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Agression à M’Tsapéré : « Les victimes ont soudain été considérées comme les agresseurs »

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Une centaine de personnes s’est rassemblée devant le commissariat de la police nationale à Mamoudzou dans la soirée du dimanche 29 août pour soutenir trois hommes de M’Tsapéré, mis en garde à vue pour avoir agressé un jeune. Ce dernier, accompagné d’autres individus, aurait dépouillé l’un des hommes devant son domicile alors qu’il était avec sa famille. Son entourage ne comprend pas le revirement de situation et pointe du doigt les dysfonctionnements de l’affaire.

Samedi soir. 21h. Un couple, accompagné de son fils âgé de deux ans et d’une amie, se retrouve dépouillé de toutes ses affaires devant son lieu de résidence, situé dans le quartier Mourowa Handra à M’Tsapéré. « Ils étaient entre 20 et 40 individus. Ils avaient des armes blanches, et même une arme à feu. Mais ce qui les a plus choqués, c’est le fait d’avoir mis un couteau sous la gorge du bébé de deux ans », raconte Kayeenda, le frère de l’homme agressé. Paniqués, les parents n’osent pas riposter et laissent le groupe d’individus leur dérober toutes leurs biens : pièces d’identités, permis de conduire, cartes bancaires et 3.000 euros en liquide. Un montant élevé qui serait à l’origine de l’altercation. « On connait ces jeunes et ils connaissent mon frère ! Ils le croisent tous les jours, il a le même sac depuis longtemps et il n’a jamais rien eu… Comment se fait-il qu’ils le dépouillent précisément le soir où il a tout cet argent ? », s’interroge Kayeenda, sans réellement attendre de réponse.

Après avoir chipé le butin, les délinquants prennent la fuite, laissant femmes et enfant en état de choc. Malgré cela, toute la troupe se dirige au commissariat de Mamoudzou pour porter plainte mais se confronte à une autre difficulté. « On leur dit qu’il n’y avait qu’un seul agent disponible ce soir-là et qu’il traitait déjà une affaire plus grave. L’un des agents leur demande de laisser leurs coordonnées et de revenir le lendemain », relate Kayeenda. Effrayé à l’idee de regagner son habitation, le groupe traumatisé se rend chez un membre de la famille pour y passer la nuit. « Ils ont été agressés devant leur maison. Le domicile de quelqu’un est censé être l’endroit où l’on se sent en sécurité… Or, ce n’est plus le cas pour eux », déplore le frère qui relate l’histoire.

Le père de famille, qui reconnait ses agresseurs, appelle des proches pour se rendre chez l’un des jeunes dans le but de récupérer ses affaires et son argent. Mais ils se retrouvent face à des individus pas vraiment coopératifs. « Il y a eu une confrontation entre les deux groupes, mais à aucun moment il y a eu une agression dans un seul sens. Mon frère et ses amis n’y sont pas allés pour tabasser ces jeunes », défend Kayeenda. Le lendemain, la mère d’un des jeunes en cause se présente au commissariat de Mamoudzou pour déposer plainte et par la même occasion rendre certaines affaires que son fils aurait dérobé. Mais aucune trace de la somme volatisée la veille…

Une mobilisation qui aurait tout fait basculer

La suite : des policiers interpellent le frère de Kayeenda et deux de ses amis et les emmènent au poste. « Quand ils sont arrivés au commissariat, ils ont tout de suite été considérés comme les agresseurs, comme des personnes violentes et ont été placés en garde à vue vers 10h du matin », continue Kayeenda. Les heures défilent. Aucune information ne filtre. La famille commence à s’impatienter et à s’inquiéter. En fin d’après-midi, la nouvelle commence alors à s’ébruiter dans le village de M’Tsapéré et petit à petit, une foule de personne se dressent devant le poste de police pour soutenir les trois habitants. Relayée sur les réseaux sociaux, cette mobilisation a alors l’effet escompté. « Je vous assure, la police avait déjà considéré cette affaire comme étant résolue. Mon frère et ses amis étaient déjà condamnés. Ce qui a changé la donne est tout ce monde qui s’est déplacé », soutient Kayeenda. Auditionnés, les trois hommes ressortent finalement aux alentours de minuit. Et déplorent le traitement reçu.. « Les victimes ont soudain été considérés comme des agresseurs sans que tous les éléments ne soient pris en compte », s’indigne Kayeenda. Les séquelles de cette agression se font déjà ressentir. Les deux femmes et l’enfant de deux ans seraient particulièrement traumatisés.

Les habitants de M’Tsapéré à la recherche de solutions

Parmi les soutiens de la première heure, plusieurs personnalités publiques à l’instar du nouveau conseiller départemental du canton de Mamoudzou 2, Elyassir Manroufou. « C’est une situation récurrente à M’Tsapéré et ça nous a agacé, alors nous devions nous mobiliser. Les gens sont excédés, il va falloir que nous réagissions », indique-t-il. À commencer par la création d’un comité pour trouver des solutions collectives et plus pérennes. « Nous nous disons que la justice n’est pas juste pour nous. Tout le monde a envie de se faire justice soi-même et c’est un problème. […] Si nous comptons sur les pouvoirs publics, il ne se passera rien », estime l’élu. Il a cependant l’intention d’user de son statut pour porter la voix des habitants de son village. En témoignent ses échanges avec les deux membres du gouvernement, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, ce dimanche et avec le préfet, Thierry Suquet, ce lundi, pour leur « expliquer l’ampleur de la situation et les conséquences qui peuvent en découler ». Même l’arrivée des ministres de l’Intérieur et des Outre-mer n’y change rien, l’insécurité est bel et bien ancrée à Mayotte…

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