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Vatel, l’école de l’excellence hôtelière, fait sa rentrée à Mayotte

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Après des mois de préparation et de démarches administratives, la première école Vatel de Mayotte a ouvert ses portes. Huit élèves ont fait leur rentrée cette semaine, prêts à suivre trois ans de formation intense dans le domaine de l’hôtellerie et de la restauration. Ce mardi matin, ils ont rencontré les gérants d’hôtels et de restaurants qui sont déjà séduits par cette promotion unique sur l’île aux parfums.

Pantalons parfaitement repassés, chemises d’un blanc immaculé, talons pour les filles, chaussures de costumes pour les garçons… La première promotion de l’école Vatel Mayotte a, semble-t-il, immédiatement assimilé la première règle à respecter dans ce secteur d’activité. À savoir de dégager une image parfaite, raison pour laquelle tous sont tirés à quatre épingles pour passer les entretiens avec dix professionnels du tourisme de l’île. Les huit étudiants admis ont échangé ce mardi matin avec restaurateurs et hôteliers dans l’optique de trouver une structure qui acceptera de les prendre en stage.

Stressés par l’enjeu, les élèves ont pourtant montré une vraie force de caractère à en croire leurs interlocuteurs, manifestement séduits par ces entretiens. « La pré-sélection est costaud. Ils s’expriment parfaitement en français et ils sont tous motivés. Je ne m’attendais pas à ça ! », admet Tedd Le Bihan, le responsable de l’hôtel Hamaha Beach. En effet, la maîtrise de la langue de Molière s’avère être l’une des conditions sine qua non pour pouvoir intégrer Vatel… Car trop souvent, « les jeunes formés dans les lycées professionnels ont du mal avec le français et ce n’est pas acceptable dans ce domaine », souligne Rania Saïd, la directrice de l’école. Âgés de 18 à 23 ans, ils ont déjà tous la fibre professionnelle malgré leur manque d’expérience dans le milieu. « Nous sommes face à une génération qui est très mûre. Elle a vraiment du potentiel, c’est-à-dire qu’elle a une capacité à évoluer. L’école a fait une sélection très qualitative », se réjouit Daniel Martial Henry, le gérant de l’hôtel-restaurant Le Diwan.

Le choix du tourisme par passion et non par défaut

Les six filles et deux garçons de Vatel Mayotte ont chacun des objectifs professionnels différents et attendent beaucoup de leur passage dans cette école. « J’ai toujours été passionnée par le tourisme, mais je ne sais pas exactement quel métier je veux faire alors j’espère que cette formation va m’éclairer dans mon parcours », souhaite Léa Youssouf, du haut de ses 18 ans, consciente de la chance et de toutes les portes qui s’ouvriront à elle, après l’obtention de son diplôme. « J’étais juste en vacances à Mayotte… Lorsque j’ai su que Vatel allait s’installer ici, je suis restée pour passer les examens de sélection car je veux être manager d’un hôtel à l’international, et je sais qu’en passant par Vatel, j’aurai plus d’opportunités par la suite », dévoile Siti Boina, 22 ans. D’ici là, il lui faudra attendre encore trois ans, voire même cinq ans si elle se lance dans le master, avant d’être embauchée.

Mais son rêve risque bien de se réaliser plus tôt que prévu puisque ses camarades et elle pourront déjà vivre une expérience à l’étranger, dans un établissement étoilé, à l’issue de cette année scolaire ! Cela leur permettra de revenir ensuite à Mayotte avec plus d’assurance dans le but de « rehausser le niveau », selon Rania Saïd. Si le 101ème département veut devenir une région touristique à la hauteur de ses espérances, les struc-tures devront trouver une main d’œuvre plus qualitative. « Cette école va tout changer : je pense que mes confrères et moi n’attendions que cela », indique pour sa part le responsable de l’hôtel Hamaha Beach, ouvert la semaine dernière du côté de Kawéni.

Des rêves brisés, faute de moyens

Mais il ne faut pas croire, la sélection pour intégrer cette nouvelle structure formatrice a été rude. Sur la cinquantaine de candidats, seulement huit ont été retenus ! Rania Saïd et son équipe ont affiné le groupe à travers des tests et des entretiens. La brigade sélectionnée représente ni plus ni moins l’élite de la jeunesse mahoraise, qui souhaite s’engager dans le milieu du tourisme. Cependant, des perles rares n’ont pas pu intégrer l’école, faute de liquidités… « Ceux-là m’ont fait beaucoup de peine parce qu’ils avaient des dossiers solides, mais ne pouvaient pas payer leurs études », regrette amèrement la directrice.

Si certains ont pensé à demander un financement auprès du conseil départemental, cette option est tout bonnement impossible. Pour la simple et bonne raison que la collectivité ne peut financer une école sur son territoire. Dans ces conditions, « si un jeune mahorais veut faire une école Vatel, il doit aller à l’extérieur pour être aidé », raconte Rania Saïd. Une politique qui n’a pas de sens à ses yeux puisque « cela coûte plus cher au Département d’envoyer un étudiant à l’étranger que de financer deux étudiants à Mayotte ». « Cela doit changer parce que je ne veux pas que cela soit une école uniquement pour ceux qui ont les moyens », prévient-elle. La balle est dans le camp des élus.

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