives de Mayotte sur leurs réseaux sociaux : « Le CHM a mis en place un dispositif par voie maritime et des navettes. » Contactée par nos soins, la direction de l’hôpital explique que les navettes de bus ont été mises en place depuis la crise Covid. Elle confirme qu’à cela s’ajoutent des bateaux qui emmènent leurs agents au travail mais « il y a du filtrage et ils (les barragistes) laissent passer qui il veulent. » Un constat partagé par la professionnelle de santé qui travaille à l’hôpital Martial Henry. « Bien que je sois une soignante du CHM, il faut souvent négocier le passage. Même si on montre notre badge, parfois on ne nous laisse pas passer », raconte-t-elle. Elle n’est pas la seule à en témoigner puisque sur les réseaux sociaux, plusieurs agents de l’unique hôpital du département affirment la même chose. Et les conséquences se font ressentir au sein de l’organisation des services de l’établissement qui est déjà en sous effectifs. « Mes collègues enchaînent les heures supplémentaires… Les patients ne peuvent plus être traités correctement par manque de personnel. Les services tournent au ralenti », assure l’infirmière. Cette dernière a décidé de ne pas se rendre au travail tant que la situation n’évoluera pas. Il n’y aura pas de répercussion sur son salaire mais elle devra rattraper toutes ses heures.

Un laissez-passer pour les libéraux

Contrairement aux soignants du CHM, les libéraux font partie de la charte qui décrit les règles à suivre durant le mouvement. En théorie, ils peuvent circuler librement, en pratique c’est le parcours du combattant pour certains, à l’exemple de Charline qui est infirmière libérale. Elle couvre la zone de Mamoudzou jusqu’à Hajangoua. Deux barrages lui font obstacles, celui de Passamainty et celui de Tsararano. « Il y a des jours où on me laisse passer facilement et d’autres où j’ai beaucoup de mal. Je dois parfois négocier et supplier pour qu’on me laisse aller travailler », explique-t-elle. Celle qui réside à Mayotte depuis cinq ans a dû annuler plusieurs rendez-vous car elle n’a pas pu se rendre aux domiciles de ses patients. « C’est compliqué pour eux car certains n’ont plus de médicaments… Si je ne travaille pas, mes patients n’ont pas leurs traitements. Je fais des soins vitaux donc si je ne vais pas travailler ces gens-là risquent de mourir. » Charline se dit angoissée à chaque fois qu’elle doit faire sa tournée car elle ignore ce qui l’attend. Les automobilistes qui font la queue tous les jours en espérant pouvoir passer, ne comprennent pas toujours pourquoi elle dépasse tout le monde. « Je me fais agresser verbalement par ceux qui attendent et par les barragistes », déclare-t-elle. La présentation de sa carte professionnelle et la vignette visible sur le tableau de bord de sa voiture n’y changent rien. « S’il y a une charte qui est mise en place, il faut la respecter. Je n’ai pas à supplier pour passer les barrages. » Cette situation a un impact sur son moral, la jeune femme se dit épuisée mentalement. « Quand je finis ma journée, je suis vidée. C’est très difficile de travailler dans ces conditions », dénonce-t-elle.

Un soutien conditionné

Malgré tout cela, les deux infirmières soutiennent le mouvement. Chacune comprend les revendications du collectif des Forces Vives de Mayotte car, comme l’ensemble des résidents de l’île, elles ne supportent plus le climat pesant et dangereux qu’il y a à Mayotte depuis des années. « On arrive tous à bout de cette insécurité et des problèmes de l’île. Il est clair qu’il faut agir, mais je ne soutiens pas les propos qui sont tenus envers les étrangers », souligne Charline. Et Anfouwat d’ajouter, « je comprends totalement le mouvement et je faisais partie des premiers à le soutenir. Mais ce que je déplore c’est le fait de ne pas laisser les soignants du CHM passer. » Aux dernières nouvelles, la direction du centre hospitalier de Mayotte essaye de négocie avec le collectif des Forces Vives afin de faciliter le passage aux agents de l’hôpital.

A retrouvez dans le nouveau Mayotte Hebdo.

Avec le transport de soignants, « je vis les barrages en direct »

Dans le secteur de la santé, les pharmacies ne sont pas en reste. Elles ne sont plus approvisionnées et contrairement aux barrages de 2011 et 2018, selon Carla Baltus, la présidente du Medef Mayotte, les délinquants s’ajoutent aux difficultés de circuler pour les soignants. « Tous les matins, je vis les barrages en direct », nous apprend celle qui est également gérante d’une compagnie de transports qui comprend des chauffeurs hospitaliers.

Des agents du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) partent des quatre coins de l’île pour les y amener et les ramener chez eux. « Quand il y a des barrages de délinquants, on ne passe pas. On attend. Ils sont fatigués, épuisés. Dans leur travail où il faut de la vigilance, ça peut les exposer aux erreurs médicales. Les infirmiers et aides à domicile ne peuvent pas passer… Je me pose la question si les gens ont bien conscience de tout ça. On parle souvent de l’économie mais pas des victimes : les personnes âgées, les handicapés… »

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